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philosophie

Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 04:05

Pour prolonger mon précédent article sur Lacan, je vous propose un exercice simple (l'important tient à sa simplicité) destiné à illustrer le passage de l'imaginaire au symbolique.

Regardez cette vignette du capitaine Haddock extraite du «Trésor de Rakham le Rouge».
Elle illustre un récit imaginaire. On peut en faire 1001 discours, disserter sur la ligne claire d'Hergé, ou parler des aventures de Tintin, bref rester au niveau de l'imaginaire.
Mais cette image, comme le fait remarquer Pierre Fresnault - Deruelle, auteur du livre «la profondeur des images plates» aux éditions Moulinsart d'où je l'ai extraite, nous donne plus à voir car elle fait sens.
En effet, pour qui se souvient de l'histoire, le capitaine vient de plonger sans avoir mis son casque, il a failli se noyer, et les Dupondt viennent juste de le repêcher. Remis de ses émotions, il s'assoit et bien entendu, l'eau dont s'est remplie sa combinaison s'évacue par où elle est entrée, d'où le gag.
C'est-à-dire que le capitaine était saoul «plein comme une outre» et qu'il dessoule, qu'il se «vide» et l'image exprime cet état d'ébriété du capitaine: d'une certaine façon, il vomit d'avoir trop bu. Et dès que cette interprétation est formulée, la vignette change de statut: d'image elle devient symbole.
Maintenant que cette image est "comprise" dans ce discours, notre regard s'en trouve changé, comme polarisé et cette image porte désormais en elle le sens qu'elle symbolise à présent.
Voilà ce qu'est l'essence même de l'analyse, ce en quoi consiste le travail de l'Analyste (l'Observateur). Par la façon dont sa parole reflète les discours du patient, il fait - grâce à un jeu de miroirs que Lacan décrit soigneusement (les écrits techniques de Freud Livre 2 du Séminaire)- passer son patient du niveau imaginaire au niveau symbolique.
Cette étape de cristallisation me fait penser également au moment où, en contemplant une « image en 3D de l'oeil magique », on voit s'imposer à nous un dessin caché.

Il y a quelque chose de cet ordre dans la dualité onde/corpuscule en mécanique quantique : tant qu'il n'y a nul Observateur (Analyste), une particule est définie par une «onde de probabilité», mais dès lors que l'on cherche à la «voir», c'est-à-dire à préciser sa position ou son déplacement, alors, la particule en question «prend corps»; de la même façon que c'est en quelque sorte la présence de l'analyste qui donne corps à l'inconscient du sujet.
Lorsqu'incidemment, toujours dans le même tome 2 du Séminaire et en marge de son propos sur l'inconscient, Lacan fait cette aparté sur la réalité des choses :

« ...la réalité tombe sous la contradiction. La réalité fait que quand je suis là, ça ne peut pas être vous, Mlle X, qui puissiez être ici à ma place. C'est une contradiction de l'ordre de la réalité. »

Sait-il qu'il parle du principe d'exclusion de Pauli et que son approche participe d'une approche quantique de la réalité ?
Au demeurant, y-a-t-il un «quelque chose dans l'air» de ces années 20-30 (Lacan commente les travaux de Freud de cette époque) qui fasse converger des domaines si apparemment éloignés que la psychanalyse et la mécanique quantique.
Pour reprendre Foucault : de quel lieu imaginer une telle convergence, sinon du regard de l'Observateur ?

C'est à dire très précisément, la généralisation d'une attitude relativiste, jusqu'au plus profond de la définition du sujet qui, comme l'objet, se définit alors sous le regard de l'Autre.

Hari

PS: à propos de ces images stéréoscopiques, je pense qu'il doit être possible d'offrir une autre représentation du stade du miroir que l'illustration optique qu'en donne Lacan.
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 02:22

Je termine le livre de Lacan sur les "Ecrits techniques de Freud," et j’y retrouve en écho, ce qui faisait l’objet d'un précédent article (de Giordano Bruno à Jacques Lacan) dans lequel j’écrivais qu’à mon sens, il viendra un jour où les développements les plus compliqués de Lacan nous apparaîtrons limpides.
J’y faisais même un parallèle avec l’évolution des mathématiques, rappelant qu’un enfant manipule actuellement des concepts qui, dans le passé, ont été produits par les plus grands esprits de leur temps.
Or, Lacan traite lui-même de ce sujet :

Au cours des âges, nous assistons, à travers l'histoire humaine, à des progrès dont on aurait bien tort de croire que ce sont des progrès des circonvolutions. Le progrès dont il s'agit est un progrès de l'ordre symbolique.
Qu'on observe l'histoire d'une science comme celle des mathématiques. On s'aperçoit qu'on a stagné pendant des siècles autour de problèmes qui sont maintenant clairs à des enfants de dix ans. Et c'étaient pourtant des esprits puissants qui étaient autour !
On s'est arrêté devant la résolution de l'équation du second degré pendant dix siècles de trop !
Les Grecs auraient pu la trouver, ils ont trouvé des choses plus calées dans des problèmes de maximum et de minimum. Et c'est simplement à partir du jour où on a inventé un certain nombre de choses, qui sont beaucoup plus symboliques, sur le plan mathématique, qu'on a pu résoudre ces problèmes.
Le progrès mathématique n'est pas un progrès de la puissance de pensée de l'être humain ; c'est à partir du moment où un monsieur pense à inventer un signe comme ça √, ou comme ça ∫, qu'un monsieur fait du bon; les mathématiques, c'est ça !
Nous sommes dans une position, heureusement ! de nature différente, plus difficile. Il s'agit du symbole et d'un symbole extrêmement polyvalent. C'est justement dans la mesure où nous arriverons à formuler d'une certaine façon les symboles de notre action et à les comprendre d'une façon adéquate que nous ferons un pas en avant.

