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Bouddhisme

Mercredi 19 septembre 2007
Difficile de prendre la décision  de suivre la Voie qui s'offre à moi. J'ai bien parcouru  ce livre "La Voie Joyeuse",  qui présente à priori des récits  incohérents.

Le problème qui se pose au guide (car lire ne saurait suffire) c'est d'exprimer l'indicible.
En effet ,  nous sommes, nous Humains,  spécifiquement des  êtres de la "parole", c'est ce qui nous différencie des animaux pour l'essentiel,  ce qui induit la "réflexion" sur le monde (déjà un problème de miroirs, cher à Lacan).  Or, le but du chemin proposé se trouve au-delà des mots. Donc prendre conscience de la vacuité essentielle de notre "Moi", de notre représentation du Monde, c'est prendre conscience que tout ceci, toutes mes représentations ne sont qu'un reflet de ce que je peux exprimer. Je suis porté par mon discours, inscrit dans une  culture, exprimée par une langue.

Donc l'exercice de motiver un  éventuel adepte à suivre la Voie,  est extrêmement difficile,  puisqu'il faut user de mots qui de toute façon sont inadéquates. Chaque écrit est donc à réinterpréter en fonction du degré d'avancement. L'honnêteté tient à ce que le guide indique en permanence son but, ce qu'il fait (même s'il s'agit de "modeler", "motiver", "manipuler" l'esprit), et que l'ensemble du corpus soit accessible à l'élève (qui n'est limité que par sa propre compréhension). Dans ce contexte, vouloir creuser un texte, en faire l'exégèse trop tôt n'a pas de sens. Il faut, au début faire une épochè. La limite de l'exercice c'est qu'en cours de chemin, l'économie du texte s'éclaire effectivement par la pratique; sinon, il faut s'arrêter.  Voilà, je pense, le parachute qu'il faut s'accorder.

Il y a donc un moment de lâcher prise auquel il faut consentir, un acte de foi à poser, comme lors de la construction d'un pont, on projette son tablier dans le vide, en espérant qu'il ne s'écroule pas avant de pouvoir l'asseoir sur la pile suivante (si tant est, bien entendu que le pilier espéré soit au rendez-vous!!!).
viaduc-Millau.jpg
Ceci n'empêche pas, du côté de cette rive, bien (bien ?) enracinée dans le quotidien (sinon le réel), de trouver de nouvelles figures, plus en harmonie avec notre culture, pour faciliter ce démarrage. c'est une tâche que je veux continuer (reprendre mon étude de Lacan, cela fait une année que je n'ai pas ouvert un livre du Séminaire, dur, dur).
Mais d'un autre côte, je sens comme une telle congruence entre l'objectif bouddhiste et la vision qui se forme en moi du sens de l'évolution (Bouddha ne serait-il pas le chaînon suivant de l'évolution ?) et l'effort à fournir me semble par ailleurs raisonnable et conforme à mon éthique.

Et puis, en parcourant les blogs sur le sujet, je tombe sur un blog islamiste qui dénonce les erreurs du Bouddhisme. Il indique en particulier que les occidentaux favorisent le développement du Bouddhisme, contre les 3 religions du Livre, parce qu'il conforte les erreurs du darwinisme!
Voilà vraiment une argument qui ne peut que me pousser dans la Voie bouddhiste.
Allez, encore un petit effort, car je me sais très velléitaire!

Motivation en cours de développement.

Hari

Par Hari Seldon
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Jeudi 27 septembre 2007

Hier, sur la route de Plum, en revenant de Prony, j’étais comme d’habitude (à perdre au plus vite !) perdu dans mes pensées, je remâchais ce que je n’avais pas écrit dans mon dernier article, qui m’était venu à l’esprit en parlant de l’Ecume des Jours. Fabienne aussi avait eu un nénuphar, non pas au poumon mais au pancréas, et j’avais accompagné (comme je l’ai pu) son agonie et j’avais senti combien notre espace se rétrécissait de jour en jour pour finir comme dit Brel par aller du lit au lit…Et puis j’écoutais sur France Inter quelqu’un parler du livre qu’il avait écrit sur Bob Dylan et je l’entendis prononcer le mot "surréaliste" et le court-circuit se fît dans ma tête, de l’objet de mon dernier article (Bouddha) au surréalisme en passant par Boris Vian :

Bouddha est par essence surréaliste.

