Recommander

Commentaires Récents

Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 11:51

Publier mon dernier article sur le blog n'a fait que remettre en marche la machine à cogiter.

Lorsque je souhaite, voir 1000 ou 100.000 collectifs comme KURTRAJME Production essaimer en France, il faut préciser mon attente. De fait, il y a des millions de regroupements en France qui quadrillent et structurent le pays : 1,1 millions d’associations, 3,3 millions d’entreprises, 36.000 communes, 25 millions de foyers etc…

Ce qui est précieux dans le collectif  KURTRAJME, c’est l’émulation entre les membres. Il y a une effervescence, une dynamique un peu comme dans une culture de cellules souches. C’est une sorte de vivier.

La plupart de nos compatriotes vont à l’école, se font des copains, mais peu finissent par faire du cinéma, ou du théâtre, ou lancent des fusées dans le ciel, ou éditent Charlie Hebdo, ou créent Médecins sans Frontières ou … tant d’autres choses.

En regardant autour de nous, il semble bien que le succès d’un projet, d’une vie ou d’une idée tienne à de telles rencontres. Question de chance, de hasard.
Or, pour favoriser le hasard, il faut multiplier les chances de contacts.
En conséquence, ces viviers seraient essentiellement un phénomène urbain (je vous épargne tout rapprochement avec une caractérisation d’une société par le calcul d’une dimension fractale, voir ici à ce sujet).
Ce qui nous conduit à une certaine «tension» nécessaire dans la société :

  • - notre survie passe par une dilution de la population vers la campagne (baisser la densité de population pour limiter les nuisances et les concentrations d’énergie ou de polluants),
  • - notre avenir passe aussi par l’innovation (tout au moins dans une conception européenne du développement), ce qui passe par l’urbanisation (sans oublier internet).

Je ne pense pas que l’on puisse dépasser cette tension grâce au seul développement d’internet. Il y manque l’imprévu, la richesse, le côté charnel des véritables rencontres qui ne se font qu’à la ville. Et c’est peut-être la grosse difficulté que rencontre le mouvement écologique: leurs propositions sont, par essence peu bandantes. Il faudra plus d’un Daniel Cohn-Bendit pour rendre celles-ci attrayantes !!!

Je me demande dans quelle mesure cette contradiction (nécessaire) ne rejoint pas le fameux et controversé concept de « France à deux vitesses » de Lionel Stoléru.

En parlant de regroupement, il me faut vous laisser: j'ai rendez-vous sur la route de Bassam, dans un petit maquis en bord de mer, pour fêter le départ d'un collègue. Au programme: kédjénou de poulet et carpe de mer, mais que ceci reste entre nous.

Et dire qu'elles croient que nous sommes là pour le plaisir..
Hari.
Par Hari Seldon - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 14:15
Pas mal de bribes de discours tournent dans ma tête en ce moment, et puis, ce matin une idée se scotche à moi: il y a une parentèle entre la falsification de Popper et l'instinct de mort de Freud (expliqué par Lacan, toujours).
Le symbolisme se résume à la capacité d'indiquer ou non quelque chose, le symbole représente, mais pourrait tout aussi bien ne pas représenter, passer d'un état à l'autre, et cette mutation potentielle (le livre des mutations, le Ki king!) est la marque du symbolique.
Dans le domaine scientifique, une théorie est acceptable tant qu'une expérience, ou un raisonnement ne prouve pas sa fausseté. Toute théorie est donc éminemment symbolique, car malgré sa prétention à représenter la réalité, elle est toujours potentiellement fausse.
Ce qui revient à dire que la science est par essence un langage, c'est peut-être trivial, mais fixe bien son statut de praxis au sens Lacanien du terme. A savoir une manière de traiter le réel par le symbolique. La science n'a pas valeur de vérité, et n'est pas sur le même terrain qu'une religion.

Doit-on s'étonner d'une telle rencontre entre Popper et Freud, qui tous deux ont tourné autour du cercle de Vienne. Sans y participer activement, au moins en eurent-ils quelques échos.

Ce qui rejoint par un biais insolite des réflexions que je me faisais hier en regardant une émission sur KURTRAJEME Productions.
J'étais impressionné par la vitalité qui se dégageait de ce collectif, et je faisais un rapprochement avec la troupe du Splendid, celle du café de la Gare de Romain Bouteille et puis, en remontant le temps, celle d'Hervé Villard à Avignon.
Je recherchais d'autres exemples de tels groupes sources d'un jaillissement d'idées. Je pensais alors au clan Curie pour l'aventure française de l'énergie atomique, à l'école de Copenhague pour la théorie quantique, et d'autres encore, qui arrivent en foule: le groupe Dada, les Surréalistes, et les peintres du Bateau  Lavoir, Montparnasse et finalement, le Cercle de Vienne, pour commencer le XXème siècle.

Un domaine de recherche intéressant serait sans doute d'expliciter les conditions d'éclosion de tels tourbillons germinatifs, pour en faire éclore 1000 ou 100 000 dans nos écoles, sur nos places publiques, à l'université comme dans le 93. Que la France bouge enfin son cul.

Et moi-même ne vais pas tarder à me lever, c'est l'heure de l'apéro, autre lieu de regroupement, mais là, on tombe dans les brèves de comptoir !
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /2008 12:32

Le bouddhisme apprend à être attentif au monde,  à recevoir nos leçons des circonstances, des évènements les plus quotidiens. Il est dit que si l’on y est attentif, Bouddha, pour nous conduire à l’éveil, peut se manifester sous n’importe quelle forme.

Me vient en mémoire cette histoire zen:

Un moine commence sa leçon, lorsqu'un oiseau se pose à la fenêtre et se met à chanter. Son chant est si mélodieux que le maître se tait, tous écoutent en silence, puis l'oiseau s'envole. Le maître dit alors que la leçon est terminée.


Il me semble, mais l’impression est aussi évanescente qu’un rêve au réveil, qu’il m’a été donné il y a peu de recevoir une telle leçon.