Et c'est bien cela qui m'intéresse dans le travail que je poursuis sur la structure absolue d'Abellio (voir mon site): l'idée qu'une telle structure simplifie la représentation des organisations, des conflis, bref de la nature.

Mais dans le même livre, Lacan soulève une objection de taille à la stratification par niveau que je propose. Je développerai ceci plus à fond dans un espace plus approprié que ce blog, qui n'est là que pour me servir de bloc notes. Disons qu'une structuration telle que je la propose, sorte de couches de langages s'explicitant les uns les autres, nous porterait naturellement, si nous n'y prenions garde, à envisager le langage symbolique à la façon de Jung,

C'est pourquoi toute conception du style jungien de l'inconscient - celle qui fait, sous le nom d'archétype de l'inconscient, le lieu réel d'un autre discours; c'est ce qui est sa réfutation - tombe d'une façon catégorique sous cette objection, à savoir : pourquoi ces archétypes, ces symboles substantifiés tels qu'il les fait résidant d'une façon permanente dans une espèce de soubassement de l'âme humaine ? Qu'ont-ils de plus vrai que ce qui est prétendument à la surface ? Est-ce, par cette métaphore, que ce qui est dans les caves est forcément plus vrai que ce qui est au grenier ?

Autrement dit, et pour aller vite, si le discours (au niveau imaginaire, représentation du monde) est le lieu de l'erreur et de la contradiction, et si le langage symbolique n'est qu'un discours sur le discours, il doit lui aussi être par essence contraictoire. Or, ce n'est pas le cas, l'essence du symbolique est justement d'être non contradictoire: les deux niveaux n'obéissent pas à la meme logique.
Pour me sortir de là, je pense qu'il faudra tenir compte de ceci: l'Homme se définit sur 3 niveaux (Réel/imaginaire/Symbolique), mais les organisations dans lesquelles il s'inscrit ne s'arrêtent pas à ces 3 seuls niveaux (représentation fractale de la nature).
Pour prender une comparaison avec la logique du 1er ordre (pourquoi Lacan ne fait-il pas ce rapprochement ?); le niveau imaginaire, ce sont les propositions que l'on fait en utilisant les symboles logiques (définis à un niveau de langage supérieur: symbolique), pour manipuler des objets non logiques (réels). Nous avons bien nos 3 niveaux. Les symboles sortent du cadre même de la logique, de même que les objets manipulés. Seules les phrases logiques que l'on imagine peuvent être jugées vraies ou fausses (c'est à dire contradictoires ou non).

Ma thèse (à développer) serait que ce qui rend possible le jugement (vrai / faux) sur le niveau proprement logique, tient justement à cette position médiane. Pour juger du niveau symbolique à la même aune, il faudrait un autre niveau duquel déduire ce niveau symbolique.

Donc, à mon sens, l'affirmation freudienne/Lacanienne:

En d'autres termes, nous commençons d'entrevoir ce que veut dire Freud quand il nous dit que l'inconscient ne connaît pas la contradiction ou qu'il ne connaît pas le temps.

tiendrait à une sorte d'effet de bord: seul le niveau intermédiaire possèderait un environnement "complet".
Une autre possibilité serait que chaque niveau ait une problématique (une logique) propre. Nous avons vu que l'on pourrait assimiler le niveau Imaginaire à celui de la logique, celui du réel pourrait être la conservation de l'énergie (entropie, le hasard et la nécessité, etc...). dans cette optique le niveau du réel serait celui de l'énergie (et donc, en corrolaire, le niveau Imaginaire, serait également celui de l'information) mais qu'en est-il alors du niveau symbolique. Il peut sembler difficile de porter un jugement (niveau imaginaire) sur le niveau symbolique qui le détermine, peut-être pourrions - nous y placer l'amour ?
Vous voyez que la problématique est ouverte; mais j'ai une autre difficulté à surmonter: Lacan place strictement les 3 mondes Réel/Imaginaire/Symbolique sur le même plan, tandis que dans ma structure hiérarchisée, il y a passage entre niveaux adjacents (R/I ou I/S), mais pas de saut direct S/R.

Ainsi se créent: à la jonction du symbolique et de l'imaginaire la passion ou la cassure, si vous voulez, ou la ligne d'arête qui s'appelle l'amour ; à la jonction de l'imaginaire et du réel, celle qui s'appelle la haine ; et à la jonction du réel et du symbolique, celle qui s'appelle l'ignorance.