C’est une évidence, pour qui veut bien comprendre que notre perception de la réalité étant imaginaire, Bouddha, après avoir appréhendé la vacuité de ce monde, se portant au-delà de l’Imaginaire, est de facto «sur» réaliste.
J’y voyais là une autre approche que celle qui m’est familière, balisée par le structuralisme (en passant par Lacan, ne vous en déplaise. (Je vais faire de cette référence à Lacan un gimmick que je placerais dans chaque article, comme ces mots que l’on s’oblige par jeu à prononcer dans un discours)).
Quoiqu’il y ait des passerelles du structuralisme au surréalisme, non ?
menines1.jpg Prenez par exemple le tableau «Las Meninas» dont parle Foucault (qui a une forte parentèle structuraliste) dans «Les mots et les choses» pour illustrer la place de l’observateur au sein de la représentation (voir l'article "Le vaisseau Terre") et bien Picasso (dans la mouvance surréaliste) l’a réinterprété à sa façon, très «construite», «structurée». Cependant ces deux représentations restent l’une comme l’autre dans le domaine de l’Imaginaire, même si Vélasquez peut paraître plus «réaliste».
menines-Picasso.JPG
Non, le vrai surréalisme, c’est de sortir du cadre du discours, de la représentation, du concept, alors là, oui, un bouddha est bel et bien surréaliste.
Et puis, la radio en toile de fond continue de couvrir le bruit de la route et l’auteur interviewé en vient à parler de «non sens», toujours à propos de Dylan, et ceci m’évoque immédiatement Alice au Pays des Merveilles. Je suis alors frappé par l’évidence que :

Bouddha est également le héros du non sens.
 
 
 

Si tant est que chacun d’entre nous donne du sens à ce qu’il voit, afin (pour aller vite) de compresser les informations qu’il traite et pouvoir agir efficacement sans entrer dans le détail de ses propres perceptions, alors, oui, lâcher prise, lâcher notre Moi imaginaire, c’est entrer dans le «non sens», ou plus exactement, lâcher «un» sens particulier, celui que nous donnons à notre vision du Monde (voir l'article "Personnalité et paranoïa"), pour s’ouvrir à l’ensemble des significations. L’illustration qui me vient immédiatement à l’esprit est celle d’Alice chez le lapin fou, en train de fêter son «non – anniversaire», évènement qu’il peut fêter en toute logique tout au long de l’année (sauf, bien évidemment le jour de son anniversaire).
Révolution Copernicienne, s’il en est : le vide est un lieu de foisonnement.
J’arrête là, Nouméa est en vue et l’émission s’achève.
Bonne route à tous.

 

Hari.

PS: Chloé meurt d'un nénuphar qui grandit en elle, alors que Bouddha est représenté assis sur un lotus, l'une mortelle, l'autre porteuse de vie, toutes deux fleurs d'eau que l'on pourrait confondre, le monde que l'on se construit, avec ces rencontres qui portent sens n'est-il pas étrange ?

Par Hari Seldon
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Vendredi 28 septembre 2007

Voyez comment vont les choses, après mon dernier article, je me suis dit que je n’étais peut-être pas le premier à faire un rapprochement entre Bouddha et les surréalistes. Je vais donc, tel le surfeur moyen sur la toile, pour voir ce que google peut en ressortir.
Bonne pioche. Je trouve tout d’abord quelques articles de présentation intéressants dans le NouvelObs, sur lesquels je reviendrais, puis cette lettre d’Antonin Artaud au Dalaï Lama:

Nous sommes tes très fidèles serviteurs, ô grand Lama, donne-nous, adresse-nous tes lumières, dans un langage que nos esprits contaminés d'Européens puissent comprendre, et au besoin, change-nous notre Esprit, fais-nous un esprit tout tourné vers ces cimes parfaites où l'esprit de l'homme ne souffre plus.
Fais-nous un esprit sans habitudes, un esprit gelé véritablement dans l'esprit, ou un esprit avec des habitudes plus pures, les tiennes, si elles sont bonnes pour la liberté.
Nous sommes environnés de papes rugueux, de littérateurs, de critiques, de chiens, notre esprit est parmi les chiens, qui pensent immédiatement avec la terre, qui pensent indécrottablement dans le présent.
Enseigne-nous, Lama, la lévitation matérielle des corps et comment nous pourrions n'être plus tenus par la terre.Car, tu sais bien à quelle libération transparente des âmes, à quelle liberté de l'Esprit dans l'Esprit, Ô pape acceptable, ô pape en l'esprit véritable, nous faisons allusion.
C'est avec l'œil du dedans que je te regarde, ô pape au sommet du dedans.C'est du dedans que je te ressemble, moi, poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l'idée, suspendu entre toutes les formes, et n'espérant plus que le vent.
Pas banal, non ?
Artaud-2007-copie-1.jpg




Surtout lorsque l’on s’imagine Artaud sous les traits que lui donne Cyril Leysin:
 
Pas vraiment un modèle de sérénité, n’est-ce pas?


Et puis je tombe sur cette peinture surréaliste de Bouddha de Fred Besnardière :
Bouddha-Besnardi--re.jpg
Il y a là un réel choc des cultures, bien rafraichissant.
Pour en revenir aux articles du nouvelobs j’en ai retenu deux choses:

 

Hiram.jpg Dans l’article Cet inconnu nommé Bouddha, l’histoire (celle que l’on rapporte), nous indique qu’à la fin de sa vie Bouddha fût agressé par 3 fois par de mauvais compagnons qui voulaient devenir calife à la place du calife…. Je ne peux pas me reporter à une tradition que rigoureusement mes frères m’ont interdit de nommer ici, mais enfin, hein, Hiram n’est pas loin.

D’un autre article sur l'ascèse radicale du jaïnisme, j’ai retenu de ces précurseurs qu’ils pensaient éteindre le cycle des renaissances, en arrêtant d’agir, à en mourir. Doctrine rejetée par Bouddha, mais qui tourne autour de la définition du karma. Je pense que tout est là, à savoir la découverte que le calme de l’esprit permet d’appréhender autre chose (voir l’article sur la Voie bouddhiste), principe auquel je rattacherais toute ma théorie.
Autour de l'Illumination (j'aime à penser qu'elle fût fortuite à l'origine comme le suggère l'article précédent du NouvelObs, pour rester en accord avec ce bon vieux principe dual du hasard et de la nécessité), tout peut être dit, pour enrober de justification ce vécu cru, et pour expliquer aux aveugles que nous sommes la voie à suivre (chacun la sienne, d’où la multiplicité des écoles, mais attention, Bruegel nous met en garde!):

les-aveugles-breughel.jpg L'enseignement même de Bouddha n'est pas doctrinaire, il témoigne d'une expérience vécue (semble-t-il) et propose une méthode pour y parvenir. Que la voie tracée se soit chosifiée en doctrine, c'est le propre, malheureusement de toute pensée qui se sclérose en église. Il ne semble donc pas important de se focaliser sur la justification de la méthode; mais bien d'en accepter l’essence:
 
Pour arriver à l’Illumination, il faut calmer son esprit, donc éteindre ses appétits, abandonner son Moi et ses craintes, bref s’ouvrir au monde et l’absorber comme un trou noir absorbe la lumière.
 
Comme quoi notre imagination peut bien tisser les liens les plus inattendus entre tous nos concepts et que, comme dit l’autre «tout est dans tout», sans oublier bien sûr la réciproque.

Bon week-end

Hari

Par Hari Seldon
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Mardi 2 octobre 2007

Pourquoi Bouddha?

Parce qu’il nous propose une expérience à tenter qui reste, au sens de Popper, une expérience réfutable : j’y arrive ou je n’y arrive pas.

Et alors ?


Il ne suffit pas qu’une expérience soit possible pour qu’elle soit désirable, il y a tant de choses à faire ici bas!


Quelle théorie une telle expérience peut-elle conforter?


Tout d’abord remarquons qu’il s’agit d’une ouverture sur plus de «relativité». Si l’on y regarde bien, chaque développement scientifique majeur tient sa source d’un renversement de perspective. Newton, en voyant tomber une pomme s’est dit qu’elle était dans le même rapport à la Terre que la Terre au Soleil. La révolution copernicienne a consisté à cesser de voir la Terre comme le centre de l’Univers, rôle tenu ensuite par le Soleil, puis le Soleil lui-même a été vu comme un astre parmi les autres, au sein de la galaxie, et notre galaxie elle-même s’est trouvée noyée dans une multitude d’autres. Non seulement perdue dans l’Univers, mais encore située dans le temps, entre le Big Bang et la mort thermique.


Parallèlement, l’Homme s’est détaché de lui-même pour se décrire, c’est le grand honneur de Freud de s’être pris lui-même comme champ d’observation (une sorte de «stade du Miroir»à l’échelle de l’Humanité dans son ensemble).


Mon idée, pour faire court, c’est que l’on ne peut pas se limiter à voir en l’Homme un individu. C’est une idée difficile à admettre, après s’être battus depuis le fond des âges pour faire respecter les droits de l’Homme et du Citoyen. Mais Foucault a déjà ouvert le sujet (c’est le cas de le dire) en prédisant la fin de l’Humaniste dans «Les Mots et les Choses» (je ne parle pas de Nietzche que je n’ai pas lu, désolé).

Après avoir parcouru un long chemin, pour nous affirmer comme individus, mais précisément grâce à cette libération et parce qu’héritiers du siècle des Lumières (merci à Voltaire, Diderot, Rousseau) nous pouvons maintenant questionner cette individualité, la remettre en cause. La liberté du joueur (et le philosophe est un joueur) n’est-elle pas de jouer son tapis ?

Mais nous avons du mal à franchir le pas, à envisager de n’être qu’un élément d’une sorte de Léviathan dont nous ne serions que les membres au même titre que nos jambes font partie de notre corps.
Nous avons bien déjà quelques soupçons : l’écologie nous rabat les oreilles à l’envie de sombres prévisions si nous ne prenons pas conscience de notre appartenance au système écologique de la Terre. Les psychologues montrent de leur côté que nous sentiments les plus forts comme l’amour, répondent plus à une poussée vitale qui s’impose à nous qu’à notre libre arbitre.

Freud puis Lacan (je ne parle pas de Jung à dessein), ont également senti que l’inconscient n’est déjà plus tout à fait dans l’individu, et que la personnalité (le Moi) de l’analysant (en présence de l’analyste) est portée par l’inconscient qui se tisse entre eux.
Le «Moi» s’inscrirait plus dans le discours que l’inverse.

Mais comment prendre conscience de cet «en dehors de Moi», comment se dépouiller de nos représentations, passer (casser) le miroir comme Alice. Me revient à l’esprit ce film de Cocteau, Orphée, où la radio annonce «les miroirs réfléchissent trop».
S’il est facile de «concevoir», d’imaginer, de se représenter ce qui nous compose (c’est précisément l’activité de notre «Imaginaire», avec quels instruments pourrions-nous accéder à ce qui nous donne sens, nous comprend?

C’est là un grand pas épistémologique, le défit de ce siècle peut-être ?
Et bien je pense qu’il est urgent que de s’y essayer.

fractale_soleil.jpg Considérons, par hypothèse, que nous ne soyons qu’une facette d’un ensemble plus vaste, pas en un sens horizontal, consistant à dire que nous avons des liens économiques, énergétiques, avec notre entourage, et nous, rois de l’Univers destinés de toute éternité à gérer ce pactole ; non, dans un sens bien différent, (comme la verticale s’oppose à l’horizontale, l'intensité à l'extension, le diachronique au synchronique), c'est pourquoi je parle ici de relativité d'échelle, liée à l'idée de représentation fractale) considérons, donc, que nous ne faisons sens qu’au regard de quelque entité qui nous dépasse.
Je ne parle pas d’un Dieu hors de l’Univers, mais de quelque chose qui soit en relation intime avec nous, dont nous procéderions. Qui nous dépasse, mais incarné dans ce monde, c'est-à-dire qu’il en respecte les lois, quoique sur un autre mode, qu’il nous importe de découvrir.
Ce serait prendre de ce fait un recul par rapport à nous-mêmes, qui approfondirait cette distanciation inaugurée par Copernic, Giordano Bruno et les autres à l’époque de la Renaissance, puis continuée avec Freud et Einstein (et bien d’autres comme Heisenberg ou Gödel etc…) chacun dans leur domaine, au cours du XXème siècle.
Voilà la problématique, qui nous occupe.

Et dans cette optique, le bouddhisme se propose de nous faire accéder à quelque chose qui nous transcende, appelé Bouddha.

Dans un premier temps, il est dit que celui qui arrive à l’Illumination devient un bouddha. Mais cette façon de dire n’est qu’une image : en effet, pour devenir bouddha, il faut prendre conscience de la vacuité du «Moi», qui n’est qu’une collection d’images rémanentes (ce qui colle bien avec un discours Lacanien). Donc, ce n’ai pas «Moi» qui devient Bouddha, puisque le chemin suivi consiste précisément à faire s’évanouir le «Moi». Il faut supposé que lorsque l’on a fait «réduire» la personnalité à force de méditation, se révèle quelque chose dont procéderait ce «Moi», comme l’alchimiste fait réduire ses décoctions pour précipiter la pierre philosophale.
(Rapprocher Bouddha de l’alchimie, je ne l’avais pas encore faite celle-là!)
En résumé :

Proposition : l’Homme n’est qu’une partie d’un organisme qui le transcende
Expérience : arriver à l’illumination pour devenir / être / se dissoudre dans / prendre conscience de / communiquer avec Bouddha.

Si l’expérience réussit aux yeux de celui qui la tente, restera encore le problème de communication suivant : aura-t-il réellement fait cette expérience, ou bien aura-t-il eu une hallucination ?
Il nous faudrait quelque critère permettant de trancher; quoiqu’en cas de succès, le problème risque de ne plus avoir de signification.

Comme dit l'autre, il n'y a plus qu'à..
Expérience en cours

Hari

Par Hari Seldon
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Mercredi 21 novembre 2007
Il est agréable, parfois de tomber sur un article du web, qui prouve que l'on  n'est pas seul dans sa recherche, dans ses délires.
C'est donc avec une sorte de "ouf" de soulagement que je tombe sur cet article "bouddhisme et physique quantique".
L'assimiler prendra un peu de temps, mais il pose bien le problème de la nature de la réalité.
C'est une conceptualisation qui pourra éclairer, aux yeux des européens que nous sommes, la raison de la démarche bouddhiste, à savoir parvenir à la contemplation de la vacuité.
Pour illustrer le propos de Christian Thomas Kohl, auteur de cet article, je vous propose de méditer sur un mandala, qui représente les quatre continents du pays de Bouddha, mandala fait sur du sable et que l'on détruit après l'offrande.
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Hari
Par Hari Seldon
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Vendredi 12 décembre 2008

Le bouddhisme apprend à être attentif au monde,  à recevoir nos leçons des circonstances, des évènements les plus quotidiens. Il est dit que si l’on y est attentif, Bouddha, pour nous conduire à l’éveil, peut se manifester sous n’importe quelle forme.

Me vient en mémoire cette histoire zen:

Un moine commence sa leçon, lorsqu'un oiseau se pose à la fenêtre et se met à chanter. Son chant est si mélodieux que le maître se tait, tous écoutent en silence, puis l'oiseau s'envole. Le maître dit alors que la leçon est terminée.


Il me semble, mais l’impression est aussi évanescente qu’un rêve au réveil, qu’il m’a été donné il y a peu de recevoir une telle leçon.


Depuis l’été, j’avais décidé et payé ma participation au grand festival Kadampta, qui c'est tenu début novembre à Paris. Occasion surtout de voir, pour sa dernière apparition publique hors d’Angleterre, le Vénérable Guéshé Kelsang Gyatso. A ce désir, s’ajoutait d’autres intérêts personnels, qui faisaient de ce séjour à Paris à cette date particulière, quelque chose de très précieux.

Or, depuis septembre, j’étais très occupé sur le chantier d’Abidjan, et j’avais renoncé à ce voyage. J’avais également renoncé à assister un peu avant cet évènement aux essais d’un transformateur à Zagreb, laissant le soin d’y assister à d’autres. Mon renoncement était donc complètement assumé, bien que j’en fusse désolé.

Cependant, et je ne sais pourquoi, quelque chose me disait que je serais à Paris à cette date.

Pour garder trace de ce sentiment, je me suis même ouvert de cette certitude à certains "autres intérêts personnels" cités plus haut; histoire d’avoir un témoin.

Et puis, le jeudi, le transformateur en question présente une avarie, qui m’oblige à aller à Zagreb, et dans la foulée, m’a donné l’opportunité d’assister en partie au festival etc…


Vous me direz qu’il n’y a là rien de bien extraordinaire, et c’est parfaitement vrai : simple histoire de circonstances et de hasard. Mais là n'est pas l’important.


Ce que je voudrais approfondir c’est, pendant le temps de ce festival, ce sentiment vécu d’être «en phase», d’être en harmonie avec le moment, dans le sens du courant. De ne pas «être» face aux évènements, mais faisant partie d’une trame. Ni gai ni triste, juste là, sensible à la vibration du moment. Je n'ai pas considéré la situation comme un voeu exaucé, manière détournée d'imposer ma volonté aux circonstances, (je n'ai pas souhaité cette avarie, en fait) mais comme une harmonie: j'étais là où il fallait, point barre. Toute autre disposition aurait été "tordue" en quelque sorte.

En ces circonstances "apaisées", j'étais plus attentif, sensible, qu'à l’ordinaire.

En cette occasion, j’ai recueilli comme signes certaines paroles qui furent dites, tel un banal conseil de lire un livre - donné en passant, hors de propos, presque, par notre responsable de centre Mahayana de Nouméa revu à cette occasion - que je reçu comme un indice précieux.

J’ai compris alors ce que je venais d’entendre de Guéshé Kelsang Gyatso: Bouddha peut être présent dans le geste le plus futile, mais il faut y être attentif pour le capter.


L’image que j’ai de mon sentiment d'alors, est celle d’une surface d’eau calme. J’ai ressenti  furtivement à quoi doit ressembler la contemplation de la vacuité.

Il faut se calmer pour aiguiser sa sensibilité au Monde. On ne goute pas un grand cru sur un quai de gare bousculé par la foule, mais plutôt à l’ombre dans un chai, entre amis.


Image qui me renvoie à Lacan, pour qui la conscience est une telle surface réfléchissante, perturbée, gauchie par notre «Moi». Et je retrouve encore cette grande proximité conceptuelle entre Lacan et le Bouddhisme. Et je comprends l’utilité qu’il y a à «décrocher» de son «Moi»; à liquider au mieux toutes les petites saletés, petites lâchetés quotidiennes qui nous raccrochent par les basques et nous scotchent au Monde. Pour mieux voir, sentir, aimer, il faut se détacher.


C'est finalement assez bien que ce blog reste là tranquillement ignoré, blotti  douillettement au fin fond d'Overblog: il me sert de carnet de route, presqu'un journal intime (presque).


Ami du hasard, bonsoir.


Hari

Par Hari Seldon
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Samedi 31 octobre 2009
Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère iratatoi : par curiosité, je regarde aujourd'hui d'où me vient mon unique lecteur de cette semaine: et je tombe sur cette page, qui traite du Bouddhisme et de la physique quantique. J'y vois donc un prolongement des remarques que je faisais dans La Voie quantique. Il serait peut-être bien de faire un ratissage systématique de tout ce qui peut traîner ainsi sur la toile, il y aurait peut-être suffisemment de personnes intéressées pour amorcer une discussion ?

Qui sait, en tout cas, je lance l'idée.

Hari
Par Hari Seldon
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Samedi 31 octobre 2009
Encore une petite dernière avant le week-end, pour essayer d'en finir avec une pelote de pensées qui commence à m'encombrer la tête depuis cet article, et qui a pour origine cette phrase de Diderot:
"Tenez, mon ami, si vous y pensez bien, vous trouverez qu'en tout, notre véritable sentiment n'est pas celui dans lequel nous n'avons jamais vacillé, mais celui auquel nous sommes le plus souvent revenus."

Phrase qui m'a conduit à conclure, deux articles plus loin, que les voies scientifique et bouddhiste se fixent un but semblable: nous mener vers une claire conscience des choses. Ce que j'esprimais de la sorte:

"Il y a plusieurs rayons sur la roue du Dharma."

Autrement dit, à la lumière du constat de Diderot, l'objectif de la voie bouddhisme, est un objectif "stable".


Pour faire une image moderne, et sans entrer dans les détails: le centre de la roue du Dharma vers où tous les rayons convergent peut être vu comme un attracteur étrange. Ce qui nous amène à ce curieux papillon de lorentz:

Et, je ne peux m'empêcher de penser, en contemplant cette image qu'elle aurait sans doute intéressé Lacan, si attaché à ses noeuds boroméens:
Il y a, en quelques lignes, beaucoup de sujets de méditation sur la nature de Bouddha et notre appréhension de la réalité, centré sur une sensibilité plus occidentale que celle qui nous est enseigné classiquement, mais je me suis déjà exprimé à ce sujet.

Sur ce, bon week-end et bonne digestion.
Hari

PS: Un horrible soupçon se fait jour en moi, dans ma voiture, sur le chemin de Port Bouet: et si ce que je prenais pour une preuve de stabilité de quelque chose qui m'est extérieur, n'était que le signe de ma propre parano, quelque chose qui tiendrait uniquement à mon discours ?

PPS: Et si, ce n'est pas un signe de ma propre parano, alors, l'existence d'une sorte de loi universelle (qui tiendrait par exemple à la notion d'inertie dans un sens très général) ne dénoterait-elle pas une parano bien plus essentielle que celle de ma modeste personne, celle de dieu?

PPPS: Mais dire que la parano est partout revient en fait à s'en dédouaner: si tout est parano, ce n'est plus un signe distinctif, discriminant, et se révèle de ce fait sans valeur informative.
Par Hari Seldon
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