Depuis l’été, j’avais décidé et payé ma participation au grand festival Kadampta, qui c'est tenu début novembre à Paris. Occasion surtout de voir, pour sa dernière apparition publique hors d’Angleterre, le Vénérable Guéshé Kelsang Gyatso. A ce désir, s’ajoutait d’autres intérêts personnels, qui faisaient de ce séjour à Paris à cette date particulière, quelque chose de très précieux.

Or, depuis septembre, j’étais très occupé sur le chantier d’Abidjan, et j’avais renoncé à ce voyage. J’avais également renoncé à assister un peu avant cet évènement aux essais d’un transformateur à Zagreb, laissant le soin d’y assister à d’autres. Mon renoncement était donc complètement assumé, bien que j’en fusse désolé.

Cependant, et je ne sais pourquoi, quelque chose me disait que je serais à Paris à cette date.

Pour garder trace de ce sentiment, je me suis même ouvert de cette certitude à certains "autres intérêts personnels" cités plus haut; histoire d’avoir un témoin.

Et puis, le jeudi, le transformateur en question présente une avarie, qui m’oblige à aller à Zagreb, et dans la foulée, m’a donné l’opportunité d’assister en partie au festival etc…


Vous me direz qu’il n’y a là rien de bien extraordinaire, et c’est parfaitement vrai : simple histoire de circonstances et de hasard. Mais là n'est pas l’important.


Ce que je voudrais approfondir c’est, pendant le temps de ce festival, ce sentiment vécu d’être «en phase», d’être en harmonie avec le moment, dans le sens du courant. De ne pas «être» face aux évènements, mais faisant partie d’une trame. Ni gai ni triste, juste là, sensible à la vibration du moment. Je n'ai pas considéré la situation comme un voeu exaucé, manière détournée d'imposer ma volonté aux circonstances, (je n'ai pas souhaité cette avarie, en fait) mais comme une harmonie: j'étais là où il fallait, point barre. Toute autre disposition aurait été "tordue" en quelque sorte.

En ces circonstances "apaisées", j'étais plus attentif, sensible, qu'à l’ordinaire.

En cette occasion, j’ai recueilli comme signes certaines paroles qui furent dites, tel un banal conseil de lire un livre - donné en passant, hors de propos, presque, par notre responsable de centre Mahayana de Nouméa revu à cette occasion - que je reçu comme un indice précieux.

J’ai compris alors ce que je venais d’entendre de Guéshé Kelsang Gyatso: Bouddha peut être présent dans le geste le plus futile, mais il faut y être attentif pour le capter.


L’image que j’ai de mon sentiment d'alors, est celle d’une surface d’eau calme. J’ai ressenti  furtivement à quoi doit ressembler la contemplation de la vacuité.

Il faut se calmer pour aiguiser sa sensibilité au Monde. On ne goute pas un grand cru sur un quai de gare bousculé par la foule, mais plutôt à l’ombre dans un chai, entre amis.


Image qui me renvoie à Lacan, pour qui la conscience est une telle surface réfléchissante, perturbée, gauchie par notre «Moi». Et je retrouve encore cette grande proximité conceptuelle entre Lacan et le Bouddhisme. Et je comprends l’utilité qu’il y a à «décrocher» de son «Moi»; à liquider au mieux toutes les petites saletés, petites lâchetés quotidiennes qui nous raccrochent par les basques et nous scotchent au Monde. Pour mieux voir, sentir, aimer, il faut se détacher.


C'est finalement assez bien que ce blog reste là tranquillement ignoré, blotti  douillettement au fin fond d'Overblog: il me sert de carnet de route, presqu'un journal intime (presque).


Ami du hasard, bonsoir.


Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : Bouddhisme
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 20:27
Ouf, après presque 2 ans, j'ai enfin terminé la lecture du tome II du séminaire de Lacan, plus que 23 et j'ai fini.
Mais je n'ai certes pas fini d'y revenir, car quelle leçon!

La fin du livre en particulier, là où il se lâche un peu sur sa définition du symbole, mérite le détour. Et il y insiste encore sur son rapprochement avec la cybernétique.
Laissons de côté toute l'approche pédagogique pour arriver au coeur de sa réflexion; tout symbole peut se résumer à une série de 0 et de 1 ou mieux: au passage possible de l'un à l'autre. Et cette faculté de passer de l'un à l'autre est proprement l'essence du symbole. Autrement dit lorsque je pose le symbole "1", c'est qu'en creux, ce symbole pourrait être "0". Le symbole marque une place potentielle, ce qui permet le jugement, le jeu, en bref l'humain.



L'ordre du symbolique, c'est l'ordre de la scansion, de la rupture de la succession des états.







Le réel, quand à lui, est "plein". Les objets "sont", point barre. Ils n'ont aucune tension, aucune urgence, aucun coup à jouer. Le joueur d'échecs par exemple cherche à avoir le "trait", c'est à dire le coup d'avance sur l'Autre qui lui permettra de survivre. La réalité, elle, s'en moque, comme les
pépins dont parle Prévert.



C'est en ce sens qu'au-delà du principe du désir (qui en gauchissant notre conscience du réel produit notre imaginaire) la possibilité du vide propre au symbolique est cet instinct de mort dont on s'inquiète tant. L'idée de ma mort, c'est bien cette peur que j'ai de ne plus être et nous sommes bien là dans le domaine du symbolique, puisqu'au niveau du réel ceci n'a aucun sens: dès l'instant où "je" meurt, "je" ne peux être dans aucun état, puisque "je" n'existe plus.
Et cet instinct de mort est fondamentalement lié au principe de répétition puisque la notion même de "répétition" qui implique la possibilité de changer d'état, ou d'évoluer, est équivalent à la possibilité que "1" succède à "0".

On voit par là comment, par des considérations complètement hors de la cybernétique, Lacan retrouve pratiquement le fondement de la machine de Turing !
Extraordinaire rapprochement !