Vous voyez qu'il me reste encore pas mal de pain sur la planche!, mais il ne s'agit que du premier des 20 tomes du séminaire, j'ai encore de quoi méditer.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 08:35
Je n'en ai pas fini de digérer Lacan (je n'insiste pas sur le symbole...) bref, à la suite de l'article d'hier, toujours à la fin de ce premier séminaire, Lacan livre le petit schéma suivant:

À tout hasard, je vous ai mis au tableau ce petit diamant qui est une sorte de dièdre à six faces.
Alors, si nous concevons ceci que le plan médian, celui dans lequel il y a le triangle qui partage en deux cette pyramide, est, si vous voulez, la surface du réel. - Dans cette surface du réel, je parle du réel tout simple. - Rien, si vous voulez, ne peut le franchir, rien de ce qui est là, et là toutes les places sont prises, à chaque instant toutes les places sont prises. Et à l'instant suivant, tout est changé.
Il est bien clair qu'avec notre monde de mots et de symboles, nous introduisons là-dedans - si nous appelons le réel une deuxième dimension - autre chose, un creux, un trou, quelque chose grâce à quoi toutes sortes de franchissements et de choses interchangeables sont possibles.
Comme on l'a fait remarquer ; cette sorte de trou, dans le réel, s'appelle, selon qu'on l'envisage d'une façon ou d'une autre, l'être ou le néant.
Cet être et ce néant, nous l'avons déjà tout de même touché à plus d'une reprise, sont essentiellement liés précisément à ce phénomène de la parole. C'est dans cette dimension de l'être que se situe la tripartition, sur laquelle j'insiste toujours avec vous pour vous faire comprendre les catégories élémentaires sans lesquelles nous ne pouvons rien distinguer dans notre expérience, tripartition du symbolique, de l'imaginaire et du réel.

Je le comprends comme ceci: par le langage, nous creusons le réel d'un côté, et nous créons notre Etre de l'autre (l'Etre et le Néant). Cette construction du sujet possède 3 faces (une pour chaque plan : Symbolique / Imaginaire / Réel).
Mais il y a certainement une différence entre le réel servant de base à la figure, et cette face de notre Etre, que je parviendrais sans doute à appréhender dans la suite des séminaires.
Cette idée d'une construction concomitante d'un Etre et d'un trou (comme un tas de sable que l'on formerait en creusant une fosse) me fait penser à une réflexion d'un de mes premiers articles (l'effacement de Dieu): nous nous construisont toujours autour d'une aporie, d'un manque initial, en réponse à un manque.
En électronique, nous pourrait parler d'une conduction par trou.
D'autre part, cette construction me semble respecter (à un niveau symbolique, certes) la conservation de l'énergie (rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, comme l'a dit Lavoisier).

Mais c'est la figure même de Lacan qui m'a rappelé celle de l'Incal d'Alexandro Jododrowsky et de Moebius (je m'adresse aux aficionados de BD et de SF)
Bien sûr, l'Incal m'a pas la même forme (il est à base carrée et ses 4 coins, représentés chacun par un personnage de l'histoire, sont en opposition Yin - Yang), mais cette dialectique entre l'Incal Noir et l'Incal Lumière qui se fondent ensemble rappelle un peu ce dont il s'agit ici. Et puis ce nom même d'Incal est presque un anagramme de Lacan, non ?
Je me demande s'il n'y a pas ici plus qu'une coïncidence. Si l'un d'entre vous connait les auteurs, qu'il m'en informe.

Sur ces fortes paroles, je vous laisse pour répondre à l'appel de mon ventre qui crie famine et me demande de puiser un peu en ce bas monde pour le remplir à son tour.

Bonne méditation et bonne digestion.

Hari

 

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /2006 05:15

Il y a deux systèmes d’habits, ouvert (jupe, kimono, boubou) ou fermé (pantalon, hauts de chausses).













C'est une opposition de base, comme dedans/dehors, contenant/contenu ; signifiant/signifié ; Yin/Yang ; cru/cuit .

Il y a bien quelques tordus pour imaginer des volumes sans dedans ni dehors  ou des surfaces n’ayant qu’une face .

D’autres prennent un habit de type ouvert pour en faire une bourka ou un habit fermé pour en faire un string, ce qui brouille les limites!


Les animaux aussi se répartissent entre ceux qui mettent leur viande à l’intérieur d’une enveloppe (exosquelette) et ceux qui l’étendent sur une armature (endosquelette).

Dans le domaine des idées, les paradigmes dominants sont plutôt fermés. Tout le procès de la science tient à l’enfermement progressif de nos descriptions dans un corpus d’axiomes aussi restreint que possible. Bien entendu cette fermeture n’est jamais hermétique, puisque de temps en temps, toutes ces belles constructions volent en éclats, mais la tendance est là.

Il me semble cependant qu’il doit y avoir une attitude essentiellement ouverte de voir le monde. Rechercher une description fractale de notre environnement me semble procéder de ce nouveau paradigme, dont j’ai du mal encore à cerner la spécificité.

Toute cette intro pour en arriver où ?

A ceci :

Lacan, lorsqu’il définit les 3 champs Imaginaire/Symbolique/Réel, semble dans un premier temps ouvrir la définition de l’Homme, et les phénomènes de transfert en cours d’analyse sont une évidente ouverture puisque c’est par l’analyste que l’inconscient du sujet prend consistance.

Cependant, la représentation qu’il en donne (qu’il s’agisse du dièdre - voir l'article précédent l'Incal et Lacan - ou du nœud borroméen ) reste essentiellement fermée, d’une certaine façon «plate».

C’est ce commentaire de Lacan qui a suscité ma présente réflexion (toujours dans « Les écrits techniques de Freud »:

.....tripartition du symbolique, de l'imaginaire et du réel.
Ce n'est pas pour rien, sans doute qu'elles sont trois. Il doit y avoir là une espèce de loi minimale qu'ici la géométrie ne fait qu'incarner, à savoir en effet que si, dans ce plan du réel, vous détachez quelque volet qui s'introduit dans une troisième dimension, vous ne pourrez jamais faire de solide, si on peut dire, qu'avec deux autres volets au minimum.

