Recommander

Commentaires Récents

philosophie

Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /2007 07:06
Quelque chose me trotte dans la tête depuis un certain temps.
Lacan parle d'au-delà du principe du plaisir, et pour lui cet étape antérieure, très primitive, c'est le principe de répétition.
L'autre jour à la TV, j'ai vu un documentaire sur l'évolution de l'Univers depuis le point zéro (hypothétique) du big Bang, jusqu'à sa mort thermique. Passé comme cela, en accéléré, ce qui frappe, c'est la succession d'états de grande agitation, de bouillonnement, de folle exubérande, puis le passage par un état définissable, un point de non retour. Il semble que l'histoire se construise par des séquences pendant lesquelles règne le désordre, délimitées par des états où semble-t-il un seuil est atteint.
Quelques exemples qui m'ont frappé: pas loin de l'origine, il y eu un temps où matière et antimatière étaient confinées ensemble, s'annihilant presque. Le presque tient uniquement à un léger excédant de matière sur l'antimatière (de l'ordre de 1 pour 1.000.000).
Ensuite, au sein des étoiles, la matière, à force d'entrer en collision, dans une sorte de chaudron qui finit par imploser a formé tous les corps jusqu'au fer. Il a fallu ensuite que cette matière redistribuée soit impliquée dans des explosions de super nova pour que les éléments lourds adviennent.
Il y a comme cela, jusqu'à nous d'incroyables bouillonnements de vie pour que celle-ci se moule dans une forme qui n'est plus remise en cause.
Notre ADN même porte en mémoire l'ensemble de notre histoire, les essais et erreurs dont nous sommes issus; puisqu'à peine 2% de celui-ci porte une information utile, le reste n'est que bruit d'essais avortés.
Bref, voilà ce qui s'impose à mon esprit: la nature est exubérante, elle fait tout à profusion et pendant longtemps, puis, une ligne de moindre résistance se dessine et la vie toute entière se moule dans ce passage.
Et nous n'en voyons que les étapes stables. C'est un peu comme lorsque l'on fait un zoom depuis l'infini jusqu'au quarks (la NASA a fait un tel documentaire sur le net). Et bien, dans ce zoom, il y a des étapes que l'on repère bien, puis des séquences entre - deux qui n'ont pas de grande signification, pas de forme repérable (même chose pour un zoom sur une fractale, bien sûr!).
C'est un peu comme ce jeu auquel jouent les enfants: l'un d'eux (l'observateur) compte jusqu'à trois puis ouvre les yeux. A ce moment les joueurs doivent être immobiles, mais lorsque l'observateur ferme les yeux, alors ils se mettent en mouvement.

J'imagine que ce principe de répétition dont parle Lacan est ce mouvement même de l'Univers que l'on repère en nous. Nous n'arrêtons pas de bouger, de nous agiter (les atomes qui nous constituent, nos tissus qui vivent en meurt en un cycle d'une dizaine d'année, nos biorythmes, nos pensées, nos envies, nos pulsions, nos amours).
Et puis, de temps en temps, une façon de bouger que l'on répète plus fréquemment devient nôtre (notre façon de marcher, de manger, de parler, un tic, une façon de relever une mèche de cheveux, une façon de tomber amoureux ou de boire une bière), sans doute parce qu'elle nous convient mieux, c'est à dire qu'elle nous demande moins d'énergie, ou qu'elle nous "satisfait" mieux d'une façon ou d'une autre, nous fait "plaisir", devient une constante; sur laquelle nous ne revenons plus (à moins de nous "remettre en cause", de nous re-causer, de nous re-constituer). Elle se chosifie, se dépose en strates. Les synapses correspondantes dans notre cerveau désertent certaines régions pour suivre ces chemins déjà balisés.
Avant que notre squelette ne se calcifie, nous nous figeons dans notre tête.

Ce n'est pas toujours mauvais d'abandonner des chemins qui ne mènent nul part, il n'y a pas là de jugement de valeur. Prenez par exemple le jeu d'échecs; et bien un grand joueur, par sa pratique du jeu évitera de dépenser de l'énergie pour envisager des solutions qu'il sait, par avance,  être de mauvaises pistes; tandis que le néophyte envisagera avec la même attention toutes les pistes et se fatiguera  plus vite.
Le revers de la médaille, c'est qu'à parcourir des chemins balisés, il est plus difficile de faire des découvertes. C'est sans doute pour cela qu'en mathématiques, les génies sont toujours précoces.

J'ai en tête, pour illustrer ce mécanisme cet exemple fourni par Joël de Rosnay lors du dernier congrès AFSCET.
Si l'on met une brindille perpendiculairement au chemin qu'emprunte une colonie de fourmis pour leur barrer la route et bien les fourmis finiront par contourner la brindille par le côté le plus court.
Le phénomène tient à ce que les fourmis dégagent des phéromones et suivent le chemin qui a la plus forte odeur. Or, au début, les fourmis se distribuent au hasard, de droite et de gauche (c'est l'étape du bouillonnement primitif, au hasard). Cependant, au fil du temps, l'odeur se renforce là où la distance est la plus faible, et donc, petit à petit, ce chemin devient prioritaire et l'autre est vite oublié (si au début, les fourmis se distribuent au hasard, leur vitesse est plus faible sur la distance la plus courte, leur densité augmente et l'odeur se renforce), au bouillonnement initial succède un état stable.
Il n'y a pas ici d'intelligence globale: ce comportement ne devient intelligent que par le sens que nous lui donnons.
Il doit en être de même des synapses dans le cerveau.

Je vois pour ma part un même élan vital (je sais: le terme est très connoté) qui nous vient du fond de l'Univers pour guider nos simples vies. On doit lire Lacan, à mon sens, sans en limiter la porté à l'homme isolé de l'Univers.

Hari

Nota: j'ai toujours en tête cette phrase de Foucault à la fin des mots et des choses:
"l'humanité s'éffacera comme à la mer un visage de sable".
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 10:39
Ruminant les derniers échos que provoque en moi l'écriture de mon précédent article, je me fais la réflexion que la parabole des talents, contée par la Bible, est quand même une bien sale blague et nous a bien pourri le présent, avec les dérives que l'on constate dans "l'américan way of life" qui nous englue.
Qu'en est-il a juste ?

On connait l'histoire:
Un paysan, avant de partir pour faire je ne sais quoi, donne une somme d'argent (des talents) à ces trois serviteurs, puis part un temps, revient et fait les comptes avec sa maisonnée.
Le premier n'a plus rien, le second a conservé le pécule, le dernier l'a fait fructifier.
Notre paysan fait donc comme les enfants qui jouent à 1, 2, 3 soleil. Il ferme les yeux, indifférent à ce qui se passe, compte 1, 2, 3 ouvre les yeux et fait un constat.
Pendant cette absence, il reste ignorant de l'être même de l'Univers, qui par essence bouge, évolue, passe, pour n'en retenir que quelques images épisodiques.
Attitude étrange, entre parenthèses, qui tendrait à prouver que Dieu se foutrait de la façon dont on vit pourvu qu'il en récupère quelque chose (toujours cette petite musique dans ma tête:"tu es mon saigneur oh berger"...). De là à traiter Dieu de juif...
C'est comme au cinéma où l'imperfection de nos sens fait qu'une succession d'images passe à nos yeux pour une perception directe du mouvement.