Et cette lecture m'amène à reprendre le second article de ce blog où j'envisageais la possibilité à la fois d'être et de ne pas être. Je posais alors la question de savoir si Dieu pouvait être et ne pas être.
A la lumière de ce qui précède, la réponse évidente serait que Dieu soit symbole.

Ce qui, je vous l'accorde bien volontiers, ne résoud rien.

Sur ce, bonne digestion (mangez des pommes) et au plaisir (de Dieu bien sûr!).

Hari
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /2008 16:56


Voyez comment vont les choses, au moment précis d'écrire le titre de cet article, ma plume a langué et ce titre là m'est venu au lieu de celui-ci "l'Oedipe de Colone", censé couronner un petit texte pondu ce dimande (ils me paraissent un peu long ces temps-ci).
Bref, voici le morceau de bravoure en question, qui me vint à la lecture de 2 pages de "Le Moi dans la théorie de Freud":


Nous en sommes au point où Lacan essaie d’amener son auditoire à concevoir ce que Freud entend par «au-delà  du principe de plaisir» et en quoi la pulsion de répétition peut être comprise comme principe de mort, quoique le mot même puisse porter à confusion.
Lacan revient sur le mythe  d’Œdipe et s’attarde sur sa fin, une fois son destin accompli, sa mort à Colone.

L’idée c’est qu’au-delà de la parole qui porte le sujet, il n’y a rien. Ce qui s’illustre dans Œdipe par le fait qu’une fois son destin accompli, une fois qu’il a déroulé le fil de la parole qui le porte, qui l’exprime, qui le défini, il n’est que vide. Lacan met en exergue cette parole d’Œdipe, à cette période de sa vie :

« Est-ce que c’est au moment où je ne suis rien que je deviens homme ? »

C’est là, nous dit-il, que commence l’au-delà du principe du plaisir. Ce que le chœur antique commente ainsi:
« Mieux vaut en fin de compte n’être jamais né, et si l’on est né mourir le plus vite possible.»

N’est-ce pas là une thématique qui présente quelque résonnance rendant accessible à l’occidental que je suis, certaine approche bouddhiste.

Il y avait déjà l'dée suivante à laquelle j’étais parvenu: le Moi qui se développe sur le principe du plaisir, en réaction au monde (au Samsara en terme bouddhistes) me rend malheureux. Malheureux pour ainsi dire de façon mécanique, parce que je m’attache aux images qui fascinent mon attention. C’était du domaine de l’imaginaire.

Mais là nous sommes ailleurs, dans le domaine de la parole, du symbolique. Et ce qui est dit, c’est qu’au-delà, lorsque j’arrête de tourner comme un hamster dans ma cage, il n’y a rien et que je meurs.

Et Lacan cite ces propos de Freud :

«Ne croyez pas que la vie soit une déesse exaltante surgie pour aboutir à la plus belle des formes, qu’il y ait dans la vie la moindre force d’accomplissement et de progrès. La vie est une boursouflure, une moisissure, elle n’est caractérisée par rien d’autre que par son aptitude à la mort».

La vie, continue Lacan, c’est cela – un détour, un détour obstiné, par lui-même transitoire et caduc et dépourvu de signification.

Une petite musique dans ma tête:

              «[...] La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur
   Qui, son heure durant, se pavane et s’agite
   Et puis qu’on n’entend plus : un histoire contée
   Par un idiot, pleine de bruit et de fureur
   Et qui ne veut rien dire. […]» (dans Macbeth)

Cette voix (voie) qui s'élève et que l'on suit, au cœur de l’Occident, est ce que nous avons de plus précieux à livrer au Monde. Une démarche de plus de 2500 ans pour nous délivrer des dieux. Ce nettoyage de longue haleine correspond, dans son mouvement actuel, à un détachement progressif et conscient de cet humanisme (bonjour Foucault!) surgi dans nos représentations au siècle des Lumières et qui fût pour un temps la respiration nécessaire à ce vaste mouvement.

Cette démarche ne doit pas rester une simple prise de conscience intellectuelle et je comprends bien qu’une analyse me soit indispensable.
Une fois le pas franchi, et j’anticipe sur ce nettoyage personnel qu’il me faudra entreprendre, il y a quand même dans le propos de Lacan le mot «obstiné» qui subsiste. Mais, qu’est-ce donc qui peut bien s’obstiner ainsi ?


On voit par là que la pièce n’est pas jouée.

Revenons à nos bouddhistes : il y a dans la contemplation de la vacuité différents niveaux: l'illumination se fait par paliers, comme l'enseignement lui-même (Bouddha fait tourner la roue du Dharma pour aider le diciple à entrer dans le discours; belle figure de répétition obstinée, pour dire qu'il doit "con/prendre" la voix pour entrer dans la Voie).
Je pense que ressentir effectivement la vacuité du «Moi» reste au niveau dit «subtil» et qu’au-delà, l’expérience de la vacuité du «Je» s’apparente à l’exercice porté au niveau «très subtil». Et l’on pourrait réécrire ainsi la phrase d’Œdipe :

«Est-ce que c’est au moment où je ne suis rien que je deviens Bouddha ?»

 Il y a d’autres rapprochements à faire encore : dans le cycle (encore des répétitions) de ses méditations, le bouddhiste doit se convaincre de la souffrance des renaissances dans des règnes inférieurs (j’avoue que sur ce point j’ai le plus grand mal à suivre). Or, les images de la mort que donnent Freud comme Lacan me semblent pour un occidental, plus repoussantes que celles des bouddhistes. Lorsque Freud ressent la mort, dans son rêve sur l’injection d’Irma, ou lorsque qu’il l’évoque comme une «boursoufflure, une moisissure», ce sont là des images qui me choquent plus que d’imaginer des enfers de lames de rasoirs ou autres charbons ardents. En ce sens une approche occidentale de la tradition bouddhiste ne semblerait pas inutile à sa pratique.