Cette remarque me fait bien entendu tout de suite penser à la théorie des 3 cerveaux , mais aussi bien évidemment à Dumézil . Vous trouverez une courte introduction à son travail ici.
Ce n’est pas sur ces réminiscences que je veux attirer votre attention (pas de thèse à soutenir ni de planche à présenter, par de références à lister pour montrer combien on est studieux et soucieux d’avoir bien rongé son os), mais à ceci que laisse échapper Lacan :

vous ne pourrez jamais faire de solide.

Quelle nécessité y-a-t-il à représenter un sujet par un solide (par définition fermé ?). Il y a bien là, un accrochage de la pensée de Lacan à un «paradigme fermé», duquel précisément je cherche à m’échapper.
J’ai comme toujours beaucoup de difficulté à avancer dans la lecture d’une pensée si riche que celle de Lacan, car plus j’avance, plus de choses me viennent à l’esprit. Au début de ma lecture, je n’éprouve pas de résistance à l’avancement, mais ce mouvement même provoque en moi des remous, qui ramènent à la surface de plus en plus de références, puis tout se croise, s’interpelle et ce qui était un milieu limpide devient pâteux et fastidieux.

Il faut que j’arrête de me laisser porter par les tourbillons de ma mémoire pour entrer dans cette pensée le plus innocemment possible, sinon je n’arriverai jamais au bout du séminaire !

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /2006 03:59

Léon Blum disait que le meilleur moment dans l’amour, c’est quant on monte l’escalier.

Il y a chez l’homme une aspiration naturelle vers le haut. La lumière est en haut, Dieu lui-même ne peut s’imaginer  qu’au sommet de l’Olympe ou du haut des cieux
Le haut illumine la vie, rassemble les hommes, purifie les idées. Il s’agit toujours d’une montée néguentropique.

Par symétrie (l’esprit fonctionne autant qu’il le peut sur des oppositions simples) la descente est entropique, va de l’unité vers le multiple, de l’ordonné vers le chaos (on monte au ciel mais on descend en enfer). La montée est aérienne, signe d’air, la descente est massive, tellurique.

Mais pour autant, il me semble que les deux démarches s’appellent l’une l’autre, autant que le Ying annonce le Yang. Il y a là encore une nécessaire circulation.

Quand je dis « là encore », c’est par référence au principe de répétition, qu’à mis en évidence Freud, et dont nous parle abondamment Lacan dans le livre 2 du séminaire (celui que je rumine en ce moment). Lacan illustre très précisément ce mécanisme en le comparant au fonctionnement d’un ordinateur (à mon avis, basé sur l’utilisation de lignes à retard utilisées à son époque). Il semblerait que nous soyons conduits à toujours répéter les enchaînements de situations qui nous posent problème (avec toutes les transpositions/ substitutions dont nous sommes capables).
Sans parler d’analyse, l’expérience ou les idées communes nous ont déjà accoutumés à cette idée, du cycle de 28 jours qui se ressent sur l’humeur de nos compagnes, jusqu’au cycle de 7 ans qui structurerait notre vie de 7 à 77 ans (sans oublier bien sur tous les biorythmes et autres thèmes astraux qui remplissent nos périodiques préférés).

Bref, je dirais que dans notre vécu « synchronique », nous tournons en rond (tourner en rond permet d’envisager de caractériser ce (ces) phénomène(s) par une (des) fréquence(s) propres). Ceux qui m’auront lu sauront de quoi je parle.
Par contre, le cycle monté/descente dont je parlais plus haut est plutôt « diachronique » : il serait en quelque sorte, orthogonal aux cycles précédents. Je parle de tout ceci sur  mon site, mais le point que je voudrais mettre en relief ici est le suivant :

Lorsque Lacan nous dit que l’homme se définit sur 3 plans distincts : Symbolique / Imaginaire / Réel, il est tentant de voir l’histoire du développement humain comme une ascension du Réel (d’où il émerge) vers le Symbolique (dans lequel il se fond). Prendre l’Homme comme finalité du Monde et faire de cette assomption le but de tout notre développement.

Cependant, en tant qu’ingénieur, lorsque je développe un automate avec plusieurs niveaux de contrôle et même avec des propriétés d’auto apprentissage, je ne le fait pas par amour des robots, mais par seul soucis d’efficacité (toujours et encore l’efficacité). Dans cette optique, si nous nous considérons comme simples dépositaires d’un message (notre ADN) que notre libido nous pousse à préserver et transmettre pour qu’il se développe et se perpétue à travers nous (et non pour nous), alors, on peut imaginer sans problème que ce développement dont nous sommes si fiers, ne se fait pas pour nous, et que cette montée néguentropique (notre auto-organisation pour être plus simple) n’est pas un cadeau de Dieu, mais le simple effet d’une loi (mais qui fait les lois me direz-vous?) qui règle une histoire dont nous ne sommes qu’un moment.

C’est ce double mouvement de monté /descente, sans doute, qui me fait entendre en écho «Tu es mon saigneur oh berger» lorsque le prêtre dit: «Tu es mon berger oh Seigneur».

Et de fait, après avoir monté l’escalier, il est bon que notre énergie s’exprime librement (ce qui nous permet d’envisager le cycle de Carnot sous un jour nouveau) et que la bête exulte en nous par certains mouvements alternatifs de fréquence plus élévée ;-) que ces montés / Descentes.


 

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 04:20
En terminant hier le précédent article sur ce blog, c’est imposé à moi cette image de Lucifer, le Porteur de Lumière déchu.




 

Lucifer remet en cause l’ordre des choses, puisque – comme tout le monde le sait - la lumière vient d’en haut. N’est-ce pas dire qu’il incarne à lui seul, ou plutôt qu’il symbolise ce double mouvement de monté / descente dont je parlais hier ?







Mais quitte à être complètement hérétique (pourvu que nous restions entre nous et à l’abri des imbéciles, car il en est de la réflexion comme du rire : on peut réfléchir sur tout, mais pas avec n’importe qui), quitte donc à brasser des idées qui me dérangent un peu, n’est-ce pas dire que Lucifer symbolise cette double nécessité (ascension néguentropique associée à une descente entropique, la première se nourrissant nécessairement -rendement oblige- de la seconde ?).

N’est-ce pas dire que la figure de Dieu devrait, pour être complète, refléter cette nécessaire dualité, aussi nécessaire de la double figure masculin/féminin des dieux primitifs qui ont subi les avatars que l’on sait (en ce sens que le duo Jésus / Marie serait l’aboutissement moderne du couple Isis / Osiris issu de leurs ancêtres Mithra / Varuna).

Donc non seulement Dieu devrait recueillir en lui les principes Yin et Yang, mais aussi les principes complémentaires de l’ordre et du désordre. Dans cet ordre d’idées, Dieu aurait autant besoin de Lucifer que Jésus de Marie.

Notre ineffable Rafarin nous le dit, dans un langage plus formel et à propos d’autre chose:

« the yes need the no to win against the no».

Comme on le voit, même les conneries les plus éculées reposent sur des schémas de pensée profondément ancrés en nous.
Bref, escamoter Lucifer, revient à émettre en BLU (bande latérale unique), c'est-à-dire à couper la moitié de la bande passante d’un message avant de le transmettre. Ceci prouve que, comme en radio, le message a beau être dénaturé à l’émission, le récepteur intelligent aura rectifié de lui-même.

Maintenant que j’ai évacué cette image de ma tête, j’espère pouvoir continuer mon exploration du Séminaire.

Quoi, me direz-vous, tu nous dis des horreurs, et t’es va tranquillement ?

Oui, bien sûr, car il ne s’agit là que d'images, illustrant des thèmes universels, que tout un chacun peut retrouver par lui-même de mille façons différentes, puisqu’il s’agit du fond commun de notre culture occidentale.
Croire qu'une telle activité (que Heidegger pourrait raccrocher sans peine à de la poèsie, ce qui n'est pas rien à ses yeux!) marque une avancée serait une illusion terrible sur la nature du travail entrepris. En fait, nous avons mis des mots, des symboles sur une base très simple, qui se réduit à ceci (pour un développement plus ample voir ici):

- On ne voit que ce qui est suffisamment stable pour être perçu,
- Un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint par un nombre de voies différentes,

S'ensuivent les lois de la thermodynamique. Hors de ceci, tout le reste n’est qu’un ensemble d’images qui marquent le chemin parcouru.

En ce sens la phénoménologie marque ses limites : la réduction eidétique donne du sens à la démarche (un sens lié à la présence même d'un observateur, quelques soient les précautions prises et toute épochè prise en compte), mais à trop baliser le chemin, elle en limite l'exploration.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /2006 02:20
Le rasoir d’Ockham est certainement mon outil préféré, c’est sans doute pour cela que j’éprouve une certaine fascination pour le katana du samouraï, et donc pour les films de Quentin Tarantino, (Kill Bill en particulier).

Ma démarche actuelle, guidée par les écrits (mais hélas, sans la parole !) de Lacan procède de ce besoin de dépouiller les apparences pour arriver à quelque chose de simple. D’où ma prévention pour tout se qui peut ressembler à de l’habillage, à la façon de chosifier la réalité par l’usage intempestif des mots.

L’homme marche, de cette activité on passe au concept de «marche», puis on va étudier «la marche», puis on la caractérise pour en extraire une norme et on finit podologue ou adjudant, c’est selon.

Mais, cette prévention ne peut être qu’un moment de la pensée. On ne peut pas espérer vivre dans ce dépouillement total. Ce n’est pas cela, vivre, nous habitons 3 niveaux (Symbolique/ Imaginaire/ Réel), et je présume que vivre pleinement suppose d’occuper également ces 3 niveaux.

Comme le disait Pascal, l’homme n’est ni ange ni bête et qui veut faire l’ange fait la bête (c’est également le sens que l’on pourrait donner à mon précédent article sur le karma de Lucifer).

La nature elle-même procède en deux temps : la production (par le hasard) et la sélection (due à la nécessité). Il n’est pas inconcevable que le chercheur lui-même doive procéder en deux temps (comme le chirurgien il taille les tissus mous, puis les écarte pour avancer).

Il est donc peut-être léger de ma part d’écarter trop vite la phénoménologie (Husserl est quand même à l’origine de tout ce sur quoi je m’appuie, en particulier le structuralisme, l’esprit de système), et Heidegger en redonnant la parole aux poètes rend la vie plus supportable.

