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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 10 2007 03:12
Je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à ce bébé arrêté par un gendarme sur ordre d'un préfet.
Un tribunal a arrêté la procédure parce qu'elle était un "traitement inhumain".
Nous sommes en France, où les gendarmes ont déjà fusillé des poilus dans les tranchées en 17; emmené des juifs au vel d'Hiv et sont à l'origine de la majorité des erreurs judiciaires dont nous souffrons.

Alors que la veille, j'ai vu un documentaire sur des bushmen, dans le Kalahari, sans rien, mais si précautionneux de la nature, ne prélevant que le strict nécessaire (et chez eux, c'est peu).
Ils trouvent un nid d'autruches avec 5 oeufs, ils en choisissent 2, vérifient qu'ils ne sont pas fécondés, pour ne pas supprimer de vie inutilement et font à même le sable chauffé à blanc, une omelette pour toute la tribu. Bien sur, si on l'aime baveuse, comme moi, c'est raté, mais enfin, je me suis senti très proche de ces hommes.
Quand je pense à ces gendarmes, sortant, de la même école républicaine que moi, portés par le même langage, les mêmes références culturelles que moi, j'ai envie soudain de devenir bushman et de m'oublier dans le désert...

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : politique
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 10 2007 23:38
J'entendais hier à la radio que Microsoft a été condamné à 800 millions d'Euros pour position dominante abusive (quelque chose comme cela).
Bref, Microsoft va devoir rendre ses logiciels accessibles aux autres développeurs.

J'ai été très étonné d'apprendre qu'à l'annonce du verdict  Microsoft  ai renoncé à faire appel.

Y aurait-il quelqu'un d'intelligent chez eux?
Je ne peux pas croire qu'il s'agisse d'une simple question d'argent: 800 M€ n'est pas suffisant pour les faire reculer, non.
Mais y a-t-il là-bas, dans un bureau au 36 ème étage de la Tyrel Corporation (cf Blade Runner pour ceux qui savent) quelqu'un qui ai compris que le sens de l'évolution c'est la souplesse, qu'il n'y a pas de vie en vase clos et qu'il faut autoriser les échanges avec le milieu ambiant pour survivre?
Y a-t-il quelqu'un d'assez fûté dans cette tour d'ivoire pour comprendre que cette défaite était une aubaine, peut-être le coup de pied au cul nécessaire à Microsoft pour battre Linux?
Une sorte de Sun Tzu qui profite des dispositions du terrain pour donner l'impulsion salvatrice à Microsoft, simplement en ne faisant pas appel.
Un adepte du taoïsme dont l'action minimaliste (la non-action dans ce cas) aurait toutes les chances de passer inaperçue?

On peut douter d'une pareille approche chez un américain, bien sûr, et j'ai bien peur (et j'enrage pour Linux) que Microsoft n'ai même pas conscience da la chance qu'ils ont eu de perdre ce procès.

Hari
Par Hari Seldon
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 08:43

Homme quantique, homme fractal
Je n’arrête pas de rebondir d’article en article sur les réflexions inspirées par cette émission sur Bob Dylan.
Je m’étais pourtant promis d’être sage –promis juré- suspension générale du jugement pour être entièrement à l’écoute de l’enseignement bouddhiste, dispensé par Thierry dans ce petit temple si cosy, au creux de la vallée de la Tyr.
Mais cette idée qui se cristallisait sous les touches du clavier, en rédigeant mon dernier article, cette hypothèse soulevée, selon laquelle nous pourrions à la fois être et ne pas être, me renvoie à d’autres pistes entr’aperçues.
Je n’ai ni le savoir, ni l’agilité d’esprit pour faire moi-même le pont théorique entre ce que je décris comme analyse diachronique (c'est-à-dire la vision de toute organisation comme un empilement de strates superposées, caractérisées chacune par une fréquence propre) et une représentation des organisations comme des modèles fractals.
Mais l’idée est la suivante: alors que dans la réalité matérielle, le temps s’écoulerait linéairement, et aurait une dimension égale à l’unité, notre incapacité à combler de nos représentations cet univers «compact» dans lequel nous baignons, nous ferait développer des «organisations fractales» pour appréhender le temps, représentations dans lesquelles, la dimension temporelle serait inférieure à 1.
De même qu’une éponge peut-être caractérisée par une dimension inférieure à 3, pour rendre compte du fait qu’elle n’occupe pas pleinement l’espace dans lequel elle s’inscrit.
C’est un peu une remise en cause du «carpe diem» dont on nous rebat les oreilles, pour nous culpabiliser de ne pas coller à la réalité, nous laisser distraire par notre imaginaire, mais sommes nous vraiment capables d’autre chose?
Nous sommes toujours sur plusieurs plans d’existence à la fois ; lorsque je conduis ma voiture comme ce jour-là, par exemple, beaucoup de gestes sont de simples réflexes, d’autres sont commandés par mon attention aux nids poules de cette route complètement défoncée, j’ai également l’oreille attirée par la radio, ce qui ne m’empêche pas de méditer sur l’article précédent de mon blog, alors que je suis par ailleurs inquiet de mon avenir, toujours porté par des projets en devenir et des tristesses nos évacuées. Bref je suis ici, et ailleurs, pas tout à fait dans l’instant, mais éparpillé sur une certaine plage de temps.
J’occupe le temps comme on sirote un cocktail, distraitement.
C’est de cette occupation lacunaire du temps dont je parle en disant que nous sommes organisés comme un objet fractal, dont la dimension temporelle est inférieure à 1.
Puis-je encore dire que j’existe (je parle de notre «Moi» tel que construit par notre Imaginaire) réellement?
Ne sommes – nous pas tous un peu évanescents ?
Vous voyez maintenant le lien entre cet homme fractal et la vision quantique qui se développait dans l’article précédent.
D’un côté comme de l’autre, c’est la «Réalité» (dans le triptyque Réel / Imaginaire / Symbolique de Lacan) qui m’interroge.
Mais peut-être, oui, peut-être, est-ce dans cette légèreté même que nous trouverons le moyen de nous échapper de cette Terre collant à la semelle de nos chaussures, comme disait Danton qui (tout comme Socrate), refusât au contraire de
partir…
Hari

PS: comme le dit Alice:
"I don't see how he can ever finish if he doesn't begin"

 

Par Hari Seldon - Publié dans : science fiction - Communauté : recherche 'pataphysique
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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 10 2007 06:46
Cette communauté est un espace  ouvert à ceux qui cherchent des idées nouvelles  pour assouvir leur curiosité , leurs rêves.
Mon propre rêve, c'est de voyager dans l'Univers.
Ce rêve m'a mené bien au-delà de la physique, mais peut-être que mon chemin croisera celui de certains d'entre vous ?
L'histoire montre qu'une idée n'arrive jamais seule dans un unique cerveau, mais qu'elle vient au jour un peu partout en même temps. Si j'ai pris ce chemin, il y a de fortes chances qu'il croise celui de quelques autres. Le web est l'endroit idéal pour y faire toutes sortes de rencontres....
Il convient donc d'essaimer ses idées à tous vents, la sélection naturelle fera le reste!
Hari

Par Hari Seldon - Communauté : recherche 'pataphysique
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 10 2007 00:37

Pourquoi Bouddha?

 

Les raisons exposées dans le précédant article étaient d’ordre «relativiste», mais la raison principale qui relève d’une approche quantique nous ramène directement au cœur de notre sujet :

 

Comment voyager, s’échapper de la Terre et appréhender l’Univers.

 

La mécanique quantique nous offre le modèle suivant à méditer : tant qu’une particule n’est pas observée, la densité de probabilité qu’elle se trouve «quelque part» dans l’Univers n’est pas nulle.

 

C’est un principe que l’on cherche à mettre en pratique dans les transmissions, par exemple.

 

Bouddha-Besnardi--re.jpg Imaginons, maintenant que nous soyons nous-mêmes une émergence locale d’une entité «potentielle» ou «probable». Notre «actualisation» bloquerait «ici» et maintenant l’entité en question, l’incarnant dans notre état déterminé. Si nous arrivions à remonter vers cette source, celle-ci pourrait alors s’actualiser «ailleurs».

 

Le voyage, c’est précisément cette possibilité de passer de «ici» à «ailleurs».

 

Le voyageur ne serait pas, dans ce cas, notre «Moi» particulier, mais l’entité dont nous ne serions qu’un avatar.

 

De même que l’état de Bouddha permet d’échapper au temps (passer du domaine de la répétition, le Samsara au Dharma), de même nous permettrait-il de voyager dans l’espace.

 

Il y a, bien entendu, un lien entre temps et espace.

 

Ceci nous conduit à porter un regard neuf sur le fait pour Bouddha d’«exister ».

 

La question fondamentale n’est peut-être pas «To be or not to be» mais «To be and not to be».

 

Ce qu’illustre l’expérience du chat de Schrödinger.

 

Schr--dinger-cat.png Incidemment, nous sommes ici au cœur, me semble-t-il de la «croyance», qui nous ramène à ce que j’évoquais déjà dans l’effacement de Dieu.

 

Les considérations les plus ésotériques trouvent ici un champ d’application des plus concrets : l’exploration de l’Univers. Et je fais le pari qu’il nous faudra passer par ce type de considérations pour effectivement s’échapper du système solaire !

 

Que le voyage commence,

 

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : science fiction
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 10 2007 08:35

Pourquoi Bouddha?

Parce qu’il nous propose une expérience à tenter qui reste, au sens de Popper, une expérience réfutable : j’y arrive ou je n’y arrive pas.

Et alors ?


Il ne suffit pas qu’une expérience soit possible pour qu’elle soit désirable, il y a tant de choses à faire ici bas!


Quelle théorie une telle expérience peut-elle conforter?


Tout d’abord remarquons qu’il s’agit d’une ouverture sur plus de «relativité». Si l’on y regarde bien, chaque développement scientifique majeur tient sa source d’un renversement de perspective. Newton, en voyant tomber une pomme s’est dit qu’elle était dans le même rapport à la Terre que la Terre au Soleil. La révolution copernicienne a consisté à cesser de voir la Terre comme le centre de l’Univers, rôle tenu ensuite par le Soleil, puis le Soleil lui-même a été vu comme un astre parmi les autres, au sein de la galaxie, et notre galaxie elle-même s’est trouvée noyée dans une multitude d’autres. Non seulement perdue dans l’Univers, mais encore située dans le temps, entre le Big Bang et la mort thermique.


Parallèlement, l’Homme s’est détaché de lui-même pour se décrire, c’est le grand honneur de Freud de s’être pris lui-même comme champ d’observation (une sorte de «stade du Miroir»à l’échelle de l’Humanité dans son ensemble).


Mon idée, pour faire court, c’est que l’on ne peut pas se limiter à voir en l’Homme un individu. C’est une idée difficile à admettre, après s’être battus depuis le fond des âges pour faire respecter les droits de l’Homme et du Citoyen. Mais Foucault a déjà ouvert le sujet (c’est le cas de le dire) en prédisant la fin de l’Humaniste dans «Les Mots et les Choses» (je ne parle pas de Nietzche que je n’ai pas lu, désolé).

Après avoir parcouru un long chemin, pour nous affirmer comme individus, mais précisément grâce à cette libération et parce qu’héritiers du siècle des Lumières (merci à Voltaire, Diderot, Rousseau) nous pouvons maintenant questionner cette individualité, la remettre en cause. La liberté du joueur (et le philosophe est un joueur) n’est-elle pas de jouer son tapis ?

Mais nous avons du mal à franchir le pas, à envisager de n’être qu’un élément d’une sorte de Léviathan dont nous ne serions que les membres au même titre que nos jambes font partie de notre corps.
Nous avons bien déjà quelques soupçons : l’écologie nous rabat les oreilles à l’envie de sombres prévisions si nous ne prenons pas conscience de notre appartenance au système écologique de la Terre. Les psychologues montrent de leur côté que nous sentiments les plus forts comme l’amour, répondent plus à une poussée vitale qui s’impose à nous qu’à notre libre arbitre.

Freud puis Lacan (je ne parle pas de Jung à dessein), ont également senti que l’inconscient n’est déjà plus tout à fait dans l’individu, et que la personnalité (le Moi) de l’analysant (en présence de l’analyste) est portée par l’inconscient qui se tisse entre eux.
Le «Moi» s’inscrirait plus dans le discours que l’inverse.

Mais comment prendre conscience de cet «en dehors de Moi», comment se dépouiller de nos représentations, passer (casser) le miroir comme Alice. Me revient à l’esprit ce film de Cocteau, Orphée, où la radio annonce «les miroirs réfléchissent trop».
S’il est facile de «concevoir», d’imaginer, de se représenter ce qui nous compose (c’est précisément l’activité de notre «Imaginaire», avec quels instruments pourrions-nous accéder à ce qui nous donne sens, nous comprend?

C’est là un grand pas épistémologique, le défit de ce siècle peut-être ?
Et bien je pense qu’il est urgent que de s’y essayer.

fractale_soleil.jpg Considérons, par hypothèse, que nous ne soyons qu’une facette d’un ensemble plus vaste, pas en un sens horizontal, consistant à dire que nous avons des liens économiques, énergétiques, avec notre entourage, et nous, rois de l’Univers destinés de toute éternité à gérer ce pactole ; non, dans un sens bien différent, (comme la verticale s’oppose à l’horizontale, l'intensité à l'extension, le diachronique au synchronique), c'est pourquoi je parle ici de relativité d'échelle, liée à l'idée de représentation fractale) considérons, donc, que nous ne faisons sens qu’au regard de quelque entité qui nous dépasse.
Je ne parle pas d’un Dieu hors de l’Univers, mais de quelque chose qui soit en relation intime avec nous, dont nous procéderions. Qui nous dépasse, mais incarné dans ce monde, c'est-à-dire qu’il en respecte les lois, quoique sur un autre mode, qu’il nous importe de découvrir.
Ce serait prendre de ce fait un recul par rapport à nous-mêmes, qui approfondirait cette distanciation inaugurée par Copernic, Giordano Bruno et les autres à l’époque de la Renaissance, puis continuée avec Freud et Einstein (et bien d’autres comme Heisenberg ou Gödel etc…) chacun dans leur domaine, au cours du XXème siècle.
Voilà la problématique, qui nous occupe.

Et dans cette optique, le bouddhisme se propose de nous faire accéder à quelque chose qui nous transcende, appelé Bouddha.

Dans un premier temps, il est dit que celui qui arrive à l’Illumination devient un bouddha. Mais cette façon de dire n’est qu’une image : en effet, pour devenir bouddha, il faut prendre conscience de la vacuité du «Moi», qui n’est qu’une collection d’images rémanentes (ce qui colle bien avec un discours Lacanien). Donc, ce n’ai pas «Moi» qui devient Bouddha, puisque le chemin suivi consiste précisément à faire s’évanouir le «Moi». Il faut supposé que lorsque l’on a fait «réduire» la personnalité à force de méditation, se révèle quelque chose dont procéderait ce «Moi», comme l’alchimiste fait réduire ses décoctions pour précipiter la pierre philosophale.
(Rapprocher Bouddha de l’alchimie, je ne l’avais pas encore faite celle-là!)
En résumé :

Proposition : l’Homme n’est qu’une partie d’un organisme qui le transcende
Expérience : arriver à l’illumination pour devenir / être / se dissoudre dans / prendre conscience de / communiquer avec Bouddha.

Si l’expérience réussit aux yeux de celui qui la tente, restera encore le problème de communication suivant : aura-t-il réellement fait cette expérience, ou bien aura-t-il eu une hallucination ?
Il nous faudrait quelque critère permettant de trancher; quoiqu’en cas de succès, le problème risque de ne plus avoir de signification.

Comme dit l'autre, il n'y a plus qu'à..
Expérience en cours

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 09 2007 07:16

Voyez comment vont les choses, après mon dernier article, je me suis dit que je n’étais peut-être pas le premier à faire un rapprochement entre Bouddha et les surréalistes. Je vais donc, tel le surfeur moyen sur la toile, pour voir ce que google peut en ressortir.
Bonne pioche. Je trouve tout d’abord quelques articles de présentation intéressants dans le NouvelObs, sur lesquels je reviendrais, puis cette lettre d’Antonin Artaud au Dalaï Lama:

Nous sommes tes très fidèles serviteurs, ô grand Lama, donne-nous, adresse-nous tes lumières, dans un langage que nos esprits contaminés d'Européens puissent comprendre, et au besoin, change-nous notre Esprit, fais-nous un esprit tout tourné vers ces cimes parfaites où l'esprit de l'homme ne souffre plus.
Fais-nous un esprit sans habitudes, un esprit gelé véritablement dans l'esprit, ou un esprit avec des habitudes plus pures, les tiennes, si elles sont bonnes pour la liberté.
Nous sommes environnés de papes rugueux, de littérateurs, de critiques, de chiens, notre esprit est parmi les chiens, qui pensent immédiatement avec la terre, qui pensent indécrottablement dans le présent.
Enseigne-nous, Lama, la lévitation matérielle des corps et comment nous pourrions n'être plus tenus par la terre.Car, tu sais bien à quelle libération transparente des âmes, à quelle liberté de l'Esprit dans l'Esprit, Ô pape acceptable, ô pape en l'esprit véritable, nous faisons allusion.
C'est avec l'œil du dedans que je te regarde, ô pape au sommet du dedans.C'est du dedans que je te ressemble, moi, poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l'idée, suspendu entre toutes les formes, et n'espérant plus que le vent.
Pas banal, non ?
Artaud-2007-copie-1.jpg




Surtout lorsque l’on s’imagine Artaud sous les traits que lui donne Cyril Leysin:
 
Pas vraiment un modèle de sérénité, n’est-ce pas?


Et puis je tombe sur cette peinture surréaliste de Bouddha de Fred Besnardière :
Bouddha-Besnardi--re.jpg
Il y a là un réel choc des cultures, bien rafraichissant.
Pour en revenir aux articles du nouvelobs j’en ai retenu deux choses:

 

Hiram.jpg Dans l’article Cet inconnu nommé Bouddha, l’histoire (celle que l’on rapporte), nous indique qu’à la fin de sa vie Bouddha fût agressé par 3 fois par de mauvais compagnons qui voulaient devenir calife à la place du calife…. Je ne peux pas me reporter à une tradition que rigoureusement mes frères m’ont interdit de nommer ici, mais enfin, hein, Hiram n’est pas loin.

D’un autre article sur l'ascèse radicale du jaïnisme, j’ai retenu de ces précurseurs qu’ils pensaient éteindre le cycle des renaissances, en arrêtant d’agir, à en mourir. Doctrine rejetée par Bouddha, mais qui tourne autour de la définition du karma. Je pense que tout est là, à savoir la découverte que le calme de l’esprit permet d’appréhender autre chose (voir l’article sur la Voie bouddhiste), principe auquel je rattacherais toute ma théorie.
Autour de l'Illumination (j'aime à penser qu'elle fût fortuite à l'origine comme le suggère l'article précédent du NouvelObs, pour rester en accord avec ce bon vieux principe dual du hasard et de la nécessité), tout peut être dit, pour enrober de justification ce vécu cru, et pour expliquer aux aveugles que nous sommes la voie à suivre (chacun la sienne, d’où la multiplicité des écoles, mais attention, Bruegel nous met en garde!):

les-aveugles-breughel.jpg L'enseignement même de Bouddha n'est pas doctrinaire, il témoigne d'une expérience vécue (semble-t-il) et propose une méthode pour y parvenir. Que la voie tracée se soit chosifiée en doctrine, c'est le propre, malheureusement de toute pensée qui se sclérose en église. Il ne semble donc pas important de se focaliser sur la justification de la méthode; mais bien d'en accepter l’essence:
 
Pour arriver à l’Illumination, il faut calmer son esprit, donc éteindre ses appétits, abandonner son Moi et ses craintes, bref s’ouvrir au monde et l’absorber comme un trou noir absorbe la lumière.
 
Comme quoi notre imagination peut bien tisser les liens les plus inattendus entre tous nos concepts et que, comme dit l’autre «tout est dans tout», sans oublier bien sûr la réciproque.

Bon week-end

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 09 2007 02:27

Hier, sur la route de Plum, en revenant de Prony, j’étais comme d’habitude (à perdre au plus vite !) perdu dans mes pensées, je remâchais ce que je n’avais pas écrit dans mon dernier article, qui m’était venu à l’esprit en parlant de l’Ecume des Jours. Fabienne aussi avait eu un nénuphar, non pas au poumon mais au pancréas, et j’avais accompagné (comme je l’ai pu) son agonie et j’avais senti combien notre espace se rétrécissait de jour en jour pour finir comme dit Brel par aller du lit au lit…Et puis j’écoutais sur France Inter quelqu’un parler du livre qu’il avait écrit sur Bob Dylan et je l’entendis prononcer le mot "surréaliste" et le court-circuit se fît dans ma tête, de l’objet de mon dernier article (Bouddha) au surréalisme en passant par Boris Vian :

Bouddha est par essence surréaliste.

C’est une évidence, pour qui veut bien comprendre que notre perception de la réalité étant imaginaire, Bouddha, après avoir appréhendé la vacuité de ce monde, se portant au-delà de l’Imaginaire, est de facto «sur» réaliste.
J’y voyais là une autre approche que celle qui m’est familière, balisée par le structuralisme (en passant par Lacan, ne vous en déplaise. (Je vais faire de cette référence à Lacan un gimmick que je placerais dans chaque article, comme ces mots que l’on s’oblige par jeu à prononcer dans un discours)).
Quoiqu’il y ait des passerelles du structuralisme au surréalisme, non ?
menines1.jpg Prenez par exemple le tableau «Las Meninas» dont parle Foucault (qui a une forte parentèle structuraliste) dans «Les mots et les choses» pour illustrer la place de l’observateur au sein de la représentation (voir l'article "Le vaisseau Terre") et bien Picasso (dans la mouvance surréaliste) l’a réinterprété à sa façon, très «construite», «structurée». Cependant ces deux représentations restent l’une comme l’autre dans le domaine de l’Imaginaire, même si Vélasquez peut paraître plus «réaliste».
menines-Picasso.JPG
Non, le vrai surréalisme, c’est de sortir du cadre du discours, de la représentation, du concept, alors là, oui, un bouddha est bel et bien surréaliste.
Et puis, la radio en toile de fond continue de couvrir le bruit de la route et l’auteur interviewé en vient à parler de «non sens», toujours à propos de Dylan, et ceci m’évoque immédiatement Alice au Pays des Merveilles. Je suis alors frappé par l’évidence que :

Bouddha est également le héros du non sens.
 
 
 

Si tant est que chacun d’entre nous donne du sens à ce qu’il voit, afin (pour aller vite) de compresser les informations qu’il traite et pouvoir agir efficacement sans entrer dans le détail de ses propres perceptions, alors, oui, lâcher prise, lâcher notre Moi imaginaire, c’est entrer dans le «non sens», ou plus exactement, lâcher «un» sens particulier, celui que nous donnons à notre vision du Monde (voir l'article "Personnalité et paranoïa"), pour s’ouvrir à l’ensemble des significations. L’illustration qui me vient immédiatement à l’esprit est celle d’Alice chez le lapin fou, en train de fêter son «non – anniversaire», évènement qu’il peut fêter en toute logique tout au long de l’année (sauf, bien évidemment le jour de son anniversaire).
Révolution Copernicienne, s’il en est : le vide est un lieu de foisonnement.
J’arrête là, Nouméa est en vue et l’émission s’achève.
Bonne route à tous.

 

Hari.

PS: Chloé meurt d'un nénuphar qui grandit en elle, alors que Bouddha est représenté assis sur un lotus, l'une mortelle, l'autre porteuse de vie, toutes deux fleurs d'eau que l'on pourrait confondre, le monde que l'on se construit, avec ces rencontres qui portent sens n'est-il pas étrange ?

Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 09 2007 00:18
En repensant au fait que  l'un des 3 véhicules du Bouddhisme puisse être, finalement, la réponse à  mon envie d'explorer l'Univers, je  repassais en mémoire les différents  modes de locomotion  présentés dans les ouvrages de science fiction.
Le-monde-des-non-A.jpg
La technique qui m'avait le plus frappé, dans ma jeunesse, était celle de Gilbert Gossein dans le Monde des non A. En effet, pour se déplacer, il lui suffit de se représenter (avec une précision de 20 décimales !) l'endroit où il veut aller. Comme deux choses identiques ne peuvent exister séparément, le modèle vient se coller à l'original.
Il y a là matière à réflexion, n'est-ce pas?



"Non A " veut dire "non aristotélicien", l'essence même de la philosophie que Van Vogt développe à l'appui de cet étrange moyen de locomotion, basée sur la sémantique générale, dérivant elle - même du nominalisme.
C'est dire que nous sommes ici au coeur du domaine cher à Lacan (forcément Lacan, toujours et encore) c'est à dire le language.
C'est aussi une façon de voir très proche du Bouddhisme, pour qui voudra bien se donner la peine d'y réfléchir: tout est représentation.....
smagr3.jpg
Van Vogt pour illustrer cette philosophie répète à l'envie, "la carte n'est pas le territoire", ce qui me fait penser à ce tableau de Magritte:



Qu'il ait été traduit par Boris Vian, qui joue tant avec les mots, les images (j'ai été remué, touché, bouleversé par l'Ecume des jours) n'est pas sans signification. Et puis, il a ce cri: "je voudrais pas crever, avant d'avoir vu les singes à cul nu dévoreurs de tropiques". Voyage, quête, rébellion, recherche d'une issue....
Cherchons, cherchons, nous finirons bien par trouver quelque chose....

Hari

PS: à propos de chercher, connaissez-vous l'une des plus vieilles histoires du Monde?
De nuit, un passant  le nez au sol, examine attentivement la zone éclairée par un réverbère, un quidam lui demande ce qu'il fait là:
                - j'ai perdu mes clefs,
               
- vous les avez perdues ici ?
               
- non, un peu plus loin,
               
- alors pourquoi chercher ici ?
               
- parce que là-bas je n'y vois rien....
Par Hari Seldon - Publié dans : science fiction
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 09 2007 03:29
Difficile de prendre la décision  de suivre la Voie qui s'offre à moi. J'ai bien parcouru  ce livre "La Voie Joyeuse",  qui présente à priori des récits  incohérents.

Le problème qui se pose au guide (car lire ne saurait suffire) c'est d'exprimer l'indicible.
En effet ,  nous sommes, nous Humains,  spécifiquement des  êtres de la "parole", c'est ce qui nous différencie des animaux pour l'essentiel,  ce qui induit la "réflexion" sur le monde (déjà un problème de miroirs, cher à Lacan).  Or, le but du chemin proposé se trouve au-delà des mots. Donc prendre conscience de la vacuité essentielle de notre "Moi", de notre représentation du Monde, c'est prendre conscience que tout ceci, toutes mes représentations ne sont qu'un reflet de ce que je peux exprimer. Je suis porté par mon discours, inscrit dans une  culture, exprimée par une langue.

Donc l'exercice de motiver un  éventuel adepte à suivre la Voie,  est extrêmement difficile,  puisqu'il faut user de mots qui de toute façon sont inadéquates. Chaque écrit est donc à réinterpréter en fonction du degré d'avancement. L'honnêteté tient à ce que le guide indique en permanence son but, ce qu'il fait (même s'il s'agit de "modeler", "motiver", "manipuler" l'esprit), et que l'ensemble du corpus soit accessible à l'élève (qui n'est limité que par sa propre compréhension). Dans ce contexte, vouloir creuser un texte, en faire l'exégèse trop tôt n'a pas de sens. Il faut, au début faire une épochè. La limite de l'exercice c'est qu'en cours de chemin, l'économie du texte s'éclaire effectivement par la pratique; sinon, il faut s'arrêter.  Voilà, je pense, le parachute qu'il faut s'accorder.

Il y a donc un moment de lâcher prise auquel il faut consentir, un acte de foi à poser, comme lors de la construction d'un pont, on projette son tablier dans le vide, en espérant qu'il ne s'écroule pas avant de pouvoir l'asseoir sur la pile suivante (si tant est, bien entendu que le pilier espéré soit au rendez-vous!!!).
viaduc-Millau.jpg
Ceci n'empêche pas, du côté de cette rive, bien (bien ?) enracinée dans le quotidien (sinon le réel), de trouver de nouvelles figures, plus en harmonie avec notre culture, pour faciliter ce démarrage. c'est une tâche que je veux continuer (reprendre mon étude de Lacan, cela fait une année que je n'ai pas ouvert un livre du Séminaire, dur, dur).
Mais d'un autre côte, je sens comme une telle congruence entre l'objectif bouddhiste et la vision qui se forme en moi du sens de l'évolution (Bouddha ne serait-il pas le chaînon suivant de l'évolution ?) et l'effort à fournir me semble par ailleurs raisonnable et conforme à mon éthique.

Et puis, en parcourant les blogs sur le sujet, je tombe sur un blog islamiste qui dénonce les erreurs du Bouddhisme. Il indique en particulier que les occidentaux favorisent le développement du Bouddhisme, contre les 3 religions du Livre, parce qu'il conforte les erreurs du darwinisme!
Voilà vraiment une argument qui ne peut que me pousser dans la Voie bouddhiste.
Allez, encore un petit effort, car je me sais très velléitaire!

Motivation en cours de développement.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
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