Le drame vient de l'usage fait de cette parabole par les protestants.
La théorie de Weber est connue: pour le protestant, il importe de faire fructifier ce que Dieu nous a confié et pour en faire la démonstration, il faut que cela ce voit. Il y a là ce glissement propre à l'Humain, qui passe du Réel à l'Imaginaire, et fait sens au niveau Symbolique.
La dérive protestante est là: le moyen s'efface devant le résultat. L'être s'efface devant l'avoir, le mouvement s'arrête pour se chosifier, l'énergie devient pesante (e=mc2), la nourriture matière (fécale) et prend sens par les signes qui la marquent pour qu'enfin le bienheureux parvenu paraisse.
Dans ce passage de l'être à l'avoir, l'aristocrate (dont la devise est du style:"Peu me chaut de subir", ou "Au plaisir de Dieu", ou "Roi ne puis, prince ne daigne, Condé suis") qui étalait son plaisir d'être, prenant l'argent à la pointe de l'épé pour en user, Chrétien par la grâce d'Adrien et de Clovis, s'efface devant le bourgeois, porteur des couleurs protestantes. La jouissance se fait constipation.

Au secours, ils nous plongent dans leur morne univers liophilisé, nous vident  sous perfusion d'images, pour mieux nous engraisser au mac do formaté!

A quand Matrix ?

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /2007 01:37

Il est toujours intéressant de lire en parallèle plusieurs livres traitant de sujets différents : notre esprit, soucieux de s’économiser sans doute, s’efforce toujours d’établir des rapports, des liens ou des oppositions de l’un à l’autre. De même que pour repérer la Grande Ourse dans le ciel, on ne peut s’empêcher d’associer les étoiles entre elles pour repérer la forme d’une casserole.

J’ai donc lu «Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens», avec l’idée qu’il devait y avoir un lien avec l’hypnose, à laquelle je m’étais intéressé l’année dernière (voir les articles précédents "Psycho histoire et manipulation" et "De l'hypnose à Derrida ").

Par ailleurs, j’ai assisté à une sorte de retraite d’un week-end avec des bouddhistes (courant Mahayana pour ceux qui savent) dont la doctrine est résumée dans un livre : «La voie Joyeuse».

Pourquoi cet intérêt pour le bouddhisme me direz-vous ?

C’est une voie d’exploration qui me semble venir naturellement dans le prolongement de la théorie que j’ai développée pour l’analyse des organisations. Avec en particulier cet aspect fractal du modèle dans lequel je cherche à transcrire la théorie lacanienne. Or donc, si l’on garde en mémoire d’une part la structure en 3 strates de Lacan (Réel/ Imaginaire/ Symbolique) et d’autre part le fait qu’il y a solution de continuité de l’homme à la société (avec le même schéma élémentaire de niveau en niveau), dans un même modèle fractal, la question évidente est de se demander, concernant l’étude de l’Homme, quel est le niveau au-delà du Symbolique.

Quand à ma lecture sur l’arnaque, je n’ai pas été déçu : elle m’a fait prendre conscience d’un dysfonctionnement organisationnel qu’il va me falloir approfondir rapidement. La cause de ce dysfonctionnement est le suivant :

On se souviendra que d’un niveau au niveau supérieur, j’ai établi (c’est ma thèse) que la fréquence des transactions diminue (les niveaux supérieurs s’occupent du long terme). Par ailleurs, j’ai proposé de dire qu’un niveau n’intervient que lorsque le niveau inférieur est dans une transaction qui ne peut aboutir (dans une entreprise, on fait appel au chef lorsque l’on ne peut résoudre un problème inattendu).

Ce modèle soulève des questions intéressantes :

-         Que se passe-t-il lorsque, compte tenu de l’inertie du niveau N+1, le niveau N est en situation d’échec, c'est-à-dire durant le laps de temps nécessaire pour alerter N+1, le temps pour celui-ci de se définir par rapport au problème posé, le temps enfin mis par ce dernier pour réorienter les choix offerts au niveau N. Il y a là une période de flottement. Ce temps mort est bien connu par exemple des aviateurs: lorsque survient une circonstance imprévue, il y a une période d'environ 30 secondes nécessaire pour que le pilote retrouve son contrôle. C'est pour diminuer ce temps de latence que les  pilotes s'entraînent sur simulateur.  Il s'agit en effet de limiter la charge de travail du pilote en automatisant un maximum les séries d'actions qu'il est amené à faire en chaque circonstance d'une part et d'accélérer son analyse des situations catastrophiques (au sens propre cette fois-ci!) d'autre part.

-         Dans l’analyse «diachronique» que j’ai proposée j’ai supposé, pour faire simple, qu’un état du niveau N correspond à un état du niveau N+1, mais la réalité peut être moins tranchée. Je m’explique: supposons une caissière face à une ménagère dans un super marché. La politique du chef de rayon est que la file d’attente des clients soit traitée en FIFO (first in, first out). Mais si la fille (blonde et capricieuse) du patron (vindicatif et brutal) du magasin se présente dans la file ou qu’une urgence se présente (femme enceinte, personne malade, petit ami ayant chapardé dans les rayons), la caissière peut avoir des raisons «supérieures» (de niveau N+2)  de modifier l'ordre de passage, entrant en conflit avec les consignes données.

Je pense que ces périodes perturbées sont utilisées dans les séances d’hypnose pour donner accès aux niveaux supérieurs, en troublant le niveau de perception immédiate. La perturbation tient toujours à la saturation du niveau Imaginaire par l’utilisation de plusieurs canaux de communication (la parole et un attouchement, ou bien une odeur, un effet optique) pour se faufiler entre les cerveaux droit et gauche et atteindre le niveau Symbolique. D'ailleurs, la mise en situation de stress est un expédient largement utilisé par les gourous de tout poil pour rendre leur cheptel réceptif. C'était en particulier la pratique de Gurdjieff. N'y a-t-il pas quelque parentèle entre le stress et la transe...

C’est un phénomène similaire qui est utilisé par les arnaqueurs. Prenons la technique de « la porte au nez » ou méthode de la «proposition inacceptable».

Cette méthode est utilisée lorsqu’il y a à la base accord de la personne sollicitée sur la bonne œuvre qui est mise en avant (aide aux enfants malades, lutte contre le SIDA etc…). On peut dire qu’il s’agit d’un accord de niveau élevé (niveau Symbolique). La phase initiale est de rappeler cet accord (pour que la transaction soit activée à ce niveau durant la "manipulation"). Ensuite ; on fait une demande trop forte : par exemple, accompagner des enfants malades 2 heures par jour pendant 2 ans. Ce n’est absolument pas votre préoccupation du moment : vous êtes au marché, en train de choisir une botte de poireaux. Votre univers immédiat (niveau N) est conditionné au niveau imaginaire (niveau N+1) par des considérations du type : limiter la dépense, acheter frais, penser à prendre les enfants d’ici 1 heure chez la nounou, prévoir des plats qui se cuisinent en 30 mn maximum etc...

