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Samedi 8 juillet 2006 6 08 07 2006 06:38

Dieu est - il ou n'est - il pas

Etre ou ne pas être; telle est comme toujours la question.

Il n'y a aucune raison pour qu'un dieu -quel qu'il fût- reste prisonnier d'un tel dilemme, tout simplement parce qu'il est formulée par un être non divin, donc limité. D'ailleurs, le principe du tiers exclus, sur lequel se fonde implicitement ce dilemme, n'est qu'un postulat, commode certes, intuitif, sans aucun doute, mais postulat il est, postulat il demeure.

Il me semble plutôt que l'idée de Dieu (si ce n'est Dieu lui-même), comme tout ce qui vit, devrait être une (notre) réponse à une aporie originelle, comme par exemple la réponse à cette question:

- La lumière est-elle faite d'ondes ou de particules ?

- Oui

La réalité de Dieu peut être du même ordre que celle du chat de Schrodinger.

Si l'on y pense bien, tout nous apparaît comme une réponse donnée, qui n'acquière un sens qu'en déchiffrant la question qui l'a suscitée, notre concept de Dieu n'échappe pas à la règle.

Je vous propose la réflexion suivante: par amour de l'Homme, et pour lui laisser sa liberté, la seule vraie manifestation de la bonté de Dieu serait de ne pas exister.

Mon adresse aux croyants est alors la suivante:

Et si Dieu avait décidé de ne pas Etre ?

Vous noterez la position interrogative dans laquelle je ne cantonne, comme Montaigne avec son fameux "Qui suis-je?", plus stimulant à mon sens que le cogito de Descartes.

Hari.

Par Hari - Publié dans : philosophie
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Commentaires

Si Dieu n'est qu'un existant indépendant des hommes et de la création, car antérieur à elle, et n'attend rien de la création en général et de l'homme en particulier, condamné par lui-même à l'absence éternelle, quelle importance qu'il soit ou ne soit pas ? En revanche si Dieu est détenteur d'une éxigence, s'il a une attente, encore faut-il savoir laquelle, mais la question de son existence se pose. Encore faut-il savoir si ce sont les hommes qui ont créé Dieu ou l'inverse. Mais si Dieu a créé les hommes, ces êtres capables de rivaliser avec lui, le fait de rester en attente se justifie, car il laisse faire l'homme au lieu de le guider en p)ermanence. Si ce sont les hommes qui ont inventé Dieu, afin de donner à l'existence humaine une finalité morale et pas seulement existencielle, Dieu peut aussi exister de par cette exigence des hommes et cette attente que nous observons dans toutes les civilisations. Jusqu'aux athées qui par leur négation de Dieu lui attribuent une rélaité, qui est celle de na pas exister, et donc d'être possible.

Que Dieu ait créé les hommes ou que les hommes aient créé Dieu est donc du pareil aux même. Evidemment, le Dieu créé par les hommes ou compris par les hommes dans l'antiquité est une force de la nature, un Zeus, un Wotan, celui d'aujourd'hui va revêtir une forme plus contemporaine, appelons une certaine forme de vie, de liberté. Entretemps, les hommes ont compris que le phénomène le plus grandisose auquel ils étaient confrontés pouvait être l'Amour, ou Agapê, c'est à dire une forme d'attacahement très haute, assez universelle, très désintéressée, mais pas complètement...

Cette confusion entre Dieu qui est, c'est à dire qui a une existence propre, et Dieu qui n'est pas, c'est à dire qui est une invention, Pascal a tranché magistralement, en disant que dans le doute, il n'y avait rien à perdre à croire en Dieu plutôt que de ne pas croire... Mais quitte à croire, prenons-le au sérieux et tâchons de ne pas lui déplaire, aujourd'hui, demain et le jour de notre mort, au cas où nous devriuons le rencontrer...
Commentaire n°1 posté par Tyrol le 12/07/2006 à 14h17

Tout à fait d'accord: nier dieu, c'est lui offrir une existence virtuelle, d'où le mode interrogatif que j'ai adopté.

Mais cet article était plus l'illustration d'un état d'esprit qu'une véritable interrogation sur l'existence de dieu.

Mon idée est la suivante: toute interrogation à laquelle on peut apporter une réponse n'a aucune importance. Il ne s'agit pour moi que de constructions de l'esprit, qui parlent plus de celui qui pose le problème, que le problème auquel on se réfère.

J'aime beaucoup l'idée de "résoudre un calcul", qui au sens propre signifie dissoudre une concrétion.

J’ai l’impression que nos raisonnements et nos jugements sur le Monde, quoique en nombre infinis, ne font qu’effleurer la diversité dans laquelle nous sommes plongés, et que même l’esprit logique le plus aiguisé n’arrive même pas à refléter ce qu’il voit, mais ne fait que renvoyer ses propres codes de programmation. Ceci me fait penser au projet de Wittgenstein et de son  tractatus logico-philosophicus, qui fît long feu au siècle dernier.

Pour faire image, si l’ensemble de nos discours sur le Monde étaient aussi nombreux que l’ensemble des nombres entiers E, alors, je pense que la diversité du Monde serait au moins l’ensemble des nombres imaginaires I. Autrement dit, alors que nous avons l’impression de « comprendre » le Monde au sens où nos le maîtrisons par la description logique que nous en faisons, j’ai l’impression que nous en avons une appréhension extrêmement lacunaire.

Hari

Réponse de Hari Seldon le 16/07/2006 à 02h48

En lisant la réponse au commentaire précédent, plutôt que dire que nos discours par rapport à la réalité seraient dans le même rapport que l'ensemble des entiers N par rapport à l'ensemble I des nombres imaginaires, j'ai une meilleure image.


Je propose de dire que nos explications sont comme un filet jeté dans la mer, qui ne nous permet de récupérer que ce qui est plus gros que la taille des mailles. Une autre image fractale: ce serait de marquer avec de la poussière de Cantor un univers à une dimension:


http://www.cedricgraziani.freesurf.fr/Les_fractales/cantor.htm


Remarquez dans le tracé de cette poussière comment, en passant d'un niveau à l'autre chaque trai Yang se transforme en trait Yin

Commentaire n°2 posté par Bisounours le 06/10/2006 à 23h40

Le langage, l'articulation même du langage en différents niveaux, et l'Homme pris lui-même dans ces jeux se déroulant sur plusieurs niveaux différents (symbolique/imaginaire/réel) y trouvant une sorte de niche écologique situé sur quelques niveaux en nombre assez limité, tout ceci participerait d'une gigantesque construction gigogne, comme des poupées russes.

 On peut lire chez Lacan (Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, livre II du séminaire):

"Retenez ceci à propos de l'extériorité et de l'intériorité-cette distinction n'a aucun sens au niveau du réel. Le réel est sans fissure. Ce que je vous enseigne par où Freud converge avec la philosophie de la science, c'est que le réel, nous n'avons aucun autre moyen de l'appréhender - sur tous les plans et pas seulement celui de la connaîssance- que par l'intermédiaire du symbolique."

Je pense que l'introduction d'une lecture fractale des organisations, au sens large (y incluant ce que l'on délimite comme l'Homme) éclaire d'un jour simplificateur la place de l'Homme au creux de sa parole et au sein de la nature.

Ce qui pose un problème quant à notre appréohension de l'Humanisme, comme le l'écrivait Foucault à la fin de son ouvrage "les mots et les choses":

".... alors on peut parier que l'homme s'effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable"

Réponse de Hari Seldon le 06/10/2006 à 23h53

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