Comment savourer une tasse de thé sans une pointe de cérémonie ?

Mais je n’en suis pas dans ce moment de la pensée, dans la caractérisation ou l’habillage imaginaire (forcément imaginaire), ceci ne pourra se faire que dans un deuxième temps. Pour le moment il importe de voyager léger, afin de mettre à jour les ressorts de la mécanique dont nous faisons partie avec le minimum d'idées préconçues.

Pour l’instant je garde les repères suivants:

A l’origine de la thermodynamique:

- ON ne voit que ce qui est suffisamment stable pour être perçu
- Un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint par un nombre de voies différentes

A l’origine de la vie :

- Le hasard et la nécessité (principes qui devraient se déduire des précédents)

Maintenant je cherche à situer l’Homme dans tout ceci.
Et je pense précisément que cette notion d’Homme n’est pas une notion première, que le «Moi» n’est qu’une image que "Je" me donne de moi–même, par économie,  pour simplifier mes représentations (précisément une réduction phénoménologique, une caractérisation, un moment dans la description) mais que ceci n'est pas essentiel (et reste donc existenciel), tout comme "l'Observateur" polarise, précipite, "chosifie", par sa seule présence le reste du Monde qu'il observe - cachez ce ON que je ne saurais voir!.

Il y a un parallèle à développer entre cette circulation de "Je" à "Moi" et celle qui s'établie entre l'Observateur et ce qu'il observe et pour tout dire, je ne pense pas que l'on puisse avancer dans la compréhension de la physique sans aller du même pas dans la compréhension fine de cet Observateur qui n'est autre que "Je", ou "Moi" ?

Mais là je fatigue.

Bonne méditation.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 23:15

En relisant hier mon dernier article (des idées et des hommes), j’en ai remanié la fin, et ce faisant, le parallèle entre la relation « Je » - « Moi » dans le champ de la psychanalyse et celle qui lie l’«Observateur» à l’«objet» de son observation en physique c’est imposé dans le discours.

Finalement, j’ai redécouvert l’œuf de Christophe Colomb, pour me retrouver au début du chemin indiqué par Socrate : «connais-toi toi-même», et balisé par Pascal qui situe l’homme entre deux infinis :

«Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout.»

Sauf, que la persistance de cette antique sagesse, pose problème : ces philosophes, énoncent-ils une vérité première à laquelle on ne pourrait échapper, ou bien, par la culture qu’ils ont contribué à modeler, nous ont-ils enfermé dans un paradigme dont il s’avère impossible d’échapper, puisque tout nous y ramène, y compris les principes même de la relativité (l’homme est mesure de toute chose) ou la mécanique quantique.

Car enfin, lorsque l’Observateur invite à un protocole d’observation, un pauvre tachyon qui n’en peut mais, par cette volonté seule, il «chosifie» cette malheureuse petite particule, qui déserte l’univers pour répondre à la convocation.

Faut-il nous en étonner ou bien comprendre que c’est notre façon d’appréhender le monde qui est en cause.

C’est pourquoi, je crois qu’il faut actuellement, pour avancer dans notre compréhension du monde physique, passer par une introspection et comprendre avant tout, comment nous fonctionnons.

C’est un recul pour retrouver l’origine de la voie qu’il faut suivre, la source du Tao.

Ce sera le point d'orgue de cette série d'articles 2007.

Je vous souhaite à tous de passer de joyeuses fêtes de fin d'année.

Hari

PS: quant je parle d'introspection, il ne s'agit pas seulement de suivre l'invite de Husserl, ni l'injonction "connais-toi toi-même", mais plus fondamentalement de nous comprendre au sens où l'on peut comprendre le fonctionnement d'une machine. Il ne s'agit pas de rechercher le sens de notre vie, de se prendre la tête sur la signification de l'Etre, ou toute recherche de cet ordre, ontologique, trancendental, bref symbolique, mais de rentrer dans les entrailles de la machine, précisément comme Freud l'ai fait sur lui-même pour la première fois.

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 05:10
Je n’imaginais pas que Lacan puisse chercher ses exemples dans la cybernétique, ni que la théorie Freudienne tourne à ce point autour des problèmes de conservation d’énergie.

Et lorsque Lacan choque son auditoire par la nouveauté des exemples qu’il leur propose, il arrive en fait dans un terrain familier à n’importe quel ingénieur un peu curieux.

En désinvestissant le discours sur l’Homme de tout un habillage qui nous empêche d’en parler simplement, il décrit ses fonctionnalités de la même façon que Turing décrit la structure formelle d’une machine à calcul.

Le point de cristallisation de ma réflexion est le suivant:

Lacan, dans le livre II du séminaire, nous propose pour apologue le jeu de pair et impair. Il s’agit pour un joueur de deviner si son adversaire lui dit la vérité en lui annonçant avoir choisi pair ou impair.
Ce que nous dit Lacan, en substance, c’est que toute stratégie du joueur pour deviner si l’annonce est vrai ou fausse (quelque soit la complexité des stratégies entre joueurs, toute la subtilité que l’on déploie pour sentir la psychologie de l’autre) revient à analyser une séquence temporelle de 0 et de 1.

C’est là que se situe le passage des sciences humaines aux mathématiques, il faut accepter de lâcher la rampe un moment pour que tout s’enchaîne simplement.

Je vous invite à revenir au texte même de Lacan (fort heureusement, disponible sur le net) pour m’épargner d’en faire la recopie. Ce qui saute aux yeux, c’est que le travail symbolique (le jeu des symboles entre eux) apparaît dès que l’on regroupe par paquets les inputs. Dès que les symboles apparaissent pour caractériser ces regroupements, ils n’arrêtent pas de nous présenter des figures, associées ou antinomiques. Bref le discours surgit de lui-même et se structure ensuite de strate en strate jusqu’au niveau le plus élevé. Voilà ce que dit Lacan, mais, avec une autre culture que la sienne, ce qu’il nous dit nous offre tout un monde à revisiter.

Cette façon élémentaire de dire qu’une stratégie ne peut fondamentalement qu’exprimer une vision historique des événements, (au temps t, je prends en compte tout ce qui précède de moins l'infini à l’instant t) m’a fait penser immédiatement à un produit de convolution. Ce qui nous amène directement à la théorie du signal.

Ensuite, j’ai pensé à mon ami Janusz qui me parlait de cryptographie. On peut dire en effet que dégager une stratégie d’une série de 0 et de 1, revient à chercher (encore une notion de pari, de jeu) une singularité dans un signal qui se révèle ainsi autre chose qu’un simple bruit aléatoire. Lorsqu’un nouveau né appréhende son environnement, il procèderait en fait par essais et erreurs : les images qu’il formerait pour noter/classer ses perception seraient des décodages réussis (réussi au sens économique: c'est-à-dire qui permettraient de diminuer l’énergie mise en jeu dans une communication avec l’extérieur, en respectant des critères d'efficience et d'efficacité).

Ce qui nous ramène bien sûr aux problèmes de perception: d’une façon générale, ne pourrait-on pas dire que tout notre imaginaire est une structure de filtres (faite à partir de symboles) destinée à «cribler» notre environnement (au sens où l’on tamise du sable pour calibrer des agrégats). L’agencement de ce système de filtres serait guidé par un principe d’économie : lorsque je dit «éléphant», c’est une façon très économique de ramener à moi, manipuler même, un animal d’une tonne.

Et si l’on parle d’économie à propos d’images, il faut en parler au sens strict, de la même façon que l’on définit des algorithmes de compression de sons ou d’images. L’image d’un éléphant sur un fichier sous un format .jpg par exemple pèse de 100 ko à 10 Méga, selon la définition de l’image, alors que le nom «éléphant» sous format word pèse 19,5 Ko seulement et qu’il ne doit mobiliser dans mon cerveau qu’une ou deux synapses.

J’en arrive alors (je vais vite pour ne pas perdre le fil de ce qu’à éveillé en moi la lecture que je viens de faire, comme l’on note un rêve au réveil) à la fonction de l’imaginaire et du rêve vu comme une action «rétrograde», qui ne débouche pas sur le plan réel. Il y a toute une réflexion (c’est le cas de le dire : «réflexion») de Lacan (commentant Freud bien sûr) présentant le rêve comme le résultat d'une sorte d’impulsion qui n’abouti pas à une action, reste au niveau imaginaire en imposant  ses images.

Considérons–nous un instant comme une machine perfectionnée, avec un système de pilotage tellement performant qu’il n’est que peu sollicité pour corriger notre fonctionnement végétatif (respiration circulation sanguine etc…), métabolique ou réflexe (quant je marche, je n’utilise que très peux de mon attention, de même que conduire mobilise moins de 30% de mon attention). C’est la même chose dans le pilotage d’un automate : les fonctions de régulations supérieures du système maître sont toujours moins sollicitées que les systèmes qui lui sont asservis. C’est également vrai dans n’importe quelle organisation, Sun Tzu l’avait déjà remarqué à son époque.

Considérons maintenant que nous ne puissions pas nous mettre en sommeil, nous «arrêter»: comme le constate Lacan, nous sommes portés par un discours. De même qu’un ordinateur ne s’arrête jamais, lorsqu’il attend nos inputs, il fonctionne en boucle. Même les anciennes mémoires à tores n’étaient jamais statiques: la simple polarisation d’une ferrite élémentaire résultait d’un mouvement au niveau atomique.

Bref, d’une part, pas moyen de s’arrêter, d’autre part, pas d’action en vue, d’où le développement de la fonction imaginaire.

  • - D’une part l’imaginaire, par ce que les psychologues appellent «réminiscence» et ce que je propose de considérer comme un système de filtrage (décryptage, codage etc…), l’imaginaire donc, nous permet d’appréhender la réalité. Il faudrait bien entendu revenir sur cette notion de filtrage: l’emploi de tout moyen de réduction de la réalité implique un pari quant à l’adéquation entre le filtre (ou le pattern, qui je le pense est une notion liée) et l’objet visé. De même que dans un code de compression d’image, le code fait un pari sur la nature du prochain pixel à encoder, en fonction de la série précédente.
    • La réminiscence doit bien se faire en suivant un chemin de moindre énergie, et par ce biais, il y a certainement moyen de faire coller les deux notions (réminiscence / filtrage)
  • - D’autre part, dans les périodes d’inactivité de nos fonctions supérieures (c'est-à-dire souvent leur vie entière pour une majorité d’entre nous) l’imaginaire sert d’exutoire à nos pensées inemployées. Cela s’appelle s’occuper l’esprit pour ne pas s’em... (tourner en rond), ma grand’mère disait que l’oisiveté est la mère de tous les vices, pas sûr.
    • On comprend maintenant l’importance du football dans nos démocraties avancées: tant que le prolétariat se divertit, il fout la paix aux dirigeants: ça date des romains.

Ce serait peut–être là le moteur de l’évolution: les économies réalisées en se structurant sont plus importantes que le strict nécessaire et le surplus d’énergie dégagé cherche (mais qui l’y pousse ?) à s’employer en continuant à s’organiser.

L’autre exutoire, c’est le jeu. C'est-à-dire une sorte de marche à blanc, comme le rêve, mais avec une ouverture limitée sur un monde réorganisé selon certaines règles (un monde symbolique). Pour certaines professions où l’occurrence des actions demandées est faible, le jeu devient même nécessaire pour palier au manque de contact avec la réalité visée. Le jeu n’est pas seulement l’âme de la mécanique !
Peut-être même que le jeu est une récompense (dépense pure d’énergie, perte entropique) liée à l’auto-organisation (montée négentropique).

Nous ne sommes pas loin de retrouver ici le troisième principe de la thermodynamique, non?

En d’autre termes, nous concevons des bébés en jouissant (je parle de la conception, pas de l'accouchement!) et comme dit l’autre, bis repetita placent. Mais, au-delà de ces considérations énergétiques (au niveau descriptif, imaginaire de la chose), oui, qu'y a-t-il au-delà du principe du plaisir?
C'est toute la question débattue dans le séminaire II.

Sur ces fortes paroles, je vous souhaite à tous une excellente année 2007.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /2007 20:43
Depuis le dernier article, des évènements personnels m'ont éloigné de ce blog.
Tout d'abord, je me retrouve seul, ma femme et mes deux dernières filles étant rentrées en métropole. Il s'agit d'une séparation définitive d'avec ma femme et l'éloignement de mes filles m'attriste au delà de ce que je saurais dire.
Pour me changer les idées, sortir de mon cadre habituel, j'ai emménagé sur un voilier ancré dans une marina de Nouméa. Le changement de cadre, le besoin de retrouver d'autres repères, d'autres perspectives (d'autres lignes de fuite) me distraient donc de ce manque.
Mais je n'en ressens pas moins une très grande solitude, que me masquait en fait la présence de ma famille, qu'accompagne le sentiment d'être inutile et de poursuivre des chimères.

Bien sûr, jai essayé de tisser d'autres liens en m'inscrivant sur Meetic, mais sans succès.
Pis que cela:  en dialogant avec quelqu'un qui me semblait pouvoir être intéressé par Lacan, parce que psychanaliste (et psychanalysée par un lacanien, avec le vocabuliare, et les jeux de mots qui vont avec), je lui ai transmis l'adresse de ce blog, dans l'espoir au moins d'en discuter.
Son message en réponse m'a tacklé sévère:

"Vous êtes QI,
.... Quelle belle intelligence absconse ! Sans doute brillante et
profonde mais tellement conceptuelle à mes yeux, tellement
intellectuelle, digitale. J'ai le sentiment d'entrer dans un
caisson à oxygène où je mourrais paradoxalement
d'asphyxie... pardon...
Il me manque de l'absence, de la fragilité, des alliances
provisoires, éphémères, de l'absurde...
En réalité, je n'ai malheureusement rien compris à ce que
vous proposez et je ne puis donc faire aucun comment-dire
intelligent, ni comment-taire...
Juste une sensation, une émotion d'entrer dans un monde
tellement touffu que j'y cherche votre âme, votre
respiration, vos peurs, vos élans..."
Elle avait la sensation d'entrer dans un monde sec et abscond, je n'ai donc rien su faire passer ?
Ce qui m'a le plus agacé et vexé même, c'est le dégagement en touche sous prétexte d'intelligence (le vous êtes QI est fort bien trouvé à ce propos), cette pauvre excuse d'étiqueter intelligent quelque chose qui échappe pour s'exonérer d'en parler. Il n'y a rien de particulièrement intelligent a procéder au recyclage d'idées qui viennent, elles, de gens réellement intelligents. Je ne fais que de la réutilisation de concepts, parfois anciens, dans une perspective nouvelle.

Peut-être devrais-je parler de 'pataphysique pour faire comprendre que j'invite ici à un changement de perspective?

Toujours est-il que je n'arrive à intéresser personne aux problèmes qui me touchent. Or j'ai besoin d'une audience, de briser ce mur de silence.
En effet, pour recoller à mon précédent article, la question reste posée de savoir pourquoi (ou pour qui) l'on roule si l'on n'a pas de but fixé. S'agit-il simplement de survivre ?
A quoi bon ?
Non, la réponse doit être autre, nous ne sommes pas devenus ces superbes machines dont nous commençons à entrevoir le fonctionnement pour simplement perdurer, il doit y avoir autre chose, un but à servir.
Y a - t - il plus grand dessein que de servir ?

Non, et cette attitude de base, qui peut paraître un peu aristocratique, me semble plus appropriée, plus riche de perspectives, que la simple revendication de notre libre volonté.
Mais il faut avant tout se trouver un but acceptable (éligible, parmi ceux qui se proposent à nous) sur quoi insiste mon ami Janusz, point qu'en fait j'ai mis en exergue de ce blog, si l'on y fait attention.
J'ai proposé un but, mais qui n'a de sens que s'il est fédérateur d'énergie et c'est bien ce qui me pose problème.

Redémarrage en cours...

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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