Un échec au niveau N (Réel) alerte automatiquement le niveau supérieur (Imaginaire N+1) pour réorienter les choix au niveau N. Mais – et c’est là précisément qu’intervient la manipulation – le niveau Symbolique N+2 à été changé immédiatement avant cette activation du niveau Imaginaire N+1.

Avant cette mise en condition, l’état d’esprit de la personne sollicitée était –par exemple- une certaine satisfaction de jouer son rôle de bonne ménagère (comme le serveur des Deux Magots jouait à faire le «serveur », selon Sartres). Donc, si la proposition était intervenue à ce moment, le niveau Imaginaire (N+1) n’aurait vu aucune objection à laisser le niveau N rejeter effectivement la proposition (fuite). C’était une attitude acceptable.

Mais, l’état du niveau N+2 ayant été modifié, la fuite pure et simple au niveau réel N mettrait maintenant le niveau Imaginaire N+1 dans l’embarras, (en contradiction avec l’attitude – Symbolique- affichée). La modification de l’état de N+2, induit une modification des états accessibles à N+1, lorsque le niveau N le sollicite pour résoudre un problème inattendu.

Il faut donc que N+1 réajuste ("imagine") les choix qu'il doit offrir à N (son engagement "réel"), en fonction de l'évolution de l'attitude N+2 qui vient d'avoir lieu. Le niveau N+1 est en état de stress : il doit une réponse alors qu’il doit lui-même se redéfinir (le facteur temps est au cœur de toutes les manipulations).

Vient alors la seconde proposition: faire une présentation d’une heure dans l’école de votre fille jeudi prochain. Intervient ici une notion d’économie : Le niveau Imaginaire se voit proposer une solution de moindre coût, qui ne remet pas en cause fondamentalement tout l’équilibre de la personnalité, mais permet à l’Imaginaire de répondre sans grande dépense à l’attitude Symbolique adoptée.

Cette offre est facilement acceptée, car elle permet de résoudre le conflit précédent à un moindre coût (en minimisant le coût de la remise en cause du niveau N+1). Il y a, dans ce mécanisme, une notion d'économie générale à respecter. Comme tout système, l'Homme cherche à économiser son énergie (il y aurait un parallèle intéressant à établir entre libido, karma et énergie).

Dans ce cas de figure, le fait d'agir directement sur N+2 (sans dépense d’énergie, puisque l'accord est "culturel", donc acquis, il ne s'agit que d'une actualisation, pas d'une modification), pour induire une modification en N+1, voulue en N, permet de mobiliser une grande énergie avec peu de moyens. L’énergie à mobiliser, nécessaire pour changer d’état, augmente de niveau en niveau. Pour modifier le système Symbolique, par exemple, il peut être nécessaire de faire une analyse, longue et coûteuse.

Ce qui est intéressant (et que je n’avais pas encore théorisé) c’est cette possibilité d'agir sur les niveaux supérieurs à partir des niveaux inférieurs. On pense plus souvent au sens descendant du commandement dans les organisations.

On retrouve ici cette notion de montée/descente évoquée dans des articles précédents (Monter / Descendre  ou Le Karma de Lucifer).

Il y a dans la manipulation une connotation d’agilité, de vivacité qui s’explique parfaitement : on ne peut remonter contre le courant qu’en restant inaperçu, en profitant des moments de flottements décrits précédemment. C’est toute la Métis d’Ulysse qu’il faut revoir.

En bien j’ai l’impression qu’il s’agit d’une méthode du même type que mettent en pratique les bouddhistes pour arriver à l’Illumination. Il s’agit là aussi de «remonter le courant», avec cette difficulté supplémentaire que le niveau à atteindre n’est pas descriptible, puisqu'au delà du Symbolique même !

En aparté, on pourrait remarquer que si les bouddhistes cherchent à «remonter le courant» (vers le Dharma, en abandonnant le monde actuel, le Samsara), les taoïstes cherchent à suivre le chemin de moindre résistance, à s’inscrire dans le cours des choses (comprendre le sens du vivant, négocier leur place au sein du Samsara). Ils insistent sur l'impermanence des choses, leurs continuelles transformation que symbolise la peau de tigre tachetée de Fushi, l'inventeur du Yi King.

Cette manipulation déclarée, revendiquée même, par les bouddhistes, me fait un peu renâcler, alors que je souhaiterais ardemment faire l’expérience de la méditation, apaiser mon esprit (diminuer le rythme des transactions), contourner le filtre du Moi (niveau Imaginaire) pour voir ce qu’il en est lorsque l’on arrive à la contemplation du vide. Je suis vraiment très attiré, mais la Voie proposée (fût-elle Joyeuse) n’est pas très excitante !

Je m’imagine bien qu’il faille atteindre un calme parfait pour pouvoir espérer ressentir la présence subtile de ce Je (ou de cette force) qui m’agite (comme le marionnettiste agite sa poupée). Je fais l’analogie avec ces immenses bassins d’eau lourde qu’il faut installer au fond de profondes grottes souterraines, à l’abri de tout rayonnement solaire pour espérer capturer un tachyon vagabond.

Il faudrait avoir un esprit aussi calme que ce lac souterrain pour capter quelque chose d'aussi subtile que cette force vitale.

Voilà, j’ai d’un côté pas mal de développements en perspective, au niveau théorique; et de l'autre, je suis impatient de vivre personnellement cette expérience. Mais je ne me vois pas vraiment suivre la Voie tracée sans broncher.

A suivre donc.

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /2007 09:52

En ruminant (comme d’habitude) mon dernier article, et en particulier le parallèle que j’y esquissais entre la «Voie» bouddhiste et la «Voie» taoïste, la curiosité m’a pris d’aller voir sur le net si j’avais bien interprété la différence entre ces deux «Voies».

 

Il semble qu’une branche chinoise mêlant les deux approches se soit constituée (le bouddhisme Chan, qui a évolué ensuite vers le Zen japonais).

 

Or, le moins qu’on puisse dire est que les différences culturelles entre indous et chinois y éclatent franchement. En effet, si la technique méditative a été retenue (Chan veut dire «méditation silencieuse»), les buts divergent radicalement et avec une virulence dans les propos que je n’aurais pas imaginée:

 

Les bodhisattvas sont des ouvriers qui transportent du fumier..le nirvana et la bodhi sont de vieilles souches où attacher vos ânes. Les douze catégories d'enseignement sacré ne sont qu'une liste de fantômes, du papier pour essuyer le pus des furoncles..qu'est-ce que tout cela a à voir avec la salvation?

Les sages ne s'adressent pas au Bouddha, ce grand assassin qui a attiré tant de gens dans les pièges du démon proxénète

 

Xuanjian

 

Et le but lui-même du Bouddhisme, c'est-à-dire l’Illumination, n’est certes pas leur préoccupation majeure; voyez ce conseil du même Xuanjian:

 

Habillez-vous, mangez, chiez, c'est tout. Il n'y a pas de cycle des morts et des renaissances à craindre, pas de nirvana à atteindre, pas de bodhi à acquérir. Soyez une personne ordinaire, sans rien à accomplir.

 

Donc, fidèles à leur pragmatisme viscéral, les chinois ne s’intéressent qu’à l’aspect opératoire, c'est-à-dire la technique de méditation.

 

Ce contraste met en relief un aspect proprement indo-européen du Bouddhisme : l’exaltation du héros. Bouddha lui-même est le héros qui, par l’Illumination, échappe aux vicissitudes du Monde et atteint son objectif. Dans le même temps, chez les grecs, Ulysse mène sa barque contre vents et marées pour suivre la voie qu’il se trace. Les buts sont différents, les domaines également, mais cette façon de se fixer un objectif et d’exalter les vertus des héros qui luttent contre les éléments pour l'atteindre, fût-il extra-mondain, relève d’un patrimoine commun.

 

Il y a bien sûr d’autres points qui nous semblent familiers dans la doctrine bouddhiste, et ramènent à Dumézil, mais c’est de l’érudition qui nous éloignerait du propos (en fatiguant le lecteur !).

 

On s’étonne moins, maintenant de retrouver la «métis» que l’on croyait propre aux grecs, dans cette manipulation particulière, proche de l’autosuggestion qu’est la méditation bouddhiste.

 

Le propre du Bouddhisme, c’est un acte de foi, un pas que l’on s’engage à sauter. Les efforts pour arriver à la contemplation du Vide (après avoir compris la vacuité de nos représentations et de notre «Moi»), conduisent à un état indicible: l’Illumination.

 

Pour y tendre, toutes les «techniques» sont bonnes, y compris la manipulation de son propre esprit. L’adepte sait qu’il hallucine le monde, mais au lieu, comme le taoïste de nettoyer sa vision du Monde, de coller au terrain, il travaille cette vision, il la modèle, manipule et oriente son esprit pour atteindre son but.

 

C’est l’antithèse d’une attitude taoïste

 

Cet oubli du Monde me gène dans la démarche bouddhiste : le but visé est tout pour l’adepte. Sa vie quotidienne, le monde tels qu’ils lui apparaissent doivent s’effacer, seule doit rester la détermination à atteindre le but.

 

Que l'Univers soit le tout de mon cru n'est pas forcément une pensée eschatologique, si vous me suivez bien (ça va être difficile à traduire!)....

Je ne vois pas tout à fait les choses ainsi. Je comprends, bien sûr, tout ce qui nous est dit sur la perception du Monde (qui est très proche du discours lacanien en fait), le fait même que nous hallucinions le monde, mais derrière cela, il doit rester quelques mécanismes que l’on ne peut rejeter si vite. Pour tout dire, je ne pense pas que le Bouddha, après l’Illumination (je fais même ce pari) puisse se passer totalement de l’existence des êtres inférieurs, que le Dharma puisse exister hors du Samsara.

 

La nature nous montre partout (malgré tous les biais dont sont affectés nos sens) qu’il y a une hiérarchie des êtres, que de façon générale les gros mangent les petits et qu’il faut beaucoup de proies pour nourrir un prédateur.

 

Or, le bouddhisme prescrit la recherche par l’adepte, d’un refuge auprès des Bouddhas, il y a également la nécessité de leur faire des offrandes pour s’attirer leur bénédiction. Des flux sont donc établis des uns aux autres (la roue continue de tourner), pourquoi dès lors exclure que ces flux (ces transactions) puissent répondre à une certaine économie ?

 

« Tu es mon saigneur oh berger !» encore et toujours la même petite musique quelque part dans ma tête, propre à faire reconsidérer les formules un peu rudes de l’ami Xuanjian….

 

J’ai l’air dubitatif, mais ne puis m'empêcher d'espérer quelque part, que le «Grand Véhicule» des bouddhistes soit le vaisseau que je recherche, celui qui nous ouvrirait les portes de l'Univers?

 

 

 

A suivre donc….

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /2008 06:32
En feuilletant le Tao Te King, que l'on vient de m'offrir pour mon anniversaire (ceci ne nous rajeunit pas) je tombe sur le chapitre 11 du livre 1, qui traite du Tao:

undefined  "Trente rais se réunissent autour d'un moyeu. C'est de son vide que dépend l'usage du char.
On pétrit de la terre glaise pour faire des vases.
C'est de son vide que dépend l'usage des vases.
On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C'est de leur vide que dépend l'usage de la maison.
C'est pourquoi l'utilité vient de l'être, l'usage naît du non-être."

On retrouve l'image de la roue, composée de rayons qui tous convergent vers le moyeu, chez les boudhistes où elle représente  l'enseignement de Bouddha ou Dharma
. Ici l'accent est mis sur l'idée de rotation: Bouddha tourne 3 fois la roue du Dharma. En effet les mots ne peuvent qu'être des indices de la voie, qu'il faut reprendre de différentes façons, pour affiner le balisage.


dharma-akra-court.jpg
Or, l'essence de cet enseignement c'est que la libération vient par la contemplation de la vacuité (qui n'est pas le vide, mais plutôt les potentialités qu'il porte, comme un big bang "personnel", si ce dernier terme a un sens). On retrouve bien là l'idée taoïste du Tao Te King.
 
"L'utilité vient de l'être, l'usage du non-être".

Il y a là à méditer, et ça me renvoie personnellement à mon interrogation sur "être et ne pas être".

Le problème n’est pas de s'évader dans des considérations intellectuelles, mais d'essayer de rester au plus près d'une évidence à saisir. Peut-être pourrons-nous bientôt éclairer ce texte d'un jour nouveau, simplement parce qu'entre temps notre langage s'est constitué, parce qu'aujourd'hui, nous avons forgé les concepts de relativité, de mécanique quantique, parce que de l'Orient, nous sommes passés à l'Occident. Peut-être tout tient-il dans une balance de l'un à l'autre, du Ying, passif, le non-agir taoïste, au Yang, actif, grec pour tout dire. Je vous renvoie à ce sujet au traité de l'efficacité de François Jullien.

Et puisque nous en sommes aux réminiscences, il se trouve qu'un ami m'indique aujourd'hui que l'article de Wikipédia sur Raymond Abellio a été profondément remanié. Abellio, celui qui est à l'origine de ma démarche, des recherches qui m'amenèrent à l'étude du Yi King.
 
Ce retour de ma lecture immédiate du Tao Te King vers ce souvenir d'Abellio, donne sens (pour moi) à cette image de la roue. J'éprouve intimement le sentiment de tourner en rond autour de quelque chose d'indicible, d'un vide qui m'habite (la peur de la mort, sans doute, qui me creuse par avance) et que je décore de discours. Je tourne en rond comme ces indiens qui dansent autour d'un totem  en lançant leurs incantations pour honorer un dieu espéré ou un écarter un démon redouté, comme ces derviches tourneurs qui cherchent la transe.

Derviche-Tourneur-copie-1.jpg  
Tout un chacun, sans doute, tourne autour d'une aporie qui le gratte quelque part, la mienne est trop obsédante pour me laisser en repos, et je tourne autour de ce vide que je ne peux éviter, de cette vacuité que je ne sais atteindre, ou que je ne me sens pas le courage d'atteindre, trop dure la méditation, encore trop incertaine la voie.
 


Mais revenons sur ce vers qui me ronge: l'utilité vient de l'être, l'usage du non-être.

Il s'agit bien entendu d'une traduction, on ne peut donc pas trop se fier aux mots utilisés, néanmoins, je serais tenté d'y lire ceci:
·         "Utilité" renvoie à un sens pour "Moi", il s'agirait donc ici d'Imaginaire, au sens de Lacan, l'être en question n'étant que le Moi du susdit être, son image, fabriquée, précisément autour des problèmes  rencontrés pendant sa constitution (complexe d'Oedipe etc...).
·         "Usage" ramène au plus concret du réel, c'est ce que l'on fait, pas ce que l'on en dit, Nous serions ici dans le domaine du Réel, toujours au sens de Lacan, et bien entendu, en deçà de l'Imaginaire, dans le « ça »; là où la représentation de l'être n'existe pas encore, avant le langage.

Ce changement de niveau fait que l'on puisse à la fois être et ne pas être. Cette simultanéité est du même ordre que celle que l'on retrouve dans le paradoxe du menteur:

"Je suis un menteur"
est une phrase impossible et pourtant, le fait est plausible (je me connais).

Là aussi la langue n'arrive que maladroitement à exprimer la réalité: les règles du langage, qui règlent notre pensée, ne sont pas celles de la nature, fût-elle humaine... 
Le langage serait comme la caisse que Saint Exupéry dessine au Petit Prince faute de pouvoir saisir l'essence d'un mouton. Il y a là encore balancement entre l'utilité pour moi de l'objet (la caisse / le verbe) et l'usage que l'on en fait, qui est de retenir en son creux un référent qui s'échappe.

Bonne méditation pour les uns et bonne fermentation pour les autres à qui je lève mon verre...

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 18:09

J’ai reçu récemment d’un ami cet email :

"http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/physique-1/d/un-univers-jumeau-avant-le-big-bang_15243/

La Réalité est souvent bien au-delà de toutes nos certitudes...

Cqfd"

Je pense en fait que l’ami en question, par cet article concernant une thèse selon laquelle un autre univers a précédé le nôtre, avant le Big Bang donc, cherchait à me montrer qu’au-delà de mes propres certitudes, il y a bien des choses que j’ignore.

C’est vrai que parfois je dois paraître bien pédant à ressasser quelques vérités à mes yeux premières, d'où cette petite leçon d'humilité sans doute. Pourtant cet exemple me semblait bien mal adapté à l’usage qu’on lui destinait.

En effet, que nous dit-on ?

Qu’avant notre Univers, avant le Big Bang, existait un autre Univers. La thèse est peut-être difficile à comprendre parce qu’elle utilise un vocabulaire scientifique pointu, que seuls quelques personnes peuvent comprendre et discuter, cependant, la problématique posée est vieille comme le Monde.

Les Incas, par exemple pensaient que nous vivions dans le 4ème Univers qui a existé (pour vous épargner des lectures fastidieuses, reportez-vous aux aventures de Corto Maltès dans l’album Mû).

Plus proche de nous, la Bible nous parle du déluge qui fît disparaître un monde pour que de celui-ci surgisse le nôtre. D’ailleurs, le mythe du déluge est extrêmement ancien : on le retrouve dans les aventure de Gilgamesh, le premier roman akkadien de l’histoire qui a aussi bien inspiré les récits mythologiques grecques, que religieux judaïques. Ce mythe est non seulement très ancien, mais également connu dans d’innombrables civilisations d’un bout à l’autre de la Terre.

Et d’une façon encore plus archaïque, les tribus africaines ont en commun cette idée qu’avant le monde des hommes existaient de grands anciens.

On pourrait encore se référer aux Bouddhistes, pour qui Siddhartha Gotama est le 4ème Bouddha de cet éon fortuné (qui en connaîtra 10.000), mais cet éon n’est ni le premier, ni le dernier.

Vous me direz que je suis hors sujet : la mécanique quantique comme la relativité n’ont rien à voir avec ces croyances.

Pas si sûr, car en fait cette théorie tente de répondre à une question vieille comme le monde, à laquelle chaque civilisation a tenté de répondre à sa manière. De tout temps, les hommes sont frappés par la succession de cycles qui règlent leur vie : le jour et la nuit, le cycle des saisons, sans parler des cycles lunaire et annuel. Par contraste, l'histoire des hommes se développe en un cycle ouvert, les hommes portent en eux une évolution : ils sont historiques, contrairement aux animaux. Ils savent qu’ils naissent et meurent, que les villes qu’ils établissent, leurs civilisations même vivent et meurent. La raison commande d’inscrire ces évolutions dans des cycles à long terme. Et tout l’effort des hommes tendra à «fermer la boucle». Sinon il y a hiatus, cassure, chaos. J’appelle ce type de problème un « effet de bord ».

C'est-à-dire que nous n’arrivons pas à imaginer quelque chose avant le début ou après la fin. L’impossibilité d’imaginer cela est portée par les mots eux-mêmes : avant le début comme après la fin sont des non-sens.

S’il n’y a pas d’écoulement du temps avant le début, ni après la fin, l’un comme l’autre accolés au néant, ne pourrions-nous pas dire qu’il y a une durée nulle entre le début et la fin des temps, autrement dit qu’ils sont contemporains ?

Dans cet ordre d'idées, pourquoi ne pas imaginer que la fin de l'Univers d'avant le Big Bang, dont parle cette nouvelle théorie, n'est autre que la propre fin de notre Univers actuel. Nous avons alors reconstitué un cycle, pensée somme toute en harmonie avec notre forme de pensée et qui évite le recours à une suite infinie d'Univers.

Difficile de s’imaginer parcourir le temps, mais l’espace pose le même type d’ «effet de bord».

Tant que l'on pensait la Terre plate, il y avait un problème de "bord". Les marins de l’antiquité, jusqu’à Christophe Colomb en fait, avaient peur de « tomber » dans le vide s’ils atteignaient le bord du monde.

Et puis, comment expliquer que le monde tienne sur « rien » ?

Les chinois, par exemple, pensaient que la Terre était portée par une tortue géante. Mais sur quoi reposait cette tortue, me direz-vous. Et bien c’est simple : sur une autre tortue, et ainsi de suite en une régression infinie. Il n’est pas inintéressant de se souvenir que les idéogrammes chinois étaient à l’origine les figures formées par les craquelures des carcasses de tortues que l’on jetait au feu pour y deviner l’avenir. D’une certaine manière le monde était porté par le verbe, ce qui fait un rapprochement inattendu avec la Bible : au début était le verbe.

Vous allez me dire que je fais des enchaînements de présentateur de télé, mais effectivement, nos représentations, nos imaginations, nos découvertes mêmes sont limitées par notre verbe. Notre questionnement est porté par notre possibilité de l’exprimer, de le mouler dans notre langue. La façon dont nous sommes capables de l’exprimer (au sens ou l’on exprime le jus d’un citron) est modelé par notre langue (Lalangue de notre mère comme dirait Lacan).

En ce qui concerne la Terre, le problème est résolu lorsque l'on conçoit la Terre comme ronde. Le français (ou le latin) pour cela dit bien ce qu'il veut dire : on "résout" le problème comme on trouve une "solution" à un "calcul".
C'est à dire, littéralement que l'on dissout (solution/résoudre) la pierre (le calcul).
Dit autrement: on a la réponse finale quand la question ne se pose plus, ou mieux: il n'y a jamais de réponse, simplement des questions qui ne se "posent plus", qui ne s'énoncent plus.

Nous rejoignons alors le domaine de l'"indicible".
C’est pourquoi, sans doute, le Bouddhisme, qui n’est pas une religion basée sur un écrit, me semble en cela supérieure aux religions du Livre. Bouddha, pour enseigner tourne 3 fois la roue du Dharma, et cet enseignement n’est pas non contradictoire, car il tient compte de l’évolution de son auditoire, d’un tour de roue à l’autre. Ce besoin de trouver plusieurs sens (le sens derrière le sens) à la lecture d’un texte explique peut-être la démarche des hermétismes et autres kabbalistes?

Pour donner un exemple simple de problème lié au fait de "dire", prenez le paradoxe du menteur:
Si je dis :
"Je mens":
Ou bien je dis vrai, ma phrase est vraie, donc je mens, et mon hypothèse est fausse,
Ou bien je mens, ma phrase est fausse, donc je ne mens pas et mon hypothèse est fausse.
Ce type de phrase indécidable, transgresse la logique élémentaire qui stipule qu'une assertion doit être vraie ou fausse, mais pas les deux ou ni l'un ni l'autre (principe du tiers exclu des grecs).
C'est ce type de limite qui me fait douter que l'on puisse imaginer mettre la vérité en phrases.

Pour en revenir à l'Univers, je pense personnellement qu'il faut trouver un modèle "fractal" dans toutes ses dimensions (tant spatiales que temporelles), c'est le sens de tous mes développements.
Ceci veut dire, en particulier, que l'on existe sur plusieurs plans de temps, que nous étions, d'une certaine façon déjà présents au commencement des temps, et que nous serons là à la fin des temps, et de plus que la durée du début à la fin (d'une certaine façon) est nulle. Pour avoir une image de ce à quoi je fais allusion, je vous engage à voir des images fractales.
De la même façon, je pense qu'une distance infinie sépare mon pouce de mon index: en effet, si "à l'extérieur de l'univers", il n'y a plus rien, donc pas de distance, alors, en passant par l'extérieur les points opposés de l'Univers sont à une distance nulle. Corollaire: entre mes deux doigts serrés l’un contre l’autre, je peux faire tenir l'Univers entier.

D’ailleurs, vu la taille initiale de l’Univers lors du Big Bang, je n’aurais eu à l’époque aucun mal à le tenir entre mon pouce et mon indexe serrés l’un contre l’autre. (Bien entendu, cette expérience était impossible, puisque précisément, à l’époque du Big Bang, tout ce qui me constitue actuellement était dans cet Univers minuscule, et donc je n’aurais pas pu le tenir de l’extérieur, puisque j’étais dedans…)

Comme le disait mon ami "la réalité est au-delà de nos certitudes", mais sans doute bien au-delà de ce que lui-même est près à imaginer !

"Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en rêve votre philosophie." disait Hamlet à Horatio, mais de nous deux, qui est Hamlet, qui est Horatio ?

Hari

PS, en cherchant une illustration représentant la Terre portée par une tortue, je tombe sur ce
site, qui rapporte ce propos de Lacan:
 "je me suis aperçu d'une chose, c'est que, peut-être, que je ne suis lacanien que parce que j'ai fait du chinois autrefois"
Etonnant, non ?

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 13:53

Voilà, je me retrouve établi dans une autre sinécure, à Abidjan, sur un nouveau projet. Je quitte Nouméa sur une fin de contrat, pour reprendre un projet à son début : c’est ce que j’aime dans ce métier, la possibilité de construire au sens le plus basique, comme un bousier roule sa boule.

Phase un peu délétère du projet où l'équipe se met en place, l’essentiel sera d’éviter les écueils dans cette sorte de rafting industriel, mais les rapides sont encore à quelque distance.

J’en ai profité pour aller régler quelques affaires à Nouméa où j’ai, par chance, assisté à une transmission de pouvoir du bouddha de la compassion Avalokiteshvara avec un invité de choix : Guèn Rabten venu d’Australie pour la circonstance. Je suis reparti de Nouméa par le même avion que lui, ce qui nous a permis de discuter un peu en salle d’attente.

J’ai essayé d’amener la conversation sur le point suivant : est-ce que l’imagerie dont s’entoure le bouddhisme, issue de la culture ambiante indoue, et qui a pour vocation de facilité la transmission de l’enseignement bouddhiste dans cette culture, n’est pas un obstacle pour un européen. En effet, ce dernier doit assimiler une culture nouvelle, une imagerie qui lui est largement étrangère, comme préalable à l’enseignement proprement dit. La conversation a dévié sur les différences culturelles, mais je n’ai pas eu de réponse….

J’y reviendrai lors de notre prochaine rencontre, en novembre à Paris.

Puis, je tombe sur ce numéro hors série du Point alors que l’on n'entend parler que de la réédition de Lévy Strauss à la Pléiade (qu’il me faudra lire, forcément lire). Quelle chance d’être en France et d’avoir ce genre de périodiques !

Enfin je comprends un peu mieux la filiation entre Husserl et Descartes à travers l’article sur Sartre (et donc le substrat phénoménologique d’Abellio, à la base de mes développements):

Nous n’avons pas d’appréhension directe des choses, simplement notre point de vue.

Toutes ces savantes discussions pour en arriver là : appliquer  dans le domaine de la perception humaine le principe de relativité qui se propage de proche en proche dans toutes les sphères de l'entendement depuis l'antiquité et marque dans sa progression, le progrès de la connaissance humaine.

C’est tellement évident, mais dit de façon bien alambiquée par Sartre, qui en fait se dépeint plus qu’il  n’avance dans la théorie.

C’est normal : la pensée s’élabore avant de disposer des outils adéquats. C’est la même chose en mathématiques : d’abord un génie résout un problème dont il a l’intuition, puis il élabore les concepts nécessaires au dialogue, afin d’emporter l’adhésion de ses pairs.

Un enfant de 9 ans d’aujourd’hui connaît ses tables de multiplication, mais combien de millénaires ont-ils été nécessaires pour mettre au point la numérotation décimale qui nous est triviale ?

Autre découverte de Sartre : l’Homme n’ «est» rien en soi, sa conscience est «conscience de quelque chose», simple tension vers le Monde. L’Homme, par sa conscience n’est pas, mais ex-iste. Ce qui est amusant, c’est que ce néant lui donne la nausée, alors que depuis 2500 ans, les bouddhistes, cherchent à se fondre dans cette vacuité pour atteindre à l’état de Bouddha.

Quand je vous disais que Sartre nous parle de lui à travers sa philosophie !

Aurait-il seulement été philosophe s’il avait été beau ?

Car enfin, d’un même constat (la vacuité de l’Etre), c’est bien l’intention qui détermine la position philosophie de Sartre ou de Bouddha. Nous retrouvons ici, au niveau de l'élaboration des concepts le même relativisme qu'au niveau de l'observation des choses de la nature.

Ce recul dans la réflexion, cette prise de conscience permet d'élargir le domaine d'application du principe de relativité et en ce sens, marque me semble-t-il un progrès.

Ceci me fait penser à cette blague célèbre : un ange et un démon parlent boutique et se racontent leur univers. Le démon dit : c’est terrible en enfer, nous sommes tous attablés à un grand banquet, où sont servis les mets les plus délicats mais nous n’arrivons pas à manger parce que les couverts sont trop longs et ne permettent pas de porter les aliments à la bouche. L’ange dit : le paradis, c’est un endroit merveilleux, où nous sommes tous attablés à un grand banquet, et nous avons nous aussi de très grands couverts, ce qui nous donne la joie de nous nourrir les uns les autres…..

Pas sûr que l’enfer ce soit les autres.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /2008 16:56


Voyez comment vont les choses, au moment précis d'écrire le titre de cet article, ma plume a langué et ce titre là m'est venu au lieu de celui-ci "l'Oedipe de Colone", censé couronner un petit texte pondu ce dimande (ils me paraissent un peu long ces temps-ci).
Bref, voici le morceau de bravoure en question, qui me vint à la lecture de 2 pages de "Le Moi dans la théorie de Freud":


Nous en sommes au point où Lacan essaie d’amener son auditoire à concevoir ce que Freud entend par «au-delà  du principe de plaisir» et en quoi la pulsion de répétition peut être comprise comme principe de mort, quoique le mot même puisse porter à confusion.
Lacan revient sur le mythe  d’Œdipe et s’attarde sur sa fin, une fois son destin accompli, sa mort à Colone.

L’idée c’est qu’au-delà de la parole qui porte le sujet, il n’y a rien. Ce qui s’illustre dans Œdipe par le fait qu’une fois son destin accompli, une fois qu’il a déroulé le fil de la parole qui le porte, qui l’exprime, qui le défini, il n’est que vide. Lacan met en exergue cette parole d’Œdipe, à cette période de sa vie :

« Est-ce que c’est au moment où je ne suis rien que je deviens homme ? »

C’est là, nous dit-il, que commence l’au-delà du principe du plaisir. Ce que le chœur antique commente ainsi:
« Mieux vaut en fin de compte n’être jamais né, et si l’on est né mourir le plus vite possible.»

N’est-ce pas là une thématique qui présente quelque résonnance rendant accessible à l’occidental que je suis, certaine approche bouddhiste.

Il y avait déjà l'dée suivante à laquelle j’étais parvenu: le Moi qui se développe sur le principe du plaisir, en réaction au monde (au Samsara en terme bouddhistes) me rend malheureux. Malheureux pour ainsi dire de façon mécanique, parce que je m’attache aux images qui fascinent mon attention. C’était du domaine de l’imaginaire.

Mais là nous sommes ailleurs, dans le domaine de la parole, du symbolique. Et ce qui est dit, c’est qu’au-delà, lorsque j’arrête de tourner comme un hamster dans ma cage, il n’y a rien et que je meurs.

Et Lacan cite ces propos de Freud :

«Ne croyez pas que la vie soit une déesse exaltante surgie pour aboutir à la plus belle des formes, qu’il y ait dans la vie la moindre force d’accomplissement et de progrès. La vie est une boursouflure, une moisissure, elle n’est caractérisée par rien d’autre que par son aptitude à la mort».

La vie, continue Lacan, c’est cela – un détour, un détour obstiné, par lui-même transitoire et caduc et dépourvu de signification.

Une petite musique dans ma tête:

              «[...] La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur
   Qui, son heure durant, se pavane et s’agite
   Et puis qu’on n’entend plus : un histoire contée
   Par un idiot, pleine de bruit et de fureur
   Et qui ne veut rien dire. […]» (dans Macbeth)

Cette voix (voie) qui s'élève et que l'on suit, au cœur de l’Occident, est ce que nous avons de plus précieux à livrer au Monde. Une démarche de plus de 2500 ans pour nous délivrer des dieux. Ce nettoyage de longue haleine correspond, dans son mouvement actuel, à un détachement progressif et conscient de cet humanisme (bonjour Foucault!) surgi dans nos représentations au siècle des Lumières et qui fût pour un temps la respiration nécessaire à ce vaste mouvement.

Cette démarche ne doit pas rester une simple prise de conscience intellectuelle et je comprends bien qu’une analyse me soit indispensable.
Une fois le pas franchi, et j’anticipe sur ce nettoyage personnel qu’il me faudra entreprendre, il y a quand même dans le propos de Lacan le mot «obstiné» qui subsiste. Mais, qu’est-ce donc qui peut bien s’obstiner ainsi ?


On voit par là que la pièce n’est pas jouée.

Revenons à nos bouddhistes : il y a dans la contemplation de la vacuité différents niveaux: l'illumination se fait par paliers, comme l'enseignement lui-même (Bouddha fait tourner la roue du Dharma pour aider le diciple à entrer dans le discours; belle figure de répétition obstinée, pour dire qu'il doit "con/prendre" la voix pour entrer dans la Voie).
Je pense que ressentir effectivement la vacuité du «Moi» reste au niveau dit «subtil» et qu’au-delà, l’expérience de la vacuité du «Je» s’apparente à l’exercice porté au niveau «très subtil». Et l’on pourrait réécrire ainsi la phrase d’Œdipe :

«Est-ce que c’est au moment où je ne suis rien que je deviens Bouddha ?»

 Il y a d’autres rapprochements à faire encore : dans le cycle (encore des répétitions) de ses méditations, le bouddhiste doit se convaincre de la souffrance des renaissances dans des règnes inférieurs (j’avoue que sur ce point j’ai le plus grand mal à suivre). Or, les images de la mort que donnent Freud comme Lacan me semblent pour un occidental, plus repoussantes que celles des bouddhistes. Lorsque Freud ressent la mort, dans son rêve sur l’injection d’Irma, ou lorsque qu’il l’évoque comme une «boursoufflure, une moisissure», ce sont là des images qui me choquent plus que d’imaginer des enfers de lames de rasoirs ou autres charbons ardents. En ce sens une approche occidentale de la tradition bouddhiste ne semblerait pas inutile à sa pratique.

Mais le iatus entre la théorie psychanalytique et le bouddhisme, c’est bien cette notion bouddhiste d’incarnation d’un «quelque-chose», soumis aux lois de l’inertie -le karma- (ce qui entre parenthèses reste très freudien) sans début ni fin et dont on se demande bien par quelle nécessité il est obligé de (il s’obstine à) prendre les formes successives qui l’incommodent tant.


Gardons le moral et haut les coeurs,
Hari


PS 1: j'ai un doute: en parlant de cet Oedipe qui déconne, je me demande si ce n'est pas moi, qui me suis vu à sa place, en position de déconner ?
L'idiot du jeu ?
Ne me faites pas dire qu'en me prenant pour l'idiot dont parle Macbeth, je me prenne pour dieu, car là c'est grave docteur !
L'analyse va devenir une nécessité thérapeutique, vous allez voir !

PS 2: Je relis aujourd'hui ce texte "
Un deux trois soleil", dans lequel, je parlais déjà du principe de répétition, il y a plus d'un an et je me rends compte que moi-même, je tourne toujours autour des mêmes idées, parfaite illustration d'une pulsion de répétition à l'oeuvre. Ce qui change d'un texte à l'autre, c'est d'avoir fréquenté entre temps quelques bouddhistes, et peut-être mieux appréhendé la différenciation Symbolique / Imaginaire.
Ce retour sans fin s'étend à toute la cosmologie (voir l'article"Hic et Nunc") où je reviens sans cesse sur les mêmes traces, même après de longues périodes...

PS 3: En relisant le PS 2, j'ai l'image des Dupondt (deux idiots...) tournant en rond sur la Lune et retombant sur leurs pas.
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 20:27
Ouf, après presque 2 ans, j'ai enfin terminé la lecture du tome II du séminaire de Lacan, plus que 23 et j'ai fini.
Mais je n'ai certes pas fini d'y revenir, car quelle leçon!

La fin du livre en particulier, là où il se lâche un peu sur sa définition du symbole, mérite le détour. Et il y insiste encore sur son rapprochement avec la cybernétique.
Laissons de côté toute l'approche pédagogique pour arriver au coeur de sa réflexion; tout symbole peut se résumer à une série de 0 et de 1 ou mieux: au passage possible de l'un à l'autre. Et cette faculté de passer de l'un à l'autre est proprement l'essence du symbole. Autrement dit lorsque je pose le symbole "1", c'est qu'en creux, ce symbole pourrait être "0". Le symbole marque une place potentielle, ce qui permet le jugement, le jeu, en bref l'humain.



L'ordre du symbolique, c'est l'ordre de la scansion, de la rupture de la succession des états.







Le réel, quand à lui, est "plein". Les objets "sont", point barre. Ils n'ont aucune tension, aucune urgence, aucun coup à jouer. Le joueur d'échecs par exemple cherche à avoir le "trait", c'est à dire le coup d'avance sur l'Autre qui lui permettra de survivre. La réalité, elle, s'en moque, comme les
pépins dont parle Prévert.



C'est en ce sens qu'au-delà du principe du désir (qui en gauchissant notre conscience du réel produit notre imaginaire) la possibilité du vide propre au symbolique est cet instinct de mort dont on s'inquiète tant. L'idée de ma mort, c'est bien cette peur que j'ai de ne plus être et nous sommes bien là dans le domaine du symbolique, puisqu'au niveau du réel ceci n'a aucun sens: dès l'instant où "je" meurt, "je" ne peux être dans aucun état, puisque "je" n'existe plus.
Et cet instinct de mort est fondamentalement lié au principe de répétition puisque la notion même de "répétition" qui implique la possibilité de changer d'état, ou d'évoluer, est équivalent à la possibilité que "1" succède à "0".

On voit par là comment, par des considérations complètement hors de la cybernétique, Lacan retrouve pratiquement le fondement de la machine de Turing !
Extraordinaire rapprochement !

Et cette lecture m'amène à reprendre le second article de ce blog où j'envisageais la possibilité à la fois d'être et de ne pas être. Je posais alors la question de savoir si Dieu pouvait être et ne pas être.
A la lumière de ce qui précède, la réponse évidente serait que Dieu soit symbole.

Ce qui, je vous l'accorde bien volontiers, ne résoud rien.

Sur ce, bonne digestion (mangez des pommes) et au plaisir (de Dieu bien sûr!).

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 14:15
Pas mal de bribes de discours tournent dans ma tête en ce moment, et puis, ce matin une idée se scotche à moi: il y a une parentèle entre la falsification de Popper et l'instinct de mort de Freud (expliqué par Lacan, toujours).
Le symbolisme se résume à la capacité d'indiquer ou non quelque chose, le symbole représente, mais pourrait tout aussi bien ne pas représenter, passer d'un état à l'autre, et cette mutation potentielle (le livre des mutations, le Ki king!) est la marque du symbolique.
Dans le domaine scientifique, une théorie est acceptable tant qu'une expérience, ou un raisonnement ne prouve pas sa fausseté. Toute théorie est donc éminemment symbolique, car malgré sa prétention à représenter la réalité, elle est toujours potentiellement fausse.
Ce qui revient à dire que la science est par essence un langage, c'est peut-être trivial, mais fixe bien son statut de praxis au sens Lacanien du terme. A savoir une manière de traiter le réel par le symbolique. La science n'a pas valeur de vérité, et n'est pas sur le même terrain qu'une religion.

Doit-on s'étonner d'une telle rencontre entre Popper et Freud, qui tous deux ont tourné autour du cercle de Vienne. Sans y participer activement, au moins en eurent-ils quelques échos.

Ce qui rejoint par un biais insolite des réflexions que je me faisais hier en regardant une émission sur KURTRAJEME Productions.
J'étais impressionné par la vitalité qui se dégageait de ce collectif, et je faisais un rapprochement avec la troupe du Splendid, celle du café de la Gare de Romain Bouteille et puis, en remontant le temps, celle d'Hervé Villard à Avignon.
Je recherchais d'autres exemples de tels groupes sources d'un jaillissement d'idées. Je pensais alors au clan Curie pour l'aventure française de l'énergie atomique, à l'école de Copenhague pour la théorie quantique, et d'autres encore, qui arrivent en foule: le groupe Dada, les Surréalistes, et les peintres du Bateau  Lavoir, Montparnasse et finalement, le Cercle de Vienne, pour commencer le XXème siècle.

Un domaine de recherche intéressant serait sans doute d'expliciter les conditions d'éclosion de tels tourbillons germinatifs, pour en faire éclore 1000 ou 100 000 dans nos écoles, sur nos places publiques, à l'université comme dans le 93. Que la France bouge enfin son cul.

Et moi-même ne vais pas tarder à me lever, c'est l'heure de l'apéro, autre lieu de regroupement, mais là, on tombe dans les brèves de comptoir !
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés