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politique

Vendredi 26 octobre 2007 5 26 10 2007 03:12
Je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à ce bébé arrêté par un gendarme sur ordre d'un préfet.
Un tribunal a arrêté la procédure parce qu'elle était un "traitement inhumain".
Nous sommes en France, où les gendarmes ont déjà fusillé des poilus dans les tranchées en 17; emmené des juifs au vel d'Hiv et sont à l'origine de la majorité des erreurs judiciaires dont nous souffrons.

Alors que la veille, j'ai vu un documentaire sur des bushmen, dans le Kalahari, sans rien, mais si précautionneux de la nature, ne prélevant que le strict nécessaire (et chez eux, c'est peu).
Ils trouvent un nid d'autruches avec 5 oeufs, ils en choisissent 2, vérifient qu'ils ne sont pas fécondés, pour ne pas supprimer de vie inutilement et font à même le sable chauffé à blanc, une omelette pour toute la tribu. Bien sur, si on l'aime baveuse, comme moi, c'est raté, mais enfin, je me suis senti très proche de ces hommes.
Quand je pense à ces gendarmes, sortant, de la même école républicaine que moi, portés par le même langage, les mêmes références culturelles que moi, j'ai envie soudain de devenir bushman et de m'oublier dans le désert...

Hari
Par Hari Seldon
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 01 2008 00:42

J’ai été très impressionné, hier soir en voyant la présentation du rapport de la commission Attali et en écoutant le discours de Sarkozy. Pourquoi le cacher, Sarkozy m’a bluffé: il a un charisme indéniable et semble avoir une réelle ambition pour la France. J’aime.

La suppression ou non des départements est très exactement le genre de problèmes pour lesquels l’approche systémique que j’ai développée, peut apporter un éclairage intéressant.
Très grossièrement, si l’on considère la France dans son ensemble comme une organisation, alors, l’étagement entre les différents niveaux devrait être tel que leurs populations soient en progression géométrique.
C'est-à-dire que si l’on a 66 millions d’individus au dernier niveau et 36 000 communes ; le peuplement du niveau suivant devrait être de 19, soit en gros le nombre de régions actuel.
Bien entendu, une ville comme Paris ou Toulouse ne peut être assimilée à une sous-préfecture ou un hameau, mais le chiffre de 19 indique une tendance, c’est en gros le nombre de nos régions, sans qu’apparaisse le niveau du département.
Cela semble donner raison à Atalli.

Mais le problème est plus complexe : car alors l’entité «France» n’est plus significative pour gérer ces 19 régions. Il y aurait en effet, d’un niveau à l’autre -de la Région à l'Etat- trop peu de différence. Autrement dit, renforcer le régionalisme va de pair avec un renforcement de l’Europe au détriment de la «Nation».
Dans le Débat, Attali est de facto pour l’Europe des régions, et Sarkozy, plus « gaullien », pour la prééminence de la Nation sur l’Europe. (l’Europe, l’Europe… disait de Gaulle).

Pour étayer le débat, voici, en fonction du nombre de niveaux hiérarchiques la population optimum de chacun d’eux, étant entendu que le dernier niveau est celui des individus et le premier celui de l’état, un et indivisible, comme il se doit.

2
3
4
5
6
7
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
1
8 124
163...
732...
1 801 504
3 283 119
 
1
404
8 124
49 173
163...
 
 
1
90
1 342
8 124
 
 
 
1
37
404
 
 
 
 
1
20
 
 
 
 
 
1

On constate qu’une hiérarchie à 5 niveaux conduit à privilégier le département (90).
Mais c’est alors le niveau communal qui pose problème, il faudrait tomber à 8 100 conurbations (d’où le renforcement des associations intercommunales), associé à un développement d’une politique de quartiers (730 000) ou quelque chose entre la famille et le quartier (le "voisinage" ou la "tribu" regroupant environ 80 personnes).
Une hiérarchie à 7 niveaux (mais avec une grosse perte de rendement de l'ensemble) pourrait prendre en compte un niveau "régional" dans une structure limitée à la nation, tout en gardant les quelques 8100 conurbations, mais le niveau intermédiaire ne correspondrait plus à rien d'historiquement constitué.

Pour compléter le tableau, il faut bien entendu ajouter que l'horizon temporel, propre à chaque niveau, suit également une progression géométrique : l’état n’a pas le même horizon de temps que le village ou l’individu.
Ce qui porte à mettre l’accent sur le problème que pose le découpage budgétaire en budgets annuels. Il faut bien entendu qu’au niveau de l’état, les plans soient pluriannuels.

Supposons, pour faire très simple, que l’individu se préoccupe de survivre au jour le jour (ce qui appelle bien sûr beaucoup de commentaires !), et que l’état ait une vision à 10 ans (2 législatures), ce qui est court pour certains problèmes tels que la politique énergétique ou écologique. Les horizons temporels des différents niveaux seraient alors les suivants :

Tableau en nombre de jours :

2
3
4
5
6
7
1
1
1
1
1
1
3 650
60
15
8
5
4
 
3 650
237
60
27
15
 
 
3 650
470
137
60
 
 
 
3 650
708
237
 
 
 
 
3 650
930
 
 
 
 
 
3 650
On voit, pour une hiérarchie à 5 niveaux (individus/quartier/conurbation/département/état) que la zone urbaine devrait avoir un horizon à 2 mois et le département un horizon entre 1 et 2 ans. Au niveau des quartiers, l’accent est mis sur le service (8 jours).
Tout ceci est bien sur à discuter : une ville doit avoir des plans à long terme et l’état être capable de faire face aux urgences, mais il s’agit de guides de réflexion.

Question: Pourquoi avoir une région et un département s’ils ont le même horizon temporel ?

Les figures précédentes montrent qu'il y a antagonisme entre les 2 niveaux, ils ne ne sont pas cohérents au sein d'un même découpage.
En fait, on peut imaginer des découpages multiples: mettre l’accent sur les départements dans la gestion par l’état de la vie collective, mais faire l'intégration européenne au niveau des régions.
En effet, certains sujets à très long terme tels que: écologie, transport, énergie, s'intègrent de facto au niveau européen (minimum). Par exemple le projet Tokamak de fusion contrôlée qui a déjà 50 ans d’existence pour des résultats attendus dans les 30 prochaines années est un projet d’envergure mondiale (que l’on se souvienne de la dernière empoignade entre Japonais, soutenus par les USA et Français, soutenus par l’Europe, pour la localisation du prochain Tokamak, qui se fera finalement près de Lyon).

Outre cet aspect très pragmatique, la formation culturelle au niveau régional (provincial) est par essence un processus à long terme, hors du champ politique immédiat. La Corse, Le pays Basque, la Bretagne, l'Alsace -pour rester en France- sont des entités issues d'une longue histoire et c'est cette dernière qui s'intègre au niveau européen, contre, en quelque sorte l'Etat (de Gaulle ne se trompait pas d'adversaire!!!). Il y a là une mutation profonde à laquelle on assiste, une lame de fond insensible car se déroulant à un rythme très lent au regard du temps politique, c'est à dire celui de la Nation, puisque c'est le politique qui en rythme la marche.
A sens historique (et surtout en France, qui de ce point de vue présente un cas limite en Europe), les Provinces ont reculé devant la montée en puissance de la Nation. Cela c'est accompagné d'une accélération du progrès, imposé aux Provinces par la puissance centralisatrice (qui au passage, les a découpées en départements). Souvenons-nous ne serait-ce que du combat pour la laïcité, porté au fin fond des campagnes par les hussard noirs de la république, les instits...
Nous voyons maintenant le fond provincial ressurgir sur un rythme plus lent, mais tout aussi puissant, favorisé par la monté en puissance des problèmes de perennité à long terme (écologie, sécurité etc...).

J’ai regardé ce que donnerait cette analyse pour l’Allemagne (83 millions d’habitants, 2700 communes et 16 landers) mais je ne connais pas assez la vie du pays, ses corps intermédiaires pour faire quelque chose de significatif.

Merci pour vos commentaires!

Hari

Par Hari Seldon
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 01 2008 07:52

Comme toujours lorsque j’écris un article, j’y repense, le modifie (je corrige les erreurs que je retrouve !) et je suis amené à le commenter par un autre article.
Le dernier n’échappe pas à la règle.
En fait ma plume se laissant guider par les chiffres c’est en cours d’écriture que j’ai été amené à poser qu’un découpage de la France en régions n’est pas dans la même logique qu’un découpage en départements.
C’est une idée neuve pour moi, qu’il me semble intéressant de développer.
Si l’on regarde de plus près la série de chiffres, en la prolongeant même jusqu’à l’absurde, on voit des choses intéressantes :

 
2
3
4
5
6
7
8
9
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
1
8 124
163 316
732 248
1 801 504
3 283 119
5 040 414
6 951 859
 
1
404
8 124
49 173
163 316
384 936
732 248
 
 
1
90
1 342
8 124
29 398
77 129
 
 
 
1
37
404
2 245
8 124
 
 
 
 
1
20
171
856
 
 
 
 
 
1
13
90
 
 
 
 
 
 
1
9
 
 
 
 
 
 
 
1

On voit, par exemple que le niveau « conurbation » (8124) garde un sens, pour les découpages en 3, 5, 7 ou 9 niveaux : en effet, pour chacun de ces types d’organisation, c’est le niveau médian (autant de niveaux au dessus qu’en dessous).
Le niveau « départemental » apparait à partir d’une hiérarchie à 5 niveaux, et reparaît dans une hiérarchie à 9 niveaux.
On pourrait dire qu’il y a des agrégats qui «persistent» lorsque l’on augmente le nombre de niveaux pour décrire une structure. C’est le cas le plus évident pour la «conurbation» qui garde un sens pour toutes les hiérarchies ayant un nombre impair de niveaux, avec un rythme propre de 60 jours.
 
Par contre la structure à 4 niveaux ne correspond à rien pour décrire la France, ni aucune hiérarchie ayant un nombre pair de niveaux. Il serait intéressant de voir si elles auraient un sens pour certains pays?

La hiérarchie à 9 niveaux montre, au-dessus des agrégats départementaux, 9 agrégats qui pourraient être les provinces (regroupant plusieurs régions) qu’évoquait Sarkozy en répondant à la présentation du rapport Attali.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’une structure perd vite en rendement lorsque le nombre de niveaux augmente, avec les données concernant la France, nous aurions les rendements suivants:
 
niveau
2
3
4
5
6
7
8
9
rendement
99,97%
97%
82%
58%
34%
17%
7%
3%

On voit immédiatement qu’au-delà de 5 niveaux, plus rien ne sort de la bureaucratie installée : c’est Kafka à