Mais le iatus entre la théorie psychanalytique et le bouddhisme, c’est bien cette notion bouddhiste d’incarnation d’un «quelque-chose», soumis aux lois de l’inertie -le karma- (ce qui entre parenthèses reste très freudien) sans début ni fin et dont on se demande bien par quelle nécessité il est obligé de (il s’obstine à) prendre les formes successives qui l’incommodent tant.


Gardons le moral et haut les coeurs,
Hari


PS 1: j'ai un doute: en parlant de cet Oedipe qui déconne, je me demande si ce n'est pas moi, qui me suis vu à sa place, en position de déconner ?
L'idiot du jeu ?
Ne me faites pas dire qu'en me prenant pour l'idiot dont parle Macbeth, je me prenne pour dieu, car là c'est grave docteur !
L'analyse va devenir une nécessité thérapeutique, vous allez voir !

PS 2: Je relis aujourd'hui ce texte "
Un deux trois soleil", dans lequel, je parlais déjà du principe de répétition, il y a plus d'un an et je me rends compte que moi-même, je tourne toujours autour des mêmes idées, parfaite illustration d'une pulsion de répétition à l'oeuvre. Ce qui change d'un texte à l'autre, c'est d'avoir fréquenté entre temps quelques bouddhistes, et peut-être mieux appréhendé la différenciation Symbolique / Imaginaire.
Ce retour sans fin s'étend à toute la cosmologie (voir l'article"Hic et Nunc") où je reviens sans cesse sur les mêmes traces, même après de longues périodes...

PS 3: En relisant le PS 2, j'ai l'image des Dupondt (deux idiots...) tournant en rond sur la Lune et retombant sur leurs pas.
Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /2008 13:53

Voilà, je me retrouve établi dans une autre sinécure, à Abidjan, sur un nouveau projet. Je quitte Nouméa sur une fin de contrat, pour reprendre un projet à son début : c’est ce que j’aime dans ce métier, la possibilité de construire au sens le plus basique, comme un bousier roule sa boule.

Phase un peu délétère du projet où l'équipe se met en place, l’essentiel sera d’éviter les écueils dans cette sorte de rafting industriel, mais les rapides sont encore à quelque distance.

J’en ai profité pour aller régler quelques affaires à Nouméa où j’ai, par chance, assisté à une transmission de pouvoir du bouddha de la compassion Avalokiteshvara avec un invité de choix : Guèn Rabten venu d’Australie pour la circonstance. Je suis reparti de Nouméa par le même avion que lui, ce qui nous a permis de discuter un peu en salle d’attente.

J’ai essayé d’amener la conversation sur le point suivant : est-ce que l’imagerie dont s’entoure le bouddhisme, issue de la culture ambiante indoue, et qui a pour vocation de facilité la transmission de l’enseignement bouddhiste dans cette culture, n’est pas un obstacle pour un européen. En effet, ce dernier doit assimiler une culture nouvelle, une imagerie qui lui est largement étrangère, comme préalable à l’enseignement proprement dit. La conversation a dévié sur les différences culturelles, mais je n’ai pas eu de réponse….

J’y reviendrai lors de notre prochaine rencontre, en novembre à Paris.

Puis, je tombe sur ce numéro hors série du Point alors que l’on n'entend parler que de la réédition de Lévy Strauss à la Pléiade (qu’il me faudra lire, forcément lire). Quelle chance d’être en France et d’avoir ce genre de périodiques !

Enfin je comprends un peu mieux la filiation entre Husserl et Descartes à travers l’article sur Sartre (et donc le substrat phénoménologique d’Abellio, à la base de mes développements):

Nous n’avons pas d’appréhension directe des choses, simplement notre point de vue.

Toutes ces savantes discussions pour en arriver là : appliquer  dans le domaine de la perception humaine le principe de relativité qui se propage de proche en proche dans toutes les sphères de l'entendement depuis l'antiquité et marque dans sa progression, le progrès de la connaissance humaine.

C’est tellement évident, mais dit de façon bien alambiquée par Sartre, qui en fait se dépeint plus qu’il  n’avance dans la théorie.

C’est normal : la pensée s’élabore avant de disposer des outils adéquats. C’est la même chose en mathématiques : d’abord un génie résout un problème dont il a l’intuition, puis il élabore les concepts nécessaires au dialogue, afin d’emporter l’adhésion de ses pairs.

Un enfant de 9 ans d’aujourd’hui connaît ses tables de multiplication, mais combien de millénaires ont-ils été nécessaires pour mettre au point la numérotation décimale qui nous est triviale ?

Autre découverte de Sartre : l’Homme n’ «est» rien en soi, sa conscience est «conscience de quelque chose», simple tension vers le Monde. L’Homme, par sa conscience n’est pas, mais ex-iste. Ce qui est amusant, c’est que ce néant lui donne la nausée, alors que depuis 2500 ans, les bouddhistes, cherchent à se fondre dans cette vacuité pour atteindre à l’état de Bouddha.

Quand je vous disais que Sartre nous parle de lui à travers sa philosophie !

Aurait-il seulement été philosophe s’il avait été beau ?

Car enfin, d’un même constat (la vacuité de l’Etre), c’est bien l’intention qui détermine la position philosophie de Sartre ou de Bouddha. Nous retrouvons ici, au niveau de l'élaboration des concepts le même relativisme qu'au niveau de l'observation des choses de la nature.

Ce recul dans la réflexion, cette prise de conscience permet d'élargir le domaine d'application du principe de relativité et en ce sens, marque me semble-t-il un progrès.

Ceci me fait penser à cette blague célèbre : un ange et un démon parlent boutique et se racontent leur univers. Le démon dit : c’est terrible en enfer, nous sommes tous attablés à un grand banquet, où sont servis les mets les plus délicats mais nous n’arrivons pas à manger parce que les couverts sont trop longs et ne permettent pas de porter les aliments à la bouche. L’ange dit : le paradis, c’est un endroit merveilleux, où nous sommes tous attablés à un grand banquet, et nous avons nous aussi de très grands couverts, ce qui nous donne la joie de nous nourrir les uns les autres…..

