Recommander

Commentaires Récents

Vendredi 24 novembre 2006 5 24 11 2006 05:15

Il y a deux systèmes d’habits, ouvert (jupe, kimono, boubou) ou fermé (pantalon, hauts de chausses).













C'est une opposition de base, comme dedans/dehors, contenant/contenu ; signifiant/signifié ; Yin/Yang ; cru/cuit .

Il y a bien quelques tordus pour imaginer des volumes sans dedans ni dehors  ou des surfaces n’ayant qu’une face .

D’autres prennent un habit de type ouvert pour en faire une bourka ou un habit fermé pour en faire un string, ce qui brouille les limites!


Les animaux aussi se répartissent entre ceux qui mettent leur viande à l’intérieur d’une enveloppe (exosquelette) et ceux qui l’étendent sur une armature (endosquelette).

Dans le domaine des idées, les paradigmes dominants sont plutôt fermés. Tout le procès de la science tient à l’enfermement progressif de nos descriptions dans un corpus d’axiomes aussi restreint que possible. Bien entendu cette fermeture n’est jamais hermétique, puisque de temps en temps, toutes ces belles constructions volent en éclats, mais la tendance est là.

Il me semble cependant qu’il doit y avoir une attitude essentiellement ouverte de voir le monde. Rechercher une description fractale de notre environnement me semble procéder de ce nouveau paradigme, dont j’ai du mal encore à cerner la spécificité.

Toute cette intro pour en arriver où ?

A ceci :

Lacan, lorsqu’il définit les 3 champs Imaginaire/Symbolique/Réel, semble dans un premier temps ouvrir la définition de l’Homme, et les phénomènes de transfert en cours d’analyse sont une évidente ouverture puisque c’est par l’analyste que l’inconscient du sujet prend consistance.

Cependant, la représentation qu’il en donne (qu’il s’agisse du dièdre - voir l'article précédent l'Incal et Lacan - ou du nœud borroméen ) reste essentiellement fermée, d’une certaine façon «plate».

C’est ce commentaire de Lacan qui a suscité ma présente réflexion (toujours dans « Les écrits techniques de Freud »:

.....tripartition du symbolique, de l'imaginaire et du réel.
Ce n'est pas pour rien, sans doute qu'elles sont trois. Il doit y avoir là une espèce de loi minimale qu'ici la géométrie ne fait qu'incarner, à savoir en effet que si, dans ce plan du réel, vous détachez quelque volet qui s'introduit dans une troisième dimension, vous ne pourrez jamais faire de solide, si on peut dire, qu'avec deux autres volets au minimum.

Cette remarque me fait bien entendu tout de suite penser à la théorie des 3 cerveaux , mais aussi bien évidemment à Dumézil . Vous trouverez une courte introduction à son travail ici.
Ce n’est pas sur ces réminiscences que je veux attirer votre attention (pas de thèse à soutenir ni de planche à présenter, par de références à lister pour montrer combien on est studieux et soucieux d’avoir bien rongé son os), mais à ceci que laisse échapper Lacan :

vous ne pourrez jamais faire de solide.

Quelle nécessité y-a-t-il à représenter un sujet par un solide (par définition fermé ?). Il y a bien là, un accrochage de la pensée de Lacan à un «paradigme fermé», duquel précisément je cherche à m’échapper.
J’ai comme toujours beaucoup de difficulté à avancer dans la lecture d’une pensée si riche que celle de Lacan, car plus j’avance, plus de choses me viennent à l’esprit. Au début de ma lecture, je n’éprouve pas de résistance à l’avancement, mais ce mouvement même provoque en moi des remous, qui ramènent à la surface de plus en plus de références, puis tout se croise, s’interpelle et ce qui était un milieu limpide devient pâteux et fastidieux.

Il faut que j’arrête de me laisser porter par les tourbillons de ma mémoire pour entrer dans cette pensée le plus innocemment possible, sinon je n’arriverai jamais au bout du séminaire !

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 22 novembre 2006 3 22 11 2006 08:35
Je n'en ai pas fini de digérer Lacan (je n'insiste pas sur le symbole...) bref, à la suite de l'article d'hier, toujours à la fin de ce premier séminaire, Lacan livre le petit schéma suivant:

À tout hasard, je vous ai mis au tableau ce petit diamant qui est une sorte de dièdre à six faces.
Alors, si nous concevons ceci que le plan médian, celui dans lequel il y a le triangle qui partage en deux cette pyramide, est, si vous voulez, la surface du réel. - Dans cette surface du réel, je parle du réel tout simple. - Rien, si vous voulez, ne peut le franchir, rien de ce qui est là, et là toutes les places sont prises, à chaque instant toutes les places sont prises. Et à l'instant suivant, tout est changé.
Il est bien clair qu'avec notre monde de mots et de symboles, nous introduisons là-dedans - si nous appelons le réel une deuxième dimension - autre chose, un creux, un trou, quelque chose grâce à quoi toutes sortes de franchissements et de choses interchangeables sont possibles.
Comme on l'a fait remarquer ; cette sorte de trou, dans le réel, s'appelle, selon qu'on l'envisage d'une façon ou d'une autre, l'être ou le néant.
Cet être et ce néant, nous l'avons déjà tout de même touché à plus d'une reprise, sont essentiellement liés précisément à ce phénomène de la parole. C'est dans cette dimension de l'être que se situe la tripartition, sur laquelle j'insiste toujours avec vous pour vous faire comprendre les catégories élémentaires sans lesquelles nous ne pouvons rien distinguer dans notre expérience, tripartition du symbolique, de l'imaginaire et du réel.

Je le comprends comme ceci: par le langage, nous creusons le réel d'un côté, et nous créons notre Etre de l'autre (l'Etre et le Néant). Cette construction du sujet possède 3 faces (une pour chaque plan : Symbolique / Imaginaire / Réel).
Mais il y a certainement une différence entre le réel servant de base à la figure, et cette face de notre Etre, que je parviendrais sans doute à appréhender dans la suite des séminaires.
Cette idée d'une construction concomitante d'un Etre et d'un trou (comme un tas de sable que l'on formerait en creusant une fosse) me fait penser à une réflexion d'un de mes premiers articles (l'effacement de Dieu): nous nous construisont toujours autour d'une aporie, d'un manque initial, en réponse à un manque.
En électronique, nous pourrait parler d'une conduction par trou.
D'autre part, cette construction me semble respecter (à un niveau symbolique, certes) la conservation de l'énergie (rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, comme l'a dit Lavoisier).

Mais c'est la figure même de Lacan qui m'a rappelé celle de l'Incal d'Alexandro Jododrowsky et de Moebius (je m'adresse aux aficionados de BD et de SF)
Bien sûr, l'Incal m'a pas la même forme (il est à base carrée et ses 4 coins, représentés chacun par un personnage de l'histoire, sont en opposition Yin - Yang), mais cette dialectique entre l'Incal Noir et l'Incal Lumière qui se fondent ensemble rappelle un peu ce dont il s'agit ici. Et puis ce nom même d'Incal est presque un anagramme de Lacan, non ?
Je me demande s'il n'y a pas ici plus qu'une coïncidence. Si l'un d'entre vous connait les auteurs, qu'il m'en informe.

Sur ces fortes paroles, je vous laisse pour répondre à l'appel de mon ventre qui crie famine et me demande de puiser un peu en ce bas monde pour le remplir à son tour.

Bonne méditation et bonne digestion.

Hari

 

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 21 novembre 2006 2 21 11 2006 02:22

Je termine le livre de Lacan sur les "Ecrits techniques de Freud," et j’y retrouve en écho, ce qui faisait l’objet d'un précédent article (de Giordano Bruno à Jacques Lacan) dans lequel j’écrivais qu’à mon sens, il viendra un jour où les développements les plus compliqués de Lacan nous apparaîtrons limpides.
J’y faisais même un parallèle avec l’évolution des mathématiques, rappelant qu’un enfant manipule actuellement des concepts qui, dans le passé, ont été produits par les plus grands esprits de leur temps.
Or, Lacan traite lui-même de ce sujet :

Au cours des âges, nous assistons, à travers l'histoire humaine, à des progrès dont on aurait bien tort de croire que ce sont des progrès des circonvolutions. Le progrès dont il s'agit est un progrès de l'ordre symbolique.
Qu'on observe l'histoire d'une science comme celle des mathématiques. On s'aperçoit qu'on a stagné pendant des siècles autour de problèmes qui sont maintenant clairs à des enfants de dix ans. Et c'étaient pourtant des esprits puissants qui étaient autour !
On s'est arrêté devant la résolution de l'équation du second degré pendant dix siècles de trop !
Les Grecs auraient pu la trouver, ils ont trouvé des choses plus calées dans des problèmes de maximum et de minimum. Et c'est simplement à partir du jour où on a inventé un certain nombre de choses, qui sont beaucoup plus symboliques, sur le plan mathématique, qu'on a pu résoudre ces problèmes.
Le progrès mathématique n'est pas un progrès de la puissance de pensée de l'être humain ; c'est à partir du moment où un monsieur pense à inventer un signe comme ça √, ou comme ça ∫, qu'un monsieur fait du bon; les mathématiques, c'est ça !
Nous sommes dans une position, heureusement ! de nature différente, plus difficile. Il s'agit du symbole et d'un symbole extrêmement polyvalent. C'est justement dans la mesure où nous arriverons à formuler d'une certaine façon les symboles de notre action et à les comprendre d'une façon adéquate que nous ferons un pas en avant.

Et c'est bien cela qui m'intéresse dans le travail que je poursuis sur la structure absolue d'Abellio (voir mon site): l'idée qu'une telle structure simplifie la représentation des organisations, des conflis, bref de la nature.

Mais dans le même livre, Lacan soulève une objection de taille à la stratification par niveau que je propose. Je développerai ceci plus à fond dans un espace plus approprié que ce blog, qui n'est là que pour me servir de bloc notes. Disons qu'une structuration telle que je la propose, sorte de couches de langages s'explicitant les uns les autres, nous porterait naturellement, si nous n'y prenions garde, à envisager le langage symbolique à la façon de Jung,

C'est pourquoi toute conception du style jungien de l'inconscient - celle qui fait, sous le nom d'archétype de l'inconscient, le lieu réel d'un autre discours; c'est ce qui est sa réfutation - tombe d'une façon catégorique sous cette objection, à savoir : pourquoi ces archétypes, ces symboles substantifiés tels qu'il les fait résidant d'une façon permanente dans une espèce de soubassement de l'âme humaine ? Qu'ont-ils de plus vrai que ce qui est prétendument à la surface ? Est-ce, par cette métaphore, que ce qui est dans les caves est forcément plus vrai que ce qui est au grenier ?

Autrement dit, et pour aller vite, si le discours (au niveau imaginaire, représentation du monde) est le lieu de l'erreur et de la contradiction, et si le langage symbolique n'est qu'un discours sur le discours, il doit lui aussi être par essence contraictoire. Or, ce n'est pas le cas, l'essence du symbolique est justement d'être non contradictoire: les deux niveaux n'obéissent pas à la meme logique.
Pour me sortir de là, je pense qu'il faudra tenir compte de ceci: l'Homme se définit sur 3 niveaux (Réel/imaginaire/Symbolique), mais les organisations dans lesquelles il s'inscrit ne s'arrêtent pas à ces 3 seuls niveaux (représentation fractale de la nature).
Pour prender une comparaison avec la logique du 1er ordre (pourquoi Lacan ne fait-il pas ce rapprochement ?); le niveau imaginaire, ce sont les propositions que l'on fait en utilisant les symboles logiques (définis à un niveau de langage supérieur: symbolique), pour manipuler des objets non logiques (réels). Nous avons bien nos 3 niveaux. Les symboles sortent du cadre même de la logique, de même que les objets manipulés. Seules les phrases logiques que l'on imagine peuvent être jugées vraies ou fausses (c'est à dire contradictoires ou non).

Ma thèse (à développer) serait que ce qui rend possible le jugement (vrai / faux) sur le niveau proprement logique, tient justement à cette position médiane. Pour juger du niveau symbolique à la même aune, il faudrait un autre niveau duquel déduire ce niveau symbolique.

Donc, à mon sens, l'affirmation freudienne/Lacanienne:

En d'autres termes, nous commençons d'entrevoir ce que veut dire Freud quand il nous dit que l'inconscient ne connaît pas la contradiction ou qu'il ne connaît pas le temps.

tiendrait à une sorte d'effet de bord: seul le niveau intermédiaire possèderait un environnement "complet".
Une autre possibilité serait que chaque niveau ait une problématique (une logique) propre. Nous avons vu que l'on pourrait assimiler le niveau Imaginaire à celui de la logique, celui du réel pourrait être la conservation de l'énergie (entropie, le hasard et la nécessité, etc...). dans cette optique le niveau du réel serait celui de l'énergie (et donc, en corrolaire, le niveau Imaginaire, serait également celui de l'information) mais qu'en est-il alors du niveau symbolique. Il peut sembler difficile de porter un jugement (niveau imaginaire) sur le niveau symbolique qui le détermine, peut-être pourrions - nous y placer l'amour ?
Vous voyez que la problématique est ouverte; mais j'ai une autre difficulté à surmonter: Lacan place strictement les 3 mondes Réel/Imaginaire/Symbolique sur le même plan, tandis que dans ma structure hiérarchisée, il y a passage entre niveaux adjacents (R/I ou I/S), mais pas de saut direct S/R.

Ainsi se créent: à la jonction du symbolique et de l'imaginaire la passion ou la cassure, si vous voulez, ou la ligne d'arête qui s'appelle l'amour ; à la jonction de l'imaginaire et du réel, celle qui s'appelle la haine ; et à la jonction du réel et du symbolique, celle qui s'appelle l'ignorance.

Vous voyez qu'il me reste encore pas mal de pain sur la planche!, mais il ne s'agit que du premier des 20 tomes du séminaire, j'ai encore de quoi méditer.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 7 novembre 2006 2 07 11 2006 04:05

Pour prolonger mon précédent article sur Lacan, je vous propose un exercice simple (l'important tient à sa simplicité) destiné à illustrer le passage de l'imaginaire au symbolique.

Regardez cette vignette du capitaine Haddock extraite du «Trésor de Rakham le Rouge».
Elle illustre un récit imaginaire. On peut en faire 1001 discours, disserter sur la ligne claire d'Hergé, ou parler des aventures de Tintin, bref rester au niveau de l'imaginaire.
Mais cette image, comme le fait remarquer Pierre Fresnault - Deruelle, auteur du livre «la profondeur des images plates» aux éditions Moulinsart d'où je l'ai extraite, nous donne plus à voir car elle fait sens.
En effet, pour qui se souvient de l'histoire, le capitaine vient de plonger sans avoir mis son casque, il a failli se noyer, et les Dupondt viennent juste de le repêcher. Remis de ses émotions, il s'assoit et bien entendu, l'eau dont s'est remplie sa combinaison s'évacue par où elle est entrée, d'où le gag.
C'est-à-dire que le capitaine était saoul «plein comme une outre» et qu'il dessoule, qu'il se «vide» et l'image exprime cet état d'ébriété du capitaine: d'une certaine façon, il vomit d'avoir trop bu. Et dès que cette interprétation est formulée, la vignette change de statut: d'image elle devient symbole.
Maintenant que cette image est "comprise" dans ce discours, notre regard s'en trouve changé, comme polarisé et cette image porte désormais en elle le sens qu'elle symbolise à présent.
Voilà ce qu'est l'essence même de l'analyse, ce en quoi consiste le travail de l'Analyste (l'Observateur). Par la façon dont sa parole reflète les discours du patient, il fait - grâce à un jeu de miroirs que Lacan décrit soigneusement (les écrits techniques de Freud Livre 2 du Séminaire)- passer son patient du niveau imaginaire au niveau symbolique.
Cette étape de cristallisation me fait penser également au moment où, en contemplant une « image en 3D de l'oeil magique », on voit s'imposer à nous un dessin caché.

Il y a quelque chose de cet ordre dans la dualité onde/corpuscule en mécanique quantique : tant qu'il n'y a nul Observateur (Analyste), une particule est définie par une «onde de probabilité», mais dès lors que l'on cherche à la «voir», c'est-à-dire à préciser sa position ou son déplacement, alors, la particule en question «prend corps»; de la même façon que c'est en quelque sorte la présence de l'analyste qui donne corps à l'inconscient du sujet.
Lorsqu'incidemment, toujours dans le même tome 2 du Séminaire et en marge de son propos sur l'inconscient, Lacan fait cette aparté sur la réalité des choses :

« ...la réalité tombe sous la contradiction. La réalité fait que quand je suis là, ça ne peut pas être vous, Mlle X, qui puissiez être ici à ma place. C'est une contradiction de l'ordre de la réalité. »

Sait-il qu'il parle du principe d'exclusion de Pauli et que son approche participe d'une approche quantique de la réalité ?
Au demeurant, y-a-t-il un «quelque chose dans l'air» de ces années 20-30 (Lacan commente les travaux de Freud de cette époque) qui fasse converger des domaines si apparemment éloignés que la psychanalyse et la mécanique quantique.
Pour reprendre Foucault : de quel lieu imaginer une telle convergence, sinon du regard de l'Observateur ?

C'est à dire très précisément, la généralisation d'une attitude relativiste, jusqu'au plus profond de la définition du sujet qui, comme l'objet, se définit alors sous le regard de l'Autre.

Hari

PS: à propos de ces images stéréoscopiques, je pense qu'il doit être possible d'offrir une autre représentation du stade du miroir que l'illustration optique qu'en donne Lacan.
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 26 octobre 2006 4 26 10 2006 08:55
J'ai découvert la possibilité d'enregistrer des programmes radio (podcast) pour les écouter à loisir. Et je viens d'écouter un reportage sur Van Dongen, tout en surfant sur internet pour trouver les tableaux dont parlait l'orateur, et je tombe sur ça:

Quelle fraîcheur, quelle modernité dans ce regard de l'artiste sur son modèle, dans le regard du modèle. Et pourtant l'instant figé date de près d'un siècle (1919), après les horreurs de la Grande guerre, après la révolution d'Octobre, dans le temps où Einstein établit la relativité générale.  Ou bien encore, celui-ci:

 

Quel abandon heureux et gracieux (j'ai envie de dire ;-) "quelle putain de classe!"), instant de 1930, entre deux guerres effroyables, après la grande dépression de 1929, juste avant l'ascencion d'Hitler au pouvoir.

Pendant ce temps, le cercle de Vienne révolutionne la pensée moderne, Gödel présente son théorème sur l'incomplétude des mathématiques, Freud (encore et toujours Vienne!) est déjà très avancé dans sa théorie et sa pratique, tandis que la mécanique quantique éclot à Amsterdam. L'Europe prépare l'avenir entre Vienne et Amsterdam, muse à Paris et se perd à Berlin.
Mais à présent où est l'axe du Monde, que se passe - t - il et où ?
Merci de me renseigner et vite car je m'emm... à en mourir.

Sur ce, surfez sur internet pour retrouver les toiles de ces merveilleux ouvreurs d'horizons que sont les artistes; c'est un exercice de salubrité intellectuelle.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : science fiction
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 11 octobre 2006 3 11 10 2006 08:35

La culture permet à un homme très ordinaire d'accéder à des mystères pour lesquels des génies avant lui ont pu donner leur vie, suivre un chemin initiatique long et périlleux ou développer des trésors d'intelligence.
Je reste perplexe de voir ma fille de 8 ans additionner des chiffres représentant des quantités hors de son appréhension, apprendre, avec une orange et une ampoule électrique comment la nuit succède au jour et aller sur Google Earth pour repérer la maison de grand-mère et je songe avec émotion à mon frère
Giordano Bruno.
La façon même de transcrire nos idées nous guide dans leur développement. Imaginez, par exemple
qu'Omar Khayyam, a résolu les équations du troisième degré sans signe mathématique, sans l'algèbre (l'art de "rabouter" développé par les arabes, lire le Perroquet Vert).
Prenez encore la découverte par les pythagoriciens des nombres irrationnels. Ce fut un scandale à l'époque, car cette notion perturbait l'harmonie du monde et la démonstration qui suit était un secret jalousement gardé.
Pourtant quelques siècles plus tard ce que vous allez lire vous semblera élémentaire:
Raisonnons par l'absurde et supposons que
Ö2 = P/Q.

  • Si P et Q sont impairs, alors P² =2 Q², ce qui n'est pas possible (car le carré d’un nombre impair est impair).
    Il reste deux possibilités: P impair et Q pair, ou l'inverse.
  • Dans le premier cas, on peut écrire: P = (2n+1), ce qui donne, en élevant au carré: (2n+1)² = 2 Q², c'est à dire qu'un nombre pair est impair, ce qui ramène à l'absurdité précédente,
  • Dans le second cas, on a: Q = (2m+1), et P = 2n, ce qui donne (2m+1)²=2n², et nous ramène encore à la même absurdité.


Tout tient à ce que 2 étant le premier des nombres pairs, il est difficile qu'il soit engendré par une racine paire comme c'est la règle pour les nombres pairs suivants, et donc Ö2  se tortille entre pair et impair, comme une folle entre masculin et féminin, sans savoir où s’attacher d'où le scandale dont je faisais état plus haut.
Vous voyez qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chas, mais on oublie tous les trésors d'ingéniosité déployés derrière cette moderne facilité.

     

Il faudrait la plume du poète Basho Matsuo pour rendre toute la légèreté et l’élégance de cette démonstration dans les 17 syllabes d’un haïku.

Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d'eau
 

 

A moins que l'on ne préfère l'allégresse des roubaïates d'Omar Khayyam:

O toi qui es venu tout ardent du monde de l'esprit;
Toi qui, stupéfait, t'interroges sur le cinq, le quatre, le six et le sept,
Bois du vin, car tu ne sais d'où tu es venu.
Réjouis-toi, car tu ne sais où tu vas

Méditez également sur la simplissime formule d’Euler qui regroupe en 6 signes d'une calligraphie moderne, les constantes fondamentales de notre univers: eip = -1

Et bien je pense que d'ici peu nous aurons le même sentiment d'évidence, d'harmonie à lire Jacques Lacan (ou ceux qui évoluent dans son sillage). La lecture de son séminaire m'émerveille, car l'on y voit une pensée au travail, construisant au fur et à mesure les outils conceptuels qui lui permettront de s'exprimer (de sortir d'elle-même au sens littéral) comme un pont en construction projette son tablier au-devant de lui-même, vers le vide d'un pilier en devenir.
Il y a des fulgurances dans son dire, qui déchirent des voiles devant mes yeux. En particulier, tout ce qui touche au rapport de l'individu au langage.
Il y a certainement là en germe de quoi sortir de l'Humanisme, comme annoncé par Foucault (je vois bien l’un en Messie, l’autre en Saint Jean Baptiste, mais vus par Dali bien sûr)

 ;-) cool, je blague!

quoi que...

Hari Seldon

 

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 4 octobre 2006 3 04 10 2006 06:17

En flanant sur internet, j'ai trouvé cet article concernant les changements d'échelles en architecture.

Que l'on s'intéresse aux organisations et à leur action (comment occuper le temps) ou l'architecture (comment occuper l'espace), on retrouve la même problématique liée à des changements d'échelles.

Il y a aussi dans cet article des considérations intéressantes sur les systèmes écologiques:

"Un écosystème ne peut pas supporter des animaux ayant des masses trop proches les unes des autres. C'est pour cette raison que l'on ne trouve pas d'animaux coexistants qui soient de type distinct et qui aient la même masse. D'autre part, une grande lacune dans la distribution des masses corporelles sera comblée par un certain animal évoluant, soit d'un poids inférieur, soit d'un poids supérieur, pour occuper le vide dans l'échelle des masses de l'écosystème. Si l'on reporte le poids des tous les animaux sur un graphique logarithmique, on trouve une distribution de points discrète espacée régulièrement (May, 1973). Dans un écosystème particulier, on trouve un facteur d'échelle réel approximativement égal à 2, ce qui correspond à la distribution géométrique du poids des animaux (Hutchinson, 1959)."

Je me demande dans quelle mesure ceci ne s'applique pas aux différents groupes dont est constituée une armée en ordre de bataille (on revient toujours à Sun Tzu: ses deux forces -ordinaire et extraordinaire- ne seraient que deux des échelons de l'organisation).

Il faudra y revenir plus longuement.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : sciences humaines
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 21 septembre 2006 4 21 09 2006 04:03

Voir dans une suite d'évènements une succession d'état Yin et Yang, présuppose que l'on tient ces évènements comme étant du même ordre. Le blanc succède au noir, le masculin au féminin, mais ils entretiennent entre eux un dialogue, qui forme la trame, le patchwork de nos descriptions. C'est ce que symbolise la peau tigrée que porte Fu Xi, qui fût l'inventeur des figures du Yi King.

Nous sommes là dans une description horizontale, plate des évènements, pour tout dire "synchronique".

Lorsque Sun Tzu parle d'utiliser concurremment la force ordinaire et la force extraordinaire, il nous dit autre chose. Il nous dit qu'il faut attaquer l'ennemi de façon large et ample d'une part, avec les moyens lourds, lents et difficiles à mettre en oeuvre, et d'autre part, perturber sa compréhension de la situation par l'emploi de moyens légers, faciles à déployer, rapidement à pied d'oeuvre. Il dit également que le bon général doit s'attaquer aux plans même de ses ennemis par la désinformation, l'espionnage et la propagande. Il s'agit ici de moyens encore plus légers (quelques espions) à mettre en oeuvre. L'alternance dont il s'agit relève certes de la dialectique du Yin et du Yang, mais plus encore, Sun Tzu développe son analyse de la situation sur plusieurs niveaux, utilisant des constantes de temps différentes, son analyse est "diachronique".

L'attitude taoïste consistant à coller pleinement à la situation afin d'utiliser son potentiel (lire absolument le traité de l'efficacité de François Jullien) est me semble-t-il par essence diachronique. Ceci devrait avoir des conséquences quant à l'interprétation des figures du Yi King.

En effet, chacun des trois traits se rapporte à un niveau différent des situations décrites. Le trait du bas correspond à la Terre, celui du milieu à l'Homme, celui du haut au Ciel. En toute rigueur, ils ne devraient pas permuter à la même vitesse. Celui du bas devrait aller plus vite, celui du milieu être synchrone avec les changements à l'échelle humaine, celui du haut varier en fonction des valeurs qui nous guident. Une figure du Yi King serait plutôt la trace d'une coupe verticale faite de nos observations qu'un tableau à plat. Voir à ce sujet  mon développement sur les figures du Yi King.

C'est cette façon homogène d'analyser chacune des différentes strates de la situation (chaque niveau est soit Yin, soit Yang) qui me fait y voir une ébauche de structure fractale.

Voir ici toute la richesse et la diversité que l'on découvre, de strate en strate, lorsque l'on voyage d'un niveau à l'autre d'une seule et même image fractale comme la célèbre fonction M de Benoît Mandelbrot.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 19 septembre 2006 2 19 09 2006 13:00

Je zappais hier comme d'habitude entre les différentes chaînes de télé, et comme il n'y avait décidément vraiment rien d'intéressant, j'ai fini par être attiré sur Planète par un docu sur ces fous qui ont décidé d'aller tout seuls, comme des grands dans l'Espace.

Ces doux dingues, tous américains, ont tout plaqué, tout claqué pour un rêve : monter là-haut. Et même s'il a fallu des milliards à la NASA, ils ont décidé que c'était faisable. J'ai fréquenté des américains dans le travail, je vois tous les jours des anglo-saxons, Anglais, Sud Af, Australiens, Canadiens et tous me fatiguent par leur façon de travailler, sans idée, sans imagination, en suivant les "procédures", qu'elles viennent de Brisbanne, de Houston ou d'ailleurs, fatigué de leur horizon rétréci.

Et puis là, la folie à l'état pur, celle qui soulève les montagnes, et réussit, contre vents et marée, avec un autre fondu, anglais (la patrie des originaux). Sir Richard Brandson de Virgin qui cherche toutes les occasions de s'envoyer en l'air, et y réussit merveilleusement. Voir le Star Ship one est extraordinaire, aussi fragile que l'avion des frères Wright.

Le hasard et la nécessité à l'état brut, la liberté absolue de faire n'importe quoi, ce contre quoi, bien sûr, la majorité se défend en se protégeant comme elle peut, d'où le leitmotiv américain dans les bureaux: "save your ass"; mais à côté, de ça, quels exemples de réussite.

Et puis, je continue à zapper, et je tombe sur un docu sur la Chine, et sur le communisme d'après Deng Xiao Ping, le massacreur de la place Tien An Men (1000 morts). Je quitte une histoire d'un seul (ou de peu) pour tomber sur celle d'une multitude. Le commentateur parle de la façon dont Deng Xiao Ping récupère les techniques du capitalisme au service de communisme; comment il explique que le communisme n'en est qu'au premier stade, celui où la rentabilité est le moteur des organisations ; comment pour vaincre, le communisme doit d'abord apprendre et se plier aux leçons du capitalisme. Chapeau, je retrouvais là, bien vivante une approche taoïste comme je n'espérais plus en voir. C'est mieux qu'une raffarinade (the yes need the no to win...).

Il dit que mille morts à Tien Nan Men c’est peu payé pour éviter de connaître l'anarchie soviétique d'après la perestroïka. Sommes-nous sûrs qu'il ait tord?

Bref, à ma courte, mais très profonde honte, et malgré sa photo peu avenante, l'homme force mon respect et j'avoue qu'il me semble le comprendre et oui, c'est comme ça.

Le mieux, c'est le discours d'un ex-cadre du parti, jeune loup reconverti dans la promotion immobilière expliquant que tout va très bien: ceux qui veulent la sécurité pépère vont dans l'administration, les autres se lancent dans le privé. Je retrouvais là le discours sur la France à 2 vitesses de je ne sais plus qui du temps de VGE (merci des précisions).

Et voilà, la boucle est bouclée: le libéralisme à outrance conduit les gens à protéger leurs fesses, tandis qu'un système où le minimum est assuré, permet une plus grande liberté à ceux qui le désirent. C'est pas beau la vie?

Ce n'est pas là où je voulais en venir, mais plutôt à ceci: je vois sur notre bonne vieille Terre deux forces en actions, l'une mâle et virile tue beaucoup (28.000 morts par an par arme à feu sur 300 millions d'habitants aux USA), mais permet l'expression des meilleurs (comme on dit dans les films de série B : les meilleurs des meilleurs), l'autre, plus féminine, protectrice à en étouffer ses enfants (18.000 exécutions par an sur 1,5 milliard d'habitants en Chine), normative, mais qui permet de belles échappées, appuyée sur une masse irrépressible.

Pour en revenir à notre analogie avec un vaisseau lancé dans l'espace, peut-être que pour faire évoluer l'équipage, il importe d'utiliser, comme l'écrivait Sun Tzu, la force ordinaire et la force extraordinaire.

La maladie dont souffre actuellement l'équipage, c'est que les représentants de la force extraordinaire, se trompent de casting en oubliant que la légèreté est leur meilleur atout.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006 3 13 09 2006 12:03

Qu'est-ce qui rend si attractive la théorie de la psycho-histoire (ou tout au moins la possibilité de son existence), si ce n'est le pouvoir qu'elle pourrait représenter dans des mains bien intentionnées (forcément bien intentionnées!).

En effet, n'est-ce pas grâce à cette théorie qu'une petite équipe de scientifiques dirigée par Hari Seldon, le théoricien de la chose, va ensemencer la galaxie en dégénérescence d'une petite Fondation, basée à un bout de la galaxie sur le planète Terminus.

Donc, une équipe d'une trentaine de personnes (relayée ensuite par la seconde fondation) va manipuler une colonie de quelques centaines de milliers de personnes, qui à leur tour va orienter l'avenir d'une galaxie. Il y a là un effet démultiplicateur qui s'apparente aux meilleurs scénarii imaginés par les tenants de la théorie du complot. Mais la manipulation est encore plus complexe, si l'on tient compte du rôle d'un certain robot (pour les aficionados d'Asimov).

D’autres théories du même type ont excité les foules. N'est-ce pas le fantasme des terroristes que de changer le Monde par quelques actions ciblées. Les idéologies de la révolution, qu'elles soient de droite ou de gauche, bien qu'elles mettent en avant le rôles des "masses", s'appuient toujours sur le rôle de catalyseur d’un "parti" quel qu'il soit.

De même pourrions-nous parler de la manipulation des dogmes religieux par les clergés pour assurer la pérennité de leur églises au sein de leurs fidèles.

Bref, la question tourne toujours autour du même problème : comment démultiplier la puissance d’un seul (tyrannie) ou d’un petit nombre (oligarchie) pour diriger le peuple.

Les chinois avaient analysé le problème il y a fort longtemps, et les « légistes » avaient élaboré une théorie du pouvoir basée sur le respect absolu de la loi.

Mais tout ceci manque de subtilité : ce qui nous intéresse n’est pas tant d’imposer quoi que ce soit par la force, mais plutôt, de comprendre quelles sont les facteurs qui permettraient d’induire une réaction inconsciente dans la masse que l’on vise : c’est en cela qu’une théorie du complot se distingue d’une théorie du pouvoir : le pouvoir dont on parle ne se fait pas sentir. Il s’agirait en quelque sorte rien de moins que de maîtriser l’effet papillon (ce qui posé en ces termes semble bien sur impossible).

Dans une telle problématique, il est évident qu’il faut prendre en compte différents niveaux d’analyse pour décrire les organisations sociales observées, car les phénomènes dont ont parle se déroulent simultanément sur différentes échelles (nombres d’individus/échelles de temps/espace occupé).

Pour cela deux outils sont à privilégier:

  • les structures fractales,
  • les groupes de renormalisation

Hari Seldon

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés