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Mardi 8 juillet 2008 2 08 07 2008 13:53

Voilà, je me retrouve établi dans une autre sinécure, à Abidjan, sur un nouveau projet. Je quitte Nouméa sur une fin de contrat, pour reprendre un projet à son début : c’est ce que j’aime dans ce métier, la possibilité de construire au sens le plus basique, comme un bousier roule sa boule.

Phase un peu délétère du projet où l'équipe se met en place, l’essentiel sera d’éviter les écueils dans cette sorte de rafting industriel, mais les rapides sont encore à quelque distance.

J’en ai profité pour aller régler quelques affaires à Nouméa où j’ai, par chance, assisté à une transmission de pouvoir du bouddha de la compassion Avalokiteshvara avec un invité de choix : Guèn Rabten venu d’Australie pour la circonstance. Je suis reparti de Nouméa par le même avion que lui, ce qui nous a permis de discuter un peu en salle d’attente.

J’ai essayé d’amener la conversation sur le point suivant : est-ce que l’imagerie dont s’entoure le bouddhisme, issue de la culture ambiante indoue, et qui a pour vocation de facilité la transmission de l’enseignement bouddhiste dans cette culture, n’est pas un obstacle pour un européen. En effet, ce dernier doit assimiler une culture nouvelle, une imagerie qui lui est largement étrangère, comme préalable à l’enseignement proprement dit. La conversation a dévié sur les différences culturelles, mais je n’ai pas eu de réponse….

J’y reviendrai lors de notre prochaine rencontre, en novembre à Paris.

Puis, je tombe sur ce numéro hors série du Point alors que l’on n'entend parler que de la réédition de Lévy Strauss à la Pléiade (qu’il me faudra lire, forcément lire). Quelle chance d’être en France et d’avoir ce genre de périodiques !

Enfin je comprends un peu mieux la filiation entre Husserl et Descartes à travers l’article sur Sartre (et donc le substrat phénoménologique d’Abellio, à la base de mes développements):

Nous n’avons pas d’appréhension directe des choses, simplement notre point de vue.

Toutes ces savantes discussions pour en arriver là : appliquer  dans le domaine de la perception humaine le principe de relativité qui se propage de proche en proche dans toutes les sphères de l'entendement depuis l'antiquité et marque dans sa progression, le progrès de la connaissance humaine.

C’est tellement évident, mais dit de façon bien alambiquée par Sartre, qui en fait se dépeint plus qu’il  n’avance dans la théorie.

C’est normal : la pensée s’élabore avant de disposer des outils adéquats. C’est la même chose en mathématiques : d’abord un génie résout un problème dont il a l’intuition, puis il élabore les concepts nécessaires au dialogue, afin d’emporter l’adhésion de ses pairs.

Un enfant de 9 ans d’aujourd’hui connaît ses tables de multiplication, mais combien de millénaires ont-ils été nécessaires pour mettre au point la numérotation décimale qui nous est triviale ?

Autre découverte de Sartre : l’Homme n’ «est» rien en soi, sa conscience est «conscience de quelque chose», simple tension vers le Monde. L’Homme, par sa conscience n’est pas, mais ex-iste. Ce qui est amusant, c’est que ce néant lui donne la nausée, alors que depuis 2500 ans, les bouddhistes, cherchent à se fondre dans cette vacuité pour atteindre à l’état de Bouddha.

Quand je vous disais que Sartre nous parle de lui à travers sa philosophie !

Aurait-il seulement été philosophe s’il avait été beau ?

Car enfin, d’un même constat (la vacuité de l’Etre), c’est bien l’intention qui détermine la position philosophie de Sartre ou de Bouddha. Nous retrouvons ici, au niveau de l'élaboration des concepts le même relativisme qu'au niveau de l'observation des choses de la nature.

Ce recul dans la réflexion, cette prise de conscience permet d'élargir le domaine d'application du principe de relativité et en ce sens, marque me semble-t-il un progrès.

Ceci me fait penser à cette blague célèbre : un ange et un démon parlent boutique et se racontent leur univers. Le démon dit : c’est terrible en enfer, nous sommes tous attablés à un grand banquet, où sont servis les mets les plus délicats mais nous n’arrivons pas à manger parce que les couverts sont trop longs et ne permettent pas de porter les aliments à la bouche. L’ange dit : le paradis, c’est un endroit merveilleux, où nous sommes tous attablés à un grand banquet, et nous avons nous aussi de très grands couverts, ce qui nous donne la joie de nous nourrir les uns les autres…..

Pas sûr que l’enfer ce soit les autres.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Lundi 2 juin 2008 1 02 06 2008 16:16
"Papillon qui bats des ailes
je suis comme toi
poussière d'être"

 (Kobayashi Issa)

 Il est 15h, je suis encore au lit. Pas envie de bouger. Je suis sensible au calme qui règne dans mon studio, à la qualité de la lumière filtrant des rideaux tirés, aux bruits épars qui montent jusqu’à moi.

Le calme s’installe, après l’agitation de ces derniers temps.

Me voici donc à Abidjan, fini cet intermède de presque trois mois où j’ai papillonné autour de Paris sans, je crois bien, avoir passé plus de 3 nuits dans le même lit.

Il a fallu ce temps pour que s’éclaircisse ma route. Certaines potentialités se sont cristallisées, d’autres se sont évaporées et la voie s’est pour ainsi dire dévoilée d’elle-même, sans que je fasse beaucoup plus que d’y adapter mon pas.

A peine arrivée en France, le juge a prononcé notre divorce selon un planning arrêté depuis longtemps, puis dans la foulée l’appartement a été vendu, Isabelle est ces jours – ci en train d’emménager dans sa nouvelle maison. Les petites ne souffrent pas trop, j’ai pu les voir plus souvent étant en France et son nouveau compagnon me semble quelqu’un de bien. Mais il faudra que je planifie mieux qu’actuellement mes rendez-vous avec mes filles, pour en faire des moments privilégiés.

Le lendemain du divorce j’avais prévu de retrouver à Paris -où je devais m’occuper de la suite de ma mission en Nouvelle Calédonie- une personne contactée sur Meetic depuis un bon bout de temps. J’espérais beaucoup de cette rencontre, une nouvelle voie à suivre de conserve, orientée bouddhisme et autres intérêts spirituels. La rencontre a été très belle, et j’ai vécu 15 jours mémorables, entre cette femme à découvrir et un boulot à choisir.

Pour le travail, j’ai été tiraillé entre repartir en Nouvelle Calédonie, mais loin de Nouméa, ou un poste en Egypte : une nouvelle aventure, ou retrouver la Côte d’Ivoire, un pays que je connais. J’ai opté pour la prudence : la Côte d’Ivoire, avec cet avantage d’être de retour en France pratiquement une semaine chaque mois.

Du côté cœur, les affaires ont vite mal tourné, difficile à s’expliquer. La fusion de nos deux personnalités en un couple ne s’est pas opérée (et pourtant...). Ce qui peut paraître étrange pour deux personnes attirées par le bouddhisme et cherchant à oublier/dépasser leur «Moi». L’échec m’a marqué, laissant un vide, le goût d’un manque, que je ne voie pas comment combler.
Peut-être suis-je déjà trop vieux, trop rassis dans mes pensées, mes façons d’être et de penser, incapable de communiquer vraiment. Et si Isabelle devait être la dernière, s’il fallait maintenant tirer l’échelle ?

C’est dans cette disposition d’esprit que j’ai revu une très ancienne amie, sensible aux choses en aux êtres. En égrenant nos souvenirs, en déroulant nos vies et parlant de nos solitudes parallèles, elle a douté que j’ai jamais aimé.
Elle avait mis là le doigt sur une vieille interrogation, peut-être une atrophie de ma personnalité.

J’ai revu pendant cette période ma première femme, après plus de vingt ans sans contact. Nous sommes restés à un niveau très superficiel dans nos conversations, pour ne pas nous faire mal bien sûr : la blessure que je lui ai infligée est trop importante pour qu’il en soit autrement. Mais elle a quand même remarqué que certaines de mes préoccupations n’avaient pas changées: en particulier elle m’a rappelé que jeune déjà, je me sentais vieux, hanté par la perspective de ma mort.

Et c’est vrai : toutes les théories que j’ai développées sont destinées, au fond, à trouver une échappatoire à cette angoisse qui est l’aporie initiale autour de laquelle je me suis formé. Mon intérêt pour la définition d’un temps fractal par exemple. Mon intérêt même pour le bouddhisme et cette notion de vacuité.

Par moment, j’envie ceux qui ont la foi (comme chantait Brel : être une fois, une fois seulement, beau, beau, beau et...)!

Incapable de suivre la voie bouddhiste en solitaire, j’espérais beaucoup en cette compagne entrevue, je la voyais comme une initiatrice potentielle, capable de m’amener au-delà de ce que je peux naturellement appréhender, et qui m’intéresse tant. Mais bon, c’était encore une fois sans doute une vision égoïste de notre relation.
Pour aimer vraiment, il faut se décentrer, s’oublier vraiment, ce que j’ai du mal à faire (même pas capable de me laisser hypnotiser !), obnubilé par cet idée de mort qui mange ma pensée.

Mais comment entrer dans une relation avec les qualités que j’espère développer dans cette relation ?

C’est un cercle vicieux, dont on ne peut sortir qu’en sortant du jeu, qu'avec une grâce particulière, un joker, comme un coup de foudre peut-être, pour exploser ce cercle et fusionner les êtres.

Je pense (aujourd’hui, mais je me soigne) qu’il est trop tard pour une telle rencontre, il faudrait mieux que je me fasse à l’idée de vieillir, de mourir. Je n’aurai jamais le temps d’arriver à contempler la vacuité, pas de maître ici et pour longtemps.

Déjà, je n’ai plus de libido, plus de désir, plus d’envie, mûr pour me laisser glisser. Je ne suis même pas sorti de ce week-end, à peine habillé le temps de dîner à deux pas d’ici dans une pizzeria libanaise.

J’ai cette image du Grand Bleu, lorsque le plongeur solitaire lâche la corde pour commencer son exploration sans retour. C’est ce lâcher prise aussi beau et achevé qu’un geste de samouraï qui m’est difficile. N’est pas artiste qui veut, encore moins de sa propre existence.

Je peux néanmoins nettoyer autant que faire ce peut tous les troubles que j’ai causés aux autres, comme on arrange sa demeure avant la cérémonie du thé, comme on inspecte sa chambre d’hôtel en bouclant sa valise.

Devenir évanescent et puis m’effacer simplement (inutilement), sans trace, comme un visage sur une plage de sable effacé par la mer, what else ?

Que sont mes amis devenus
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte


Hari
Par Hari Seldon
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Samedi 19 avril 2008 6 19 04 2008 18:09

J’ai reçu récemment d’un ami cet email :

"http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/physique-1/d/un-univers-jumeau-avant-le-big-bang_15243/

La Réalité est souvent bien au-delà de toutes nos certitudes...

Cqfd"

Je pense en fait que l’ami en question, par cet article concernant une thèse selon laquelle un autre univers a précédé le nôtre, avant le Big Bang donc, cherchait à me montrer qu’au-delà de mes propres certitudes, il y a bien des choses que j’ignore.

C’est vrai que parfois je dois paraître bien pédant à ressasser quelques vérités à mes yeux premières, d'où cette petite leçon d'humilité sans doute. Pourtant cet exemple me semblait bien mal adapté à l’usage qu’on lui destinait.

En effet, que nous dit-on ?

Qu’avant notre Univers, avant le Big Bang, existait un autre Univers. La thèse est peut-être difficile à comprendre parce qu’elle utilise un vocabulaire scientifique pointu, que seuls quelques personnes peuvent comprendre et discuter, cependant, la problématique posée est vieille comme le Monde.

Les Incas, par exemple pensaient que nous vivions dans le 4ème Univers qui a existé (pour vous épargner des lectures fastidieuses, reportez-vous aux aventures de Corto Maltès dans l’album Mû).

Plus proche de nous, la Bible nous parle du déluge qui fît disparaître un monde pour que de celui-ci surgisse le nôtre. D’ailleurs, le mythe du déluge est extrêmement ancien : on le retrouve dans les aventure de Gilgamesh, le premier roman akkadien de l’histoire qui a aussi bien inspiré les récits mythologiques grecques, que religieux judaïques. Ce mythe est non seulement très ancien, mais également connu dans d’innombrables civilisations d’un bout à l’autre de la Terre.

Et d’une façon encore plus archaïque, les tribus africaines ont en commun cette idée qu’avant le monde des hommes existaient de grands anciens.

On pourrait encore se référer aux Bouddhistes, pour qui Siddhartha Gotama est le 4ème Bouddha de cet éon fortuné (qui en connaîtra 10.000), mais cet éon n’est ni le premier, ni le dernier.

Vous me direz que je suis hors sujet : la mécanique quantique comme la relativité n’ont rien à voir avec ces croyances.

Pas si sûr, car en fait cette théorie tente de répondre à une question vieille comme le monde, à laquelle chaque civilisation a tenté de répondre à sa manière. De tout temps, les hommes sont frappés par la succession de cycles qui règlent leur vie : le jour et la nuit, le cycle des saisons, sans parler des cycles lunaire et annuel. Par contraste, l'histoire des hommes se développe en un cycle ouvert, les hommes portent en eux une évolution : ils sont historiques, contrairement aux animaux. Ils savent qu’ils naissent et meurent, que les villes qu’ils établissent, leurs civilisations même vivent et meurent. La raison commande d’inscrire ces évolutions dans des cycles à long terme. Et tout l’effort des hommes tendra à «fermer la boucle». Sinon il y a hiatus, cassure, chaos. J’appelle ce type de problème un « effet de bord ».

C'est-à-dire que nous n’arrivons pas à imaginer quelque chose avant le début ou après la fin. L’impossibilité d’imaginer cela est portée par les mots eux-mêmes : avant le début comme après la fin sont des non-sens.

S’il n’y a pas d’écoulement du temps avant le début, ni après la fin, l’un comme l’autre accolés au néant, ne pourrions-nous pas dire qu’il y a une durée nulle entre le début et la fin des temps, autrement dit qu’ils sont contemporains ?

Dans cet ordre d'idées, pourquoi ne pas imaginer que la fin de l'Univers d'avant le Big Bang, dont parle cette nouvelle théorie, n'est autre que la propre fin de notre Univers actuel. Nous avons alors reconstitué un cycle, pensée somme toute en harmonie avec notre forme de pensée et qui évite le recours à une suite infinie d'Univers.

Difficile de s’imaginer parcourir le temps, mais l’espace pose le même type d’ «effet de bord».

Tant que l'on pensait la Terre plate, il y avait un problème de "bord". Les marins de l’antiquité, jusqu’à Christophe Colomb en fait, avaient peur de « tomber » dans le vide s’ils atteignaient le bord du monde.

Et puis, comment expliquer que le monde tienne sur « rien » ?

Les chinois, par exemple, pensaient que la Terre était portée par une tortue géante. Mais sur quoi reposait cette tortue, me direz-vous. Et bien c’est simple : sur une autre tortue, et ainsi de suite en une régression infinie. Il n’est pas inintéressant de se souvenir que les idéogrammes chinois étaient à l’origine les figures formées par les craquelures des carcasses de tortues que l’on jetait au feu pour y deviner l’avenir. D’une certaine manière le monde était porté par le verbe, ce qui fait un rapprochement inattendu avec la Bible : au début était le verbe.

Vous allez me dire que je fais des enchaînements de présentateur de télé, mais effectivement, nos représentations, nos imaginations, nos découvertes mêmes sont limitées par notre verbe. Notre questionnement est porté par notre possibilité de l’exprimer, de le mouler dans notre langue. La façon dont nous sommes capables de l’exprimer (au sens ou l’on exprime le jus d’un citron) est modelé par notre langue (Lalangue de notre mère comme dirait Lacan).

En ce qui concerne la Terre, le problème est résolu lorsque l'on conçoit la Terre comme ronde. Le français (ou le latin) pour cela dit bien ce qu'il veut dire : on "résout" le problème comme on trouve une "solution" à un "calcul".
C'est à dire, littéralement que l'on dissout (solution/résoudre) la pierre (le calcul).
Dit autrement: on a la réponse finale quand la question ne se pose plus, ou mieux: il n'y a jamais de réponse, simplement des questions qui ne se "posent plus", qui ne s'énoncent plus.

Nous rejoignons alors le domaine de l'"indicible".
C’est pourquoi, sans doute, le Bouddhisme, qui n’est pas une religion basée sur un écrit, me semble en cela supérieure aux religions du Livre. Bouddha, pour enseigner tourne 3 fois la roue du Dharma, et cet enseignement n’est pas non contradictoire, car il tient compte de l’évolution de son auditoire, d’un tour de roue à l’autre. Ce besoin de trouver plusieurs sens (le sens derrière le sens) à la lecture d’un texte explique peut-être la démarche des hermétismes et autres kabbalistes?

Pour donner un exemple simple de problème lié au fait de "dire", prenez le paradoxe du menteur:
Si je dis :
"Je mens":
Ou bien je dis vrai, ma phrase est vraie, donc je mens, et mon hypothèse est fausse,
Ou bien je mens, ma phrase est fausse, donc je ne mens pas et mon hypothèse est fausse.
Ce type de phrase indécidable, transgresse la logique élémentaire qui stipule qu'une assertion doit être vraie ou fausse, mais pas les deux ou ni l'un ni l'autre (principe du tiers exclu des grecs).
C'est ce type de limite qui me fait douter que l'on puisse imaginer mettre la vérité en phrases.

Pour en revenir à l'Univers, je pense personnellement qu'il faut trouver un modèle "fractal" dans toutes ses dimensions (tant spatiales que temporelles), c'est le sens de tous mes développements.
Ceci veut dire, en particulier, que l'on existe sur plusieurs plans de temps, que nous étions, d'une certaine façon déjà présents au commencement des temps, et que nous serons là à la fin des temps, et de plus que la durée du début à la fin (d'une certaine façon) est nulle. Pour avoir une image de ce à quoi je fais allusion, je vous engage à voir des images fractales.
De la même façon, je pense qu'une distance infinie sépare mon pouce de mon index: en effet, si "à l'extérieur de l'univers", il n'y a plus rien, donc pas de distance, alors, en passant par l'extérieur les points opposés de l'Univers sont à une distance nulle. Corollaire: entre mes deux doigts serrés l’un contre l’autre, je peux faire tenir l'Univers entier.

D’ailleurs, vu la taille initiale de l’Univers lors du Big Bang, je n’aurais eu à l’époque aucun mal à le tenir entre mon pouce et mon indexe serrés l’un contre l’autre. (Bien entendu, cette expérience était impossible, puisque précisément, à l’époque du Big Bang, tout ce qui me constitue actuellement était dans cet Univers minuscule, et donc je n’aurais pas pu le tenir de l’extérieur, puisque j’étais dedans…)

Comme le disait mon ami "la réalité est au-delà de nos certitudes", mais sans doute bien au-delà de ce que lui-même est près à imaginer !

"Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en rêve votre philosophie." disait Hamlet à Horatio, mais de nous deux, qui est Hamlet, qui est Horatio ?

Hari

PS, en cherchant une illustration représentant la Terre portée par une tortue, je tombe sur ce
site, qui rapporte ce propos de Lacan:
 "je me suis aperçu d'une chose, c'est que, peut-être, que je ne suis lacanien que parce que j'ai fait du chinois autrefois"
Etonnant, non ?

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Jeudi 6 mars 2008 4 06 03 2008 23:05

Fait-on jamais autre chose que tourner en rond, quelque soit la taille de la cage?
Je me rends compte, en le relisant, que mon dernier article, sur la théorie du complot, renvoit au premier, où j'exposais le thème du livre "Fondation", à savoir comment, à l'aide d'une théorie, la "psycho-histoire", un groupe minuscule infléchit le cours de l'histoire.
N'est-ce pas là le but même de nos fameux comploteurs, conspirateurs, illuminati ou illuminés de tous poils ?
D'un certain point de vue, toute idée, tout développement intellectuel, toute "information" est par essence subversive. Ce mot d'"information" est d'ailleurs très explicite: il veut dire "mettre en forme", donc changer, modifier, en un mot manipuler; sauf que les modifications attendues ne sont pas forcément obtenues "manuellement".
Mais il y a bien l'idée que l'information peut diriger, gérer de la matière et donc mettre en oeuvre de l'énergie. C'est le rapport du peu au multiple, de la commande à la machine, du général à la troupe, en un mot, nous sommes au coeur des problèmes d'organisation: comment mettre en oeuvre des énergies colossales par le truchement du verbe.
L'information a une connotation positive: on s'informe pour prendre les bonnes décisions, pour mettre en oeuvre une politique acceptée.
Mais l'on peut également vouloir contrôler l'autre à son insue, sans son accord, ou bien détourner l'énergie d'un organisme à notre profit. il y a alors conflit. Se pose alors la question de savoir comment obtenir de l'autre ce que l'on désire en minimisant notre propre dépense d'énergie: c'est toujours un problème d'information, mais souterraine cette fois. Il faut introduire chez l'autre, une information qu'il ne désire pas forcément: c'est le virus dans les cellules, ou le virus informatique dans les programmes ou la manipulation des foules.
Le complot ne se distingue des techniques de gestion que par l'intention.
Et je reviens sur cette remarque faite par le webmaster de siti-net rapportée dans le précédent article: en améliorant ses connaissances il faut toujours prendre en compte la part d'ombre de chaque nouvelle avancée. On peut vouloir devenir le bon chevalier blanc, mais il ne faut pas être naïf pour autant

Ceci dit, il semble bien que la "psycho-histoire" du bon docteur Hari Seldon, n'échappe pas à cette double facette, qui se dédouble à l'infini: la planète Terminus est le siège d'un complot contre l'Empire. Mais, au coeur du complot, les détenteurs du savoir -les psycho-historiens- forment la Seconde Fondation, et manipulent la Première. Et enfin, il y a un comploteur au dessus de la Seconde Fondation, qui se trouve sur Gaïa.
Allez, on va le dire, il y a là un petit côté fractal ou poupées russes, que l'on retrouve dans tout bon complot comme dans toute bonne organisation.

Quand je vous dit que l'on n'arrête pas de tourner en rond (c'est le principe de répétition de Freud au niveau de l'individu). Comme disait Horare: bis repetita placent.
Animation2-copie-1.gif Il fallait bien que je termine par cette illustration de la Structure Absolue d'Abellio, non ?

Cette article est également un bouclage en un autre sens: ce jour est le dernier passé sur le site de Prony. Il s'agit donc là aussi d'un retour à la case départ d'une nouvelle mission que je ne connais pas encore.

A+
Hari.

Par Hari Seldon - Publié dans : sciences humaines
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Mardi 4 mars 2008 2 04 03 2008 04:43

On trouve de tout sur le net.
Je recherchais qui est
Deepak Chopra, qu'une amie m'avait recommandé de lire, lorsque je tombe sur un très beau site qui, outre en parler, s'intéresse aussi aux mystérieux maîtres du monde, dirigeant nos vies sans que l'on s'en rende compte.
Ce site -
syti-net- m'interpèle et m'agace: d'une part il traite de sujets qui me sont chers; il n'est que de voir la page de garde où l'on trouve pèle-mèle -comme ici- des sujets sur les fractals, la métaphysique, la science fiction, la sagesse etc ... tous sujets poste-soixante huitards, il faut bien le dire; d'autre part, il part à donf dans une théorie du complot, beaucoup plus inquiétante.
Je n'aime pas cette proximité des sujets, et j'aime encore moins mon attirance pour cette promiscuité.
Oui, il faut bien me l'avouer, la théorie sénaire, développée à partir d'Abellio, pourrait être vue comme un "instrument" destiné à manipuler des foules. C'est d'ailleurs la réaction qu'avait eu Tonnelat, de qui je m'étais inspiré pour la partie thermodynamique du développement. Sa réaction, en gros, était de dire que l'on ne devait pas assimiler des êtres humains à des objets comptables, parce qu'ils ont un libre arbitre. Son refus était d'ordre religieux, il me l'a écrit, et je pense que l'argument ne tient pas: on peut utiliser des statistiques pour prédire des comportements humains.
Mais le débat est latent: la science peut-elle aider à manipuler les hommes ?
Si oui, que faire pour garantir notre liberté individuelle ?

Par exemple, que penser d'une tentative de complot à l'échelle planétaire pour orienter le développement de l'humanité?
D'une part est-ce plausible?
Pourquoi pas, puisque d'aucun y ont pensé, pourquoi ne pas imaginer que d'autres s'en soient occupé ?
A ce sujet, la
carte dressée sur syti-net est expressive:

MMBlackOrganisations4.gif

 


Maintenant, une chose est de s'ériger en maître du monde (jean Marie Messier, en son temps s'y était essayé), une autre est de savoir si une telle utopie a des chances de laisser d'autres traces que celles qu'aurait naturellement et librement suivi le développement de l'Humanité.
Voyons le centre de ce conglomérat qui semble être, pour l'auteur du moins, constitué par le "
Groupe Bilderberg".
Sa composition fait sourire: pas un japonais, ni un chinois, ni un russe dans cette cours de récréation pour grands de ce monde!
Par ailleurs, quelques patrons d'une presse, certes prestigieuse (Figaro, Les Echos, le Daily telegraph etc...). Mais ça ressemble plus à une instance de veille intellectuelle / économique / politique qu'un organe de décision...
Maintenant, qu'il y ait des opérations de lobbying pour favoriser le libre échange, très certainement, que l'information soit volontairement biaisée pour laisser se faire ce grand marché mondial, il ne faut pas être naïf: très certainement.
Mais, d'une part, est-ce un mal, d'autre part est-ce inévitable ?
Nous retombons sur le débat lancé par Dany-Robert Dufour qui fait l'objet d'un précédent
article.
Je pense plutôt que tout ceci accélère un processus naturel d'homogénéïsation des marchés, où Dieu n'a pas d'action particulière, mais où sont en action des lois aussi universelles que la croissance de l'entropie ou le principe d'inertie.

Nous en reparlerons bientôt.

Hari


PS: à cet article, j'ai reçu ce commentaire intéressant de l'auteur du site en question:

"Pour répondre à la remarque de votre article, J'ai aussi voulu réunir les 2 faces de l'Initiation (à ce qui est caché au plus grand nombre), l'Incal Lumière et l'Incal Noir comme dans la BD de Moebius. D'un coté la face lumineuse avec des sujets intemporels (science, métaphysique, spiritualité), et de l'autre la face sombre, avec les turpitudes de notre monde actuel.

Les 2 faces sont complémentaires car la compréhension de la face sombre découle de l'éveil de notre conscience provoqué par l'initiation spirituelle, qui nous amène à une vision globale des interrelations, ce qui inclut l'écologie et l'organisation de notre société. 

La plupart des gens ne connaissent aucune des 2 faces de l'initiation.
Un nombre plus réduit de personnes connaissent l'une des 2 faces. Connaitre seulement la face sombre amène à être cynique et matérialiste. Connaitre uniquement la face lumière amène à être naif et complètement inconscients des stratégies de nos élites dirigeantes.
C'est pourquoi il faut connaitre les 2 faces !"

Cette référence à l'Incal me renvoie directement à cet article précédent sur l'Incal et Lacan. Et cette idée de double face des choses à une résonnance particulière avec le précédent article sur le Tao Te King.

Par Hari Seldon - Publié dans : politique
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Mercredi 20 février 2008 3 20 02 2008 06:32
En feuilletant le Tao Te King, que l'on vient de m'offrir pour mon anniversaire (ceci ne nous rajeunit pas) je tombe sur le chapitre 11 du livre 1, qui traite du Tao:

undefined  "Trente rais se réunissent autour d'un moyeu. C'est de son vide que dépend l'usage du char.
On pétrit de la terre glaise pour faire des vases.
C'est de son vide que dépend l'usage des vases.
On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C'est de leur vide que dépend l'usage de la maison.
C'est pourquoi l'utilité vient de l'être, l'usage naît du non-être."

On retrouve l'image de la roue, composée de rayons qui tous convergent vers le moyeu, chez les boudhistes où elle représente  l'enseignement de Bouddha ou Dharma
. Ici l'accent est mis sur l'idée de rotation: Bouddha tourne 3 fois la roue du Dharma. En effet les mots ne peuvent qu'être des indices de la voie, qu'il faut reprendre de différentes façons, pour affiner le balisage.


dharma-akra-court.jpg
Or, l'essence de cet enseignement c'est que la libération vient par la contemplation de la vacuité (qui n'est pas le vide, mais plutôt les potentialités qu'il porte, comme un big bang "personnel", si ce dernier terme a un sens). On retrouve bien là l'idée taoïste du Tao Te King.
 
"L'utilité vient de l'être, l'usage du non-être".

Il y a là à méditer, et ça me renvoie personnellement à mon interrogation sur "être et ne pas être".

Le problème n’est pas de s'évader dans des considérations intellectuelles, mais d'essayer de rester au plus près d'une évidence à saisir. Peut-être pourrons-nous bientôt éclairer ce texte d'un jour nouveau, simplement parce qu'entre temps notre langage s'est constitué, parce qu'aujourd'hui, nous avons forgé les concepts de relativité, de mécanique quantique, parce que de l'Orient, nous sommes passés à l'Occident. Peut-être tout tient-il dans une balance de l'un à l'autre, du Ying, passif, le non-agir taoïste, au Yang, actif, grec pour tout dire. Je vous renvoie à ce sujet au traité de l'efficacité de François Jullien.

Et puisque nous en sommes aux réminiscences, il se trouve qu'un ami m'indique aujourd'hui que l'article de Wikipédia sur Raymond Abellio a été profondément remanié. Abellio, celui qui est à l'origine de ma démarche, des recherches qui m'amenèrent à l'étude du Yi King.
 
Ce retour de ma lecture immédiate du Tao Te King vers ce souvenir d'Abellio, donne sens (pour moi) à cette image de la roue. J'éprouve intimement le sentiment de tourner en rond autour de quelque chose d'indicible, d'un vide qui m'habite (la peur de la mort, sans doute, qui me creuse par avance) et que je décore de discours. Je tourne en rond comme ces indiens qui dansent autour d'un totem  en lançant leurs incantations pour honorer un dieu espéré ou un écarter un démon redouté, comme ces derviches tourneurs qui cherchent la transe.

Derviche-Tourneur-copie-1.jpg  
Tout un chacun, sans doute, tourne autour d'une aporie qui le gratte quelque part, la mienne est trop obsédante pour me laisser en repos, et je tourne autour de ce vide que je ne peux éviter, de cette vacuité que je ne sais atteindre, ou que je ne me sens pas le courage d'atteindre, trop dure la méditation, encore trop incertaine la voie.
 


Mais revenons sur ce vers qui me ronge: l'utilité vient de l'être, l'usage du non-être.

Il s'agit bien entendu d'une traduction, on ne peut donc pas trop se fier aux mots utilisés, néanmoins, je serais tenté d'y lire ceci:
·         "Utilité" renvoie à un sens pour "Moi", il s'agirait donc ici d'Imaginaire, au sens de Lacan, l'être en question n'étant que le Moi du susdit être, son image, fabriquée, précisément autour des problèmes  rencontrés pendant sa constitution (complexe d'Oedipe etc...).
·         "Usage" ramène au plus concret du réel, c'est ce que l'on fait, pas ce que l'on en dit, Nous serions ici dans le domaine du Réel, toujours au sens de Lacan, et bien entendu, en deçà de l'Imaginaire, dans le « ça »; là où la représentation de l'être n'existe pas encore, avant le langage.

Ce changement de niveau fait que l'on puisse à la fois être et ne pas être. Cette simultanéité est du même ordre que celle que l'on retrouve dans le paradoxe du menteur:

"Je suis un menteur"
est une phrase impossible et pourtant, le fait est plausible (je me connais).

Là aussi la langue n'arrive que maladroitement à exprimer la réalité: les règles du langage, qui règlent notre pensée, ne sont pas celles de la nature, fût-elle humaine... 
Le langage serait comme la caisse que Saint Exupéry dessine au Petit Prince faute de pouvoir saisir l'essence d'un mouton. Il y a là encore balancement entre l'utilité pour moi de l'objet (la caisse / le verbe) et l'usage que l'on en fait, qui est de retenir en son creux un référent qui s'échappe.

Bonne méditation pour les uns et bonne fermentation pour les autres à qui je lève mon verre...

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
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Mercredi 13 février 2008 3 13 02 2008 01:16

divin-march-.jpg ou "La révolution culturelle libérale"

Par Dany-Robert Dufour


«Les vices privés font la fortune publique»


Enoncée pour la première fois par Bernard Mandeville en 1704, contemporain d’Adam Smith et précurseur de Freud.
 

En très rapide:
Après avoir prolétarisé les ouvriers, le libéralisme prolétarise les consommateurs pour accroître la demande. Pour ce faire, on mise sur l’égoïsme des individus, en survalorisant la satisfaction immédiate et sans contraintes dans l’inconscient des gens. Ce qui conduit à une société «égo – grégaire». C'est-à-dire, qu’en misant sur l’individualisme forcené, on transforme une nation en troupeau.
S’en suit toute une série de conséquences, jusque dans la constitution même de l’individu qui, privé de référence, de modèle et de guide ne peut plus se constituer.
L’auteur oppose ce libéralisme à la République ; celle des Lumières, basée sur un pacte républicain, transcendant les individus pour fonder une communauté qui les dépasse. La politique doit s’appuyer sur la raison et l’impératif catégorique présenté par Kant en 1785 dans les « fondements de la métaphysique des mœurs », à savoir, en résumé qu’il faut voir en l’ «autre» une fin en soi et non un moyen pour moi.
Bref les Lumières proposaient une sortie des ténèbres religieuses par la transcendance de la Raison, tandis qu’Adam Smith réintroduit le religieux insidieusement dans le «laisser faire» du libéralisme, puisque c’est Dieu, en définitif (la main cachée) qui régule les marchés.
 
Le tableau dressé est très inquiétant, l’on y voit même nos bons philosophes (Bourdieu et consorts) prêter la main à la décérébration des masses. Il faut lire ce livre, c’est une base de réflexion pour une gauche en mal d’être.
Pourtant, si la description des symptômes emporte l’adhésion, je trouve un peu court le raisonnement qui voudrait nous reporter deux siècles en arrière.
 
Il y a tout d’abord quelques erreurs de base dans la compréhension des mécanismes d’autorégulation.
 
1/ Si pour Adam Smith la régulation des marchés résulte de la main divine, nous pouvons passer outre cette explication, mais il n’en demeure pas moins que les marchés ont tendance à s’autoréguler et cette constatation doit être conservée.
Il ne faut pas, comme le fait l’auteur jeter le bébé avec l’eau du bain. Après tout, nous révérons Copernic pour avoir révolutionné vers 1500 notre description de l’Univers, sans qu’il ai justifié correctement son intuition.
 
2/ L’état de troupeau amorphe n’est pas la structure la plus stable d’un groupement humain. Il est faux de croire que des humains abrutis de TV et sans culture restent indéfiniment dans un état chaotique et sans structure. En fait, la structuration, l’auto-organisation est la loi universelle, non pas parce qu’il y a un grand architecte de l’univers, veillant à la régulation des marchés comme à l’harmonie de toute chose, mais simplement parce qu’en se structurant, on économise de l’énergie.
 C’est le fond même de toute «économie» ou tout système écologique, précisément, que d’éviter les déperditions d’énergie et de ce point de vue il est fort dommage que nos grands philosophes soient si mauvais physiciens. Du temps de Platon, il était écrit, au fronton du lycée «nul n’entre ici s’il n’est géomètre», les bonnes intentions se perdent…
Sans entrer dans les détails techniques, regardons autour de nous : je regardais hier une émission de TV sur la vie carcérale aux USA. Nous y avons des individus, sans culture, livrés plus que la norme à leurs pulsions, tous égaux devant le règlement pénitentiaire et vivant sous contraintes sévères. Or que voit-on : l’organisation immédiate en bandes pour survivre. Reportons-nous en arrière aux temps préhistoriques ; y voit-on des groupes hagards perdus dans la forêts, livrés aux bêtes et sans défense, non. Du plus loin que nous puissions pousser l’exploration, il y a organisation. Et ce n’est même pas une caractéristique humaine, mais une nécessité vitale du règne animal.
Par curiosité, j’ai regardé combien il y avait d’associations déclarées en France : 1 100 000 structures, les français sont des veaux, certes, mais quand même : ils savent sortir de chez eux !
 
3/ Du fait que nous construisons notre Moi, en réponse aux frustrations que nous avons connues dans notre enfance, en particulier en résolvant d’une manière ou d’une autre notre complexe d’Œdipe, l’auteur en infère qu’il est nécessaire de revenir à une conception plus forte, plus structurée du rôle du père (ce qui amène à la transcendence). Il répète à plusieurs reprises que le désir naît d’un manque à jouir (nous sommes tous construit autour d’une aporie initiale, un manque originel, le non du père etc…).
Certes, mais le retour en arrière est-il la seule issue ?
Il existe des sociétés où le rôle du père n’est pas essentiel, en Afrique par exemple. Par ailleurs, faut-il rechercher plus de frustration pour tendre à plus de désir ?
C’est une proposition culturellement définie qui n’a rien d’universelle : le bouddhiste au contraire cherchera à supprimer ses désirs, oublier son Moi pour atteindre à la vacuité.
Enfin, le principe de plaisir, qui est en nous, réglé par notre cerveau et nos hormones, est complètement ignoré dans ce discours. Nos divers cultures et sociétés existent parce que nous connaissons et recherchons le plaisir. Et une meilleure connaissance des mécanismes de notre plaisir est un facteur stabilisant de nos cultures (au passage, le plaisir pousse au regroupement d’au moins deux individus…). La connaissance du plaisir fait naitre le désir d’en avoir plus. Ils ne s’opposent pas (sauf chez les puritains) mais s’appellent l’un l’autre. Donc le désir n’est pas uniquement le résultat d’une frustration, d’un manque, mais se renforce également du souvenir d’un plaisir reconnu (principe de répétition revu et corrigé). Et entre les deux désirs, il me semble que le second soit à privilégier.
Connait-on en effet beaucoup de stars du porno violeurs ou pédophiles ?
 
4/ L’autorégulation des marchés est un fait de base, soit, mais la consommation débridée à laquelle nous pousse le libéralisme forcené qui agite nos instincts les plus primaires nous conduit à une catastrophe écologique majeure. L’auteur nous dit : il faut revenir à la Raison transcendantale, établie par les Lumières contre l’obscurantisme religieux, qui est seule à même de conduire la politique des nations.
Mais on ne peut pas anticiper efficacement: toutes les idéologies se sont cassé les dents sur cette dure réalité. Il faut donc se résoudre à attendre la survenue des effets pour en corriger la cause; toute la question est de réagir assez vite pour n'en pas souffrir.
Non, rien ne peut aller contre les flux marchands, même les islamistes les plus bornés n’arriverons pas à endiguer des mouvements de fond (de fonds) aussi importants. Il conviendrait d’être un peu plus attentif à ce que nous enseigne le taoïsme : pour bien se battre, il faut connaître le terrain, les circonstances et utiliser la force de l’adversaire.
En l’occurrence, ce qui n’est abordé par personne dans ce problème d’autorégulation, ce sont les caractéristiques dynamiques du marché observé (son facteur d'amortissement) pour comprendre l'évolution des écarts par rapport à l'équilibre. Le philosophe néglige (méprise ?) la physique...
Il y a impact de l’économique sur l’écologique parce que notre production industrielle n’intègre pas assez vite les contraintes écologiques auxquelles elle se heurte déjà. Il faut donc accélérer les ajustements (faute de pouvoir les anticiper). Autrement dit, pour s’en sortir, il faut accélérer le système d’autorégulation du marché et non pas essayer de le mettre sous tutelle. Il faut amplifier le feed-back: réinjecter l'information à tous les niveaux de la structure, améliorer les boucles de contrôle, amplifier les conséquences pour ceux polluent par exemple, mais en évitant si possible les "over shoot" (l'effet Larsen donne une idée du résultat).
C’est une fuite en avant, me direz-vous ; non, c’est prendre conscience que notre survie dépend de notre vitesse de réaction et qu’il est vital d’aller plus vite.
En principe c'est possible car les contrôles dont je parle sont par essence de l'information, donc plus rapide et demandant moins d'énergie que les systèmes à contrôler, qui forment l'offre du marché.
Ceci passe donc par plus de transparence encore. Il faut que l’information circule plus vite et que les pratiques déviantes soient sanctionnées brutalement (que l'effet du contrôle soit certain).
Par exemple : Enron a mis la Californie en coupe réglée, la sanction a été de 24 ans de prison pour son patron, c’est bien, mais il eût été préférable que les malversations soient constatées sans délai. Bush a pu mentir pendant 2 ans concernant l’existence d’armement de destruction massive en Irak, avant que l’opinion ne se retourne ; il faut que l’information soit disponible et crédible plus vite. Huit ans pour mettre ce boucher de Bush bouché au bucher, c’est trop long. Idem pour le traité de Kyoto: c’est trop long. La fonction du journaliste n'a jamais été aussi importante que maintenant!

Donc je renverse la proposition de l’auteur qui oppose la politique à la «bonne gouvernance» ; et j’en reviendrais (tout au moins dans le domaine économique) à la théorie chinoise des légistes : l’empereur est inaccessible et au – dessus des parties (et même, peu importe qui il est -pourquoi pas Sarkozy- , pour peu qu'il tienne son rang), et pour faire régner l’ordre dans l’empire, il doit appliquer la loi fermement et sans aucune concession ni faiblesse.

Il n'y a pas opposition entre "bonne gouvernance" et expression d'une politique. A mon sens, la bonne gouvernance c'est l'efficacité dans l'exécution, une "bonne" politique, c'est l'efficience d'une action, en fonction d'un objectif commun. J'ajouterais qu'il convient de différencier la gestion des biens de la direction des hommes, et ne pas mettre plus de "sens" que nécessaire dans l'activité de plus bas niveau, à savoir l'économie (ou gestion des biens). Ceci demanderait d'autres développements.
 
Autrement dit, le politique n'est pas une cautère sur une économie bancale (comme la bonne vieille politique monétaire au secours d'une production défaillante) mais une saine gestion augmentée d'un supplément d'âme pour une société qui se cherche un sens.
 
S’il faut une transcendance à notre vie en commun, alors qu’elle soit le fruit d’un choix, j’en ai proposé un en chapeau de ce blog.

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : politique
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 01 2008 07:52

Comme toujours lorsque j’écris un article, j’y repense, le modifie (je corrige les erreurs que je retrouve !) et je suis amené à le commenter par un autre article.
Le dernier n’échappe pas à la règle.
En fait ma plume se laissant guider par les chiffres c’est en cours d’écriture que j’ai été amené à poser qu’un découpage de la France en régions n’est pas dans la même logique qu’un découpage en départements.
C’est une idée neuve pour moi, qu’il me semble intéressant de développer.
Si l’on regarde de plus près la série de chiffres, en la prolongeant même jusqu’à l’absurde, on voit des choses intéressantes :

 
2
3
4
5
6
7
8
9
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
1
8 124
163 316
732 248
1 801 504
3 283 119
5 040 414
6 951 859
 
1
404
8 124
49 173
163 316
384 936
732 248
 
 
1
90
1 342
8 124
29 398
77 129
 
 
 
1
37
404
2 245
8 124
 
 
 
 
1
20
171
856
 
 
 
 
 
1
13
90
 
 
 
 
 
 
1
9
 
 
 
 
 
 
 
1

On voit, par exemple que le niveau « conurbation » (8124) garde un sens, pour les découpages en 3, 5, 7 ou 9 niveaux : en effet, pour chacun de ces types d’organisation, c’est le niveau médian (autant de niveaux au dessus qu’en dessous).
Le niveau « départemental » apparait à partir d’une hiérarchie à 5 niveaux, et reparaît dans une hiérarchie à 9 niveaux.
On pourrait dire qu’il y a des agrégats qui «persistent» lorsque l’on augmente le nombre de niveaux pour décrire une structure. C’est le cas le plus évident pour la «conurbation» qui garde un sens pour toutes les hiérarchies ayant un nombre impair de niveaux, avec un rythme propre de 60 jours.
 
Par contre la structure à 4 niveaux ne correspond à rien pour décrire la France, ni aucune hiérarchie ayant un nombre pair de niveaux. Il serait intéressant de voir si elles auraient un sens pour certains pays?

La hiérarchie à 9 niveaux montre, au-dessus des agrégats départementaux, 9 agrégats qui pourraient être les provinces (regroupant plusieurs régions) qu’évoquait Sarkozy en répondant à la présentation du rapport Attali.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’une structure perd vite en rendement lorsque le nombre de niveaux augmente, avec les données concernant la France, nous aurions les rendements suivants:
 
niveau
2
3
4
5
6
7
8
9
rendement
99,97%
97%
82%
58%
34%
17%
7%
3%

On voit immédiatement qu’au-delà de 5 niveaux, plus rien ne sort de la bureaucratie installée : c’est Kafka à coup sûr.
Ceux qui s’intéressent à la physique, se souviendront peut-être qu’un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint d’un plus grand nombre de façons. Si l’on considère notre mode de structuration en niveaux comme un crible permettant de trier les agrégats dont se constitue notre société, on voit alors qu’à part l’ «individu» et l’ «Etat», qui par construction entrent dans chacune des descriptions, c’est la «conurbation» qui apparaît le plus souvent (4 fois sur les 9 premières structures), suivi du «département» (2 fois) et de la «région» (1 fois).
De fait, des villes comme Paris, Lyon , Marseille ont une longue histoire, et sont plus stables que le département, la région, et même la nation dans lesquels elles s’inscrivent.
Mais alors, quid de nos 36 000 communes ?
C’est vrai qu’il s’agit d’une spécificité française, qui ne semble pas s’inscrire dans la logique d’un état de 66 millions d’individus. Il faudrait se reporter au temps de leur constitution, et prendre en compte les chiffres de l’époque.
Il y aurait en fait, autour de ces quelques idées, un champ entier à explorer, mais se serait plutôt un travail d’historien ou de démographe.
Merci pour ne serait-ce que d'un commentaire (comment taire ?), juste histoire d'avoir l'écho d'une présence, de temps en temps!

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : politique
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 01 2008 00:42

J’ai été très impressionné, hier soir en voyant la présentation du rapport de la commission Attali et en écoutant le discours de Sarkozy. Pourquoi le cacher, Sarkozy m’a bluffé: il a un charisme indéniable et semble avoir une réelle ambition pour la France. J’aime.

La suppression ou non des départements est très exactement le genre de problèmes pour lesquels l’approche systémique que j’ai développée, peut apporter un éclairage intéressant.
Très grossièrement, si l’on considère la France dans son ensemble comme une organisation, alors, l’étagement entre les différents niveaux devrait être tel que leurs populations soient en progression géométrique.
C'est-à-dire que si l’on a 66 millions d’individus au dernier niveau et 36 000 communes ; le peuplement du niveau suivant devrait être de 19, soit en gros le nombre de régions actuel.
Bien entendu, une ville comme Paris ou Toulouse ne peut être assimilée à une sous-préfecture ou un hameau, mais le chiffre de 19 indique une tendance, c’est en gros le nombre de nos régions, sans qu’apparaisse le niveau du département.
Cela semble donner raison à Atalli.

Mais le problème est plus complexe : car alors l’entité «France» n’est plus significative pour gérer ces 19 régions. Il y aurait en effet, d’un niveau à l’autre -de la Région à l'Etat- trop peu de différence. Autrement dit, renforcer le régionalisme va de pair avec un renforcement de l’Europe au détriment de la «Nation».
Dans le Débat, Attali est de facto pour l’Europe des régions, et Sarkozy, plus « gaullien », pour la prééminence de la Nation sur l’Europe. (l’Europe, l’Europe… disait de Gaulle).

Pour étayer le débat, voici, en fonction du nombre de niveaux hiérarchiques la population optimum de chacun d’eux, étant entendu que le dernier niveau est celui des individus et le premier celui de l’état, un et indivisible, comme il se doit.

2
3
4
5
6
7
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
1
8 124
163...
732...
1 801 504
3 283 119
 
1
404
8 124
49 173
163...
 
 
1
90
1 342
8 124
 
 
 
1
37
404
 
 
 
 
1
20
 
 
 
 
 
1

On constate qu’une hiérarchie à 5 niveaux conduit à privilégier le département (90).
Mais c’est alors le niveau communal qui pose problème, il faudrait tomber à 8 100 conurbations (d’où le renforcement des associations intercommunales), associé à un développement d’une politique de quartiers (730 000) ou quelque chose entre la famille et le quartier (le "voisinage" ou la "tribu" regroupant environ 80 personnes).
Une hiérarchie à 7 niveaux (mais avec une grosse perte de rendement de l'ensemble) pourrait prendre en compte un niveau "régional" dans une structure limitée à la nation, tout en gardant les quelques 8100 conurbations, mais le niveau intermédiaire ne correspondrait plus à rien d'historiquement constitué.

Pour compléter le tableau, il faut bien entendu ajouter que l'horizon temporel, propre à chaque niveau, suit également une progression géométrique : l’état n’a pas le même horizon de temps que le village ou l’individu.
Ce qui porte à mettre l’accent sur le problème que pose le découpage budgétaire en budgets annuels. Il faut bien entendu qu’au niveau de l’état, les plans soient pluriannuels.

Supposons, pour faire très simple, que l’individu se préoccupe de survivre au jour le jour (ce qui appelle bien sûr beaucoup de commentaires !), et que l’état ait une vision à 10 ans (2 législatures), ce qui est court pour certains problèmes tels que la politique énergétique ou écologique. Les horizons temporels des différents niveaux seraient alors les suivants :

Tableau en nombre de jours :

2
3
4
5
6
7
1
1
1
1
1
1
3 650
60
15
8
5
4
 
3 650
237
60
27
15
 
 
3 650
470
137
60
 
 
 
3 650
708
237
 
 
 
 
3 650
930
 
 
 
 
 
3 650
On voit, pour une hiérarchie à 5 niveaux (individus/quartier/conurbation/département/état) que la zone urbaine devrait avoir un horizon à 2 mois et le département un horizon entre 1 et 2 ans. Au niveau des quartiers, l’accent est mis sur le service (8 jours).
Tout ceci est bien sur à discuter : une ville doit avoir des plans à long terme et l’état être capable de faire face aux urgences, mais il s’agit de guides de réflexion.

Question: Pourquoi avoir une région et un département s’ils ont le même horizon temporel ?

Les figures précédentes montrent qu'il y a antagonisme entre les 2 niveaux, ils ne ne sont pas cohérents au sein d'un même découpage.
En fait, on peut imaginer des découpages multiples: mettre l’accent sur les départements dans la gestion par l’état de la vie collective, mais faire l'intégration européenne au niveau des régions.
En effet, certains sujets à très long terme tels que: écologie, transport, énergie, s'intègrent de facto au niveau européen (minimum). Par exemple le projet Tokamak de fusion contrôlée qui a déjà 50 ans d’existence pour des résultats attendus dans les 30 prochaines années est un projet d’envergure mondiale (que l’on se souvienne de la dernière empoignade entre Japonais, soutenus par les USA et Français, soutenus par l’Europe, pour la localisation du prochain Tokamak, qui se fera finalement près de Lyon).

Outre cet aspect très pragmatique, la formation culturelle au niveau régional (provincial) est par essence un processus à long terme, hors du champ politique immédiat. La Corse, Le pays Basque, la Bretagne, l'Alsace -pour rester en France- sont des entités issues d'une longue histoire et c'est cette dernière qui s'intègre au niveau européen, contre, en quelque sorte l'Etat (de Gaulle ne se trompait pas d'adversaire!!!). Il y a là une mutation profonde à laquelle on assiste, une lame de fond insensible car se déroulant à un rythme très lent au regard du temps politique, c'est à dire celui de la Nation, puisque c'est le politique qui en rythme la marche.
A sens historique (et surtout en France, qui de ce point de vue présente un cas limite en Europe), les Provinces ont reculé devant la montée en puissance de la Nation. Cela c'est accompagné d'une accélération du progrès, imposé aux Provinces par la puissance centralisatrice (qui au passage, les a découpées en départements). Souvenons-nous ne serait-ce que du combat pour la laïcité, porté au fin fond des campagnes par les hussard noirs de la république, les instits...
Nous voyons maintenant le fond provincial ressurgir sur un rythme plus lent, mais tout aussi puissant, favorisé par la monté en puissance des problèmes de perennité à long terme (écologie, sécurité etc...).

J’ai regardé ce que donnerait cette analyse pour l’Allemagne (83 millions d’habitants, 2700 communes et 16 landers) mais je ne connais pas assez la vie du pays, ses corps intermédiaires pour faire quelque chose de significatif.

Merci pour vos commentaires!

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : politique
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 11 2007 02:29
Il est agréable, parfois de tomber sur un article du web, qui prouve que l'on  n'est pas seul dans sa recherche, dans ses délires.
C'est donc avec une sorte de "ouf" de soulagement que je tombe sur cet article "bouddhisme et physique quantique".
L'assimiler prendra un peu de temps, mais il pose bien le problème de la nature de la réalité.
C'est une conceptualisation qui pourra éclairer, aux yeux des européens que nous sommes, la raison de la démarche bouddhiste, à savoir parvenir à la contemplation de la vacuité.
Pour illustrer le propos de Christian Thomas Kohl, auteur de cet article, je vous propose de méditer sur un mandala, qui représente les quatre continents du pays de Bouddha, mandala fait sur du sable et que l'on détruit après l'offrande.
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Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
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