Pas sûr que l’enfer ce soit les autres.

Hari

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 16:16
"Papillon qui bats des ailes
je suis comme toi
poussière d'être"

 (Kobayashi Issa)

 Il est 15h, je suis encore au lit. Pas envie de bouger. Je suis sensible au calme qui règne dans mon studio, à la qualité de la lumière filtrant des rideaux tirés, aux bruits épars qui montent jusqu’à moi.

Le calme s’installe, après l’agitation de ces derniers temps.

Me voici donc à Abidjan, fini cet intermède de presque trois mois où j’ai papillonné autour de Paris sans, je crois bien, avoir passé plus de 3 nuits dans le même lit.

Il a fallu ce temps pour que s’éclaircisse ma route. Certaines potentialités se sont cristallisées, d’autres se sont évaporées et la voie s’est pour ainsi dire dévoilée d’elle-même, sans que je fasse beaucoup plus que d’y adapter mon pas.

A peine arrivée en France, le juge a prononcé notre divorce selon un planning arrêté depuis longtemps, puis dans la foulée l’appartement a été vendu, Isabelle est ces jours – ci en train d’emménager dans sa nouvelle maison. Les petites ne souffrent pas trop, j’ai pu les voir plus souvent étant en France et son nouveau compagnon me semble quelqu’un de bien. Mais il faudra que je planifie mieux qu’actuellement mes rendez-vous avec mes filles, pour en faire des moments privilégiés.

Le lendemain du divorce j’avais prévu de retrouver à Paris -où je devais m’occuper de la suite de ma mission en Nouvelle Calédonie- une personne contactée sur Meetic depuis un bon bout de temps. J’espérais beaucoup de cette rencontre, une nouvelle voie à suivre de conserve, orientée bouddhisme et autres intérêts spirituels. La rencontre a été très belle, et j’ai vécu 15 jours mémorables, entre cette femme à découvrir et un boulot à choisir.

Pour le travail, j’ai été tiraillé entre repartir en Nouvelle Calédonie, mais loin de Nouméa, ou un poste en Egypte : une nouvelle aventure, ou retrouver la Côte d’Ivoire, un pays que je connais. J’ai opté pour la prudence : la Côte d’Ivoire, avec cet avantage d’être de retour en France pratiquement une semaine chaque mois.

Du côté cœur, les affaires ont vite mal tourné, difficile à s’expliquer. La fusion de nos deux personnalités en un couple ne s’est pas opérée (et pourtant...). Ce qui peut paraître étrange pour deux personnes attirées par le bouddhisme et cherchant à oublier/dépasser leur «Moi». L’échec m’a marqué, laissant un vide, le goût d’un manque, que je ne voie pas comment combler.
Peut-être suis-je déjà trop vieux, trop rassis dans mes pensées, mes façons d’être et de penser, incapable de communiquer vraiment. Et si Isabelle devait être la dernière, s’il fallait maintenant tirer l’échelle ?

C’est dans cette disposition d’esprit que j’ai revu une très ancienne amie, sensible aux choses en aux êtres. En égrenant nos souvenirs, en déroulant nos vies et parlant de nos solitudes parallèles, elle a douté que j’ai jamais aimé.
Elle avait mis là le doigt sur une vieille interrogation, peut-être une atrophie de ma personnalité.

J’ai revu pendant cette période ma première femme, après plus de vingt ans sans contact. Nous sommes restés à un niveau très superficiel dans nos conversations, pour ne pas nous faire mal bien sûr : la blessure que je lui ai infligée est trop importante pour qu’il en soit autrement. Mais elle a quand même remarqué que certaines de mes préoccupations n’avaient pas changées: en particulier elle m’a rappelé que jeune déjà, je me sentais vieux, hanté par la perspective de ma mort.

Et c’est vrai : toutes les théories que j’ai développées sont destinées, au fond, à trouver une échappatoire à cette angoisse qui est l’aporie initiale autour de laquelle je me suis formé. Mon intérêt pour la définition d’un temps fractal par exemple. Mon intérêt même pour le bouddhisme et cette notion de vacuité.

Par moment, j’envie ceux qui ont la foi (comme chantait Brel : être une fois, une fois seulement, beau, beau, beau et...)!

Incapable de suivre la voie bouddhiste en solitaire, j’espérais beaucoup en cette compagne entrevue, je la voyais comme une initiatrice potentielle, capable de m’amener au-delà de ce que je peux naturellement appréhender, et qui m’intéresse tant. Mais bon, c’était encore une fois sans doute une vision égoïste de notre relation.
Pour aimer vraiment, il faut se décentrer, s’oublier vraiment, ce que j’ai du mal à faire (même pas capable de me laisser hypnotiser !), obnubilé par cet idée de mort qui mange ma pensée.

Mais comment entrer dans une relation avec les qualités que j’espère développer dans cette relation ?

C’est un cercle vicieux, dont on ne peut sortir qu’en sortant du jeu, qu'avec une grâce particulière, un joker, comme un coup de foudre peut-être, pour exploser ce cercle et fusionner les êtres.

Je pense (aujourd’hui, mais je me soigne) qu’il est trop tard pour une telle rencontre, il faudrait mieux que je me fasse à l’idée de vieillir, de mourir. Je n’aurai jamais le temps d’arriver à contempler la vacuité, pas de maître ici et pour longtemps.

Déjà, je n’ai plus de libido, plus de désir, plus d’envie, mûr pour me laisser glisser. Je ne suis même pas sorti de ce week-end, à peine habillé le temps de dîner à deux pas d’ici dans une pizzeria libanaise.

J’ai cette image du Grand Bleu, lorsque le plongeur solitaire lâche la corde pour commencer son exploration sans retour. C’est ce lâcher prise aussi beau et achevé qu’un geste de samouraï qui m’est difficile. N’est pas artiste qui veut, encore moins de sa propre existence.

Je peux néanmoins nettoyer autant que faire ce peut tous les troubles que j’ai causés aux autres, comme on arrange sa demeure avant la cérémonie du thé, comme on inspecte sa chambre d’hôtel en bouclant sa valise.

Devenir évanescent et puis m’effacer simplement (inutilement), sans trace, comme un visage sur une plage de sable effacé par la mer, what else ?

Que sont mes amis devenus
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte


Hari
Par Hari Seldon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 18:09

J’ai reçu récemment d’un ami cet email :

"http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/physique-1/d/un-univers-jumeau-avant-le-big-bang_15243/

La Réalité est souvent bien au-delà de toutes nos certitudes...

Cqfd"

Je pense en fait que l’ami en question, par cet article concernant une thèse selon laquelle un autre univers a précédé le nôtre, avant le Big Bang donc, cherchait à me montrer qu’au-delà de mes propres certitudes, il y a bien des choses que j’ignore.

C’est vrai que parfois je dois paraître bien pédant à ressasser quelques vérités à mes yeux premières, d'où cette petite leçon d'humilité sans doute. Pourtant cet exemple me semblait bien mal adapté à l’usage qu’on lui destinait.

En effet, que nous dit-on ?

Qu’avant notre Univers, avant le Big Bang, existait un autre Univers. La thèse est peut-être difficile à comprendre parce qu’elle utilise un vocabulaire scientifique pointu, que seuls quelques personnes peuvent comprendre et discuter, cependant, la problématique posée est vieille comme le Monde.

Les Incas, par exemple pensaient que nous vivions dans le 4ème Univers qui a existé (pour vous épargner des lectures fastidieuses, reportez-vous aux aventures de Corto Maltès dans l’album Mû).

Plus proche de nous, la Bible nous parle du déluge qui fît disparaître un monde pour que de celui-ci surgisse le nôtre. D’ailleurs, le mythe du déluge est extrêmement ancien : on le retrouve dans les aventure de Gilgamesh, le premier roman akkadien de l’histoire qui a aussi bien inspiré les récits mythologiques grecques, que religieux judaïques. Ce mythe est non seulement très ancien, mais également connu dans d’innombrables civilisations d’un bout à l’autre de la Terre.

Et d’une façon encore plus archaïque, les tribus africaines ont en commun cette idée qu’avant le monde des hommes existaient de grands anciens.

On pourrait encore se référer aux Bouddhistes, pour qui Siddhartha Gotama est le 4ème Bouddha de cet éon fortuné (qui en connaîtra 10.000), mais cet éon n’est ni le premier, ni le dernier.

Vous me direz que je suis hors sujet : la mécanique quantique comme la relativité n’ont rien à voir avec ces croyances.

Pas si sûr, car en fait cette théorie tente de répondre à une question vieille comme le monde, à laquelle chaque civilisation a tenté de répondre à sa manière. De tout temps, les hommes sont frappés par la succession de cycles qui règlent leur vie : le jour et la nuit, le cycle des saisons, sans parler des cycles lunaire et annuel. Par contraste, l'histoire des hommes se développe en un cycle ouvert, les hommes portent en eux une évolution : ils sont historiques, contrairement aux animaux. Ils savent qu’ils naissent et meurent, que les villes qu’ils établissent, leurs civilisations même vivent et meurent. La raison commande d’inscrire ces évolutions dans des cycles à long terme. Et tout l’effort des hommes tendra à «fermer la boucle». Sinon il y a hiatus, cassure, chaos. J’appelle ce type de problème un « effet de bord ».

C'est-à-dire que nous n’arrivons pas à imaginer quelque chose avant le début ou après la fin. L’impossibilité d’imaginer cela est portée par les mots eux-mêmes : avant le début comme après la fin sont des non-sens.

S’il n’y a pas d’écoulement du temps avant le début, ni après la fin, l’un comme l’autre accolés au néant, ne pourrions-nous pas dire qu’il y a une durée nulle entre le début et la fin des temps, autrement dit qu’ils sont contemporains ?

Dans cet ordre d'idées, pourquoi ne pas imaginer que la fin de l'Univers d'avant le Big Bang, dont parle cette nouvelle théorie, n'est autre que la propre fin de notre Univers actuel. Nous avons alors reconstitué un cycle, pensée somme toute en harmonie avec notre forme de pensée et qui évite le recours à une suite infinie d'Univers.

Difficile de s’imaginer parcourir le temps, mais l’espace pose le même type d’ «effet de bord».

Tant que l'on pensait la Terre plate, il y avait un problème de "bord". Les marins de l’antiquité, jusqu’à Christophe Colomb en fait, avaient peur de « tomber » dans le vide s’ils atteignaient le bord du monde.

Et puis, comment expliquer que le monde tienne sur « rien » ?

Les chinois, par exemple, pensaient que la Terre était portée par une tortue géante. Mais sur quoi reposait cette tortue, me direz-vous. Et bien c’est simple : sur une autre tortue, et ainsi de suite en une régression infinie. Il n’est pas inintéressant de se souvenir que les idéogrammes chinois étaient à l’origine les figures formées par les craquelures des carcasses de tortues que l’on jetait au feu pour y deviner l’avenir. D’une certaine manière le monde était porté par le verbe, ce qui fait un rapprochement inattendu avec la Bible : au début était le verbe.

Vous allez me dire que je fais des enchaînements de présentateur de télé, mais effectivement, nos représentations, nos imaginations, nos découvertes mêmes sont limitées par notre verbe. Notre questionnement est porté par notre possibilité de l’exprimer, de le mouler dans notre langue. La façon dont nous sommes capables de l’exprimer (au sens ou l’on exprime le jus d’un citron) est modelé par notre langue (Lalangue de notre mère comme dirait Lacan).

En ce qui concerne la Terre, le problème est résolu lorsque l'on conçoit la Terre comme ronde. Le français (ou le latin) pour cela dit bien ce qu'il veut dire : on "résout" le problème comme on trouve une "solution" à un "calcul".
C'est à dire, littéralement que l'on dissout (solution/résoudre) la pierre (le calcul).
Dit autrement: on a la réponse finale quand la question ne se pose plus, ou mieux: il n'y a jamais de réponse, simplement des questions qui ne se "posent plus", qui ne s'énoncent plus.

Nous rejoignons alors le domaine de l'"indicible".
C’est pourquoi, sans doute, le Bouddhisme, qui n’est pas une religion basée sur un écrit, me semble en cela supérieure aux religions du Livre. Bouddha, pour enseigner tourne 3 fois la roue du Dharma, et cet enseignement n’est pas non contradictoire, car il tient compte de l’évolution de son auditoire, d’un tour de roue à l’autre. Ce besoin de trouver plusieurs sens (le sens derrière le sens) à la lecture d’un texte explique peut-être la démarche des hermétismes et autres kabbalistes?

Pour donner un exemple simple de problème lié au fait de "dire", prenez le paradoxe du menteur:
Si je dis :
"Je mens":
Ou bien je dis vrai, ma phrase est vraie, donc je mens, et mon hypothèse est fausse,
Ou bien je mens, ma phrase est fausse, donc je ne mens pas et mon hypothèse est fausse.
Ce type de phrase indécidable, transgresse la logique élémentaire qui stipule qu'une assertion doit être vraie ou fausse, mais pas les deux ou ni l'un ni l'autre (principe du tiers exclu des grecs).
C'est ce type de limite qui me fait douter que l'on puisse imaginer mettre la vérité en phrases.

Pour en revenir à l'Univers, je pense personnellement qu'il faut trouver un modèle "fractal" dans toutes ses dimensions (tant spatiales que temporelles), c'est le sens de tous mes développements.
Ceci veut dire, en particulier, que l'on existe sur plusieurs plans de temps, que nous étions, d'une certaine façon déjà présents au commencement des temps, et que nous serons là à la fin des temps, et de plus que la durée du début à la fin (d'une certaine façon) est nulle. Pour avoir une image de ce à quoi je fais allusion, je vous engage à voir des images fractales.
De la même façon, je pense qu'une distance infinie sépare mon pouce de mon index: en effet, si "à l'extérieur de l'univers", il n'y a plus rien, donc pas de distance, alors, en passant par l'extérieur les points opposés de l'Univers sont à une distance nulle. Corollaire: entre mes deux doigts serrés l’un contre l’autre, je peux faire tenir l'Univers entier.

D’ailleurs, vu la taille initiale de l’Univers lors du Big Bang, je n’aurais eu à l’époque aucun mal à le tenir entre mon pouce et mon indexe serrés l’un contre l’autre. (Bien entendu, cette expérience était impossible, puisque précisément, à l’époque du Big Bang, tout ce qui me constitue actuellement était dans cet Univers minuscule, et donc je n’aurais pas pu le tenir de l’extérieur, puisque j’étais dedans…)

Comme le disait mon ami "la réalité est au-delà de nos certitudes", mais sans doute bien au-delà de ce que lui-même est près à imaginer !

"Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en rêve votre philosophie." disait Hamlet à Horatio, mais de nous deux, qui est Hamlet, qui est Horatio ?

Hari

PS, en cherchant une illustration représentant la Terre portée par une tortue, je tombe sur ce
site, qui rapporte ce propos de Lacan:
 "je me suis aperçu d'une chose, c'est que, peut-être, que je ne suis lacanien que parce que j'ai fait du chinois autrefois"
Etonnant, non ?

Par Hari Seldon - Publié dans : philosophie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /2008 23:05

Fait-on jamais autre chose que tourner en rond, quelque soit la taille de la cage?
Je me rends compte, en le relisant, que mon dernier article, sur la théorie du complot, renvoit au premier, où j'exposais le thème du livre "Fondation", à savoir comment, à l'aide d'une théorie, la "psycho-histoire", un groupe minuscule infléchit le cours de l'histoire.
N'est-ce pas là le but même de nos fameux comploteurs, conspirateurs, illuminati ou illuminés de tous poils ?
D'un certain point de vue, toute idée, tout développement intellectuel, toute "information" est par essence subversive. Ce mot d'"information" est d'ailleurs très explicite: il veut dire "mettre en forme", donc changer, modifier, en un mot manipuler; sauf que les modifications attendues ne sont pas forcément obtenues "manuellement".
Mais il y a bien l'idée que l'information peut diriger, gérer de la matière et donc mettre en oeuvre de l'énergie. C'est le rapport du peu au multiple, de la commande à la machine, du général à la troupe, en un mot, nous sommes au coeur des problèmes d'organisation: comment mettre en oeuvre des énergies colossales par le truchement du verbe.
L'information a une connotation positive: on s'informe pour prendre les bonnes décisions, pour mettre en oeuvre une politique acceptée.
Mais l'on peut également vouloir contrôler l'autre à son insue, sans son accord, ou bien détourner l'énergie d'un organisme à notre profit. il y a alors conflit. Se pose alors la question de savoir comment obtenir de l'autre ce que l'on désire en minimisant notre propre dépense d'énergie: c'est toujours un problème d'information, mais souterraine cette fois. Il faut introduire chez l'autre, une information qu'il ne désire pas forcément: c'est le virus dans les cellules, ou le virus informatique dans les programmes ou la manipulation des foules.
Le complot ne se distingue des techniques de gestion que par l'intention.
Et je reviens sur cette remarque faite par le webmaster de siti-net rapportée dans le précédent article: en améliorant ses connaissances il faut toujours prendre en compte la part d'ombre de chaque nouvelle avancée. On peut vouloir devenir le bon chevalier blanc, mais il ne faut pas être naïf pour autant

Ceci dit, il semble bien que la "psycho-histoire" du bon docteur Hari Seldon, n'échappe pas à cette double facette, qui se dédouble à l'infini: la planète Terminus est le siège d'un complot contre l'Empire. Mais, au coeur du complot, les détenteurs du savoir -les psycho-historiens- forment la Seconde Fondation, et manipulent la Première. Et enfin, il y a un comploteur au dessus de la Seconde Fondation, qui se trouve sur Gaïa.
Allez, on va le dire, il y a là un petit côté fractal ou poupées russes, que l'on retrouve dans tout bon complot comme dans toute bonne organisation.

Quand je vous dit que l'on n'arrête pas de tourner en rond (c'est le principe de répétition de Freud au niveau de l'individu). Comme disait Horare: bis repetita placent.
Animation2-copie-1.gif Il fallait bien que je termine par cette illustration de la Structure Absolue d'Abellio, non ?

Cette article est également un bouclage en un autre sens: ce jour est le dernier passé sur le site de Prony. Il s'agit donc là aussi d'un retour à la case départ d'une nouvelle mission que je ne connais pas encore.

A+
Hari.

Par Hari Seldon - Publié dans : sciences humaines
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /2008 04:43

On trouve de tout sur le net.
Je recherchais qui est
Deepak Chopra, qu'une amie m'avait recommandé de lire, lorsque je tombe sur un très beau site qui, outre en parler, s'intéresse aussi aux mystérieux maîtres du monde, dirigeant nos vies sans que l'on s'en rende compte.
Ce site -
syti-net- m'interpèle et m'agace: d'une part il traite de sujets qui me sont chers; il n'est que de voir la page de garde où l'on trouve pèle-mèle -comme ici- des sujets sur les fractals, la métaphysique, la science fiction, la sagesse etc ... tous sujets poste-soixante huitards, il faut bien le dire; d'autre part, il part à donf dans une théorie du complot, beaucoup plus inquiétante.
Je n'aime pas cette proximité des sujets, et j'aime encore moins mon attirance pour cette promiscuité.
Oui, il faut bien me l'avouer, la théorie sénaire, développée à partir d'Abellio, pourrait être vue comme un "instrument" destiné à manipuler des foules. C'est d'ailleurs la réaction qu'avait eu Tonnelat, de qui je m'étais inspiré pour la partie thermodynamique du développement. Sa réaction, en gros, était de dire que l'on ne devait pas assimiler des êtres humains à des objets comptables, parce qu'ils ont un libre arbitre. Son refus était d'ordre religieux, il me l'a écrit, et je pense que l'argument ne tient pas: on peut utiliser des statistiques pour prédire des comportements humains.
Mais le débat est latent: la science peut-elle aider à manipuler les hommes ?
Si oui, que faire pour garantir notre liberté individuelle ?

Par exemple, que penser d'une tentative de complot à l'échelle planétaire pour orienter le développement de l'humanité?
D'une part est-ce plausible?
Pourquoi pas, puisque d'aucun y ont pensé, pourquoi ne pas imaginer que d'autres s'en soient occupé ?
A ce sujet, la
carte dressée sur syti-net est expressive:

MMBlackOrganisations4.gif

 


Maintenant, une chose est de s'ériger en maître du monde (jean Marie Messier, en son temps s'y était essayé), une autre est de savoir si une telle utopie a des chances de laisser d'autres traces que celles qu'aurait naturellement et librement suivi le développement de l'Humanité.
Voyons le centre de ce conglomérat qui semble être, pour l'auteur du moins, constitué par le "
Groupe Bilderberg".
Sa composition fait sourire: pas un japonais, ni un chinois, ni un russe dans cette cours de récréation pour grands de ce monde!
Par ailleurs, quelques patrons d'une presse, certes prestigieuse (Figaro, Les Echos, le Daily telegraph etc...). Mais ça ressemble plus à une instance de veille intellectuelle / économique / politique qu'un organe de décision...
Maintenant, qu'il y ait des opérations de lobbying pour favoriser le libre échange, très certainement, que l'information soit volontairement biaisée pour laisser se faire ce grand marché mondial, il ne faut pas être naïf: très certainement.
Mais, d'une part, est-ce un mal, d'autre part est-ce inévitable ?
Nous retombons sur le débat lancé par Dany-Robert Dufour qui fait l'objet d'un précédent
article.
Je pense plutôt que tout ceci accélère un processus naturel d'homogénéïsation des marchés, où Dieu n'a pas d'action particulière, mais où sont en action des lois aussi universelles que la croissance de l'entropie ou le principe d'inertie.

Nous en reparlerons bientôt.

Hari


PS: à cet article, j'ai reçu ce commentaire intéressant de l'auteur du site en question:

"Pour répondre à la remarque de votre article, J'ai aussi voulu réunir les 2 faces de l'Initiation (à ce qui est caché au plus grand nombre), l'Incal Lumière et l'Incal Noir comme dans la BD de Moebius. D'un coté la face lumineuse avec des sujets intemporels (science, métaphysique, spiritualité), et de l'autre la face sombre, avec les turpitudes de notre monde actuel.

Les 2 faces sont complémentaires car la compréhension de la face sombre découle de l'éveil de notre conscience provoqué par l'initiation spirituelle, qui nous amène à une vision globale des interrelations, ce qui inclut l'écologie et l'organisation de notre société. 

La plupart des gens ne connaissent aucune des 2 faces de l'initiation.
Un nombre plus réduit de personnes connaissent l'une des 2 faces. Connaitre seulement la face sombre amène à être cynique et matérialiste. Connaitre uniquement la face lumière amène à être naif et complètement inconscients des stratégies de nos élites dirigeantes.
C'est pourquoi il faut connaitre les 2 faces !"

Cette référence à l'Incal me renvoie directement à cet article précédent sur l'Incal et Lacan. Et cette idée de double face des choses à une résonnance particulière avec le précédent article sur le Tao Te King.

Par Hari Seldon - Publié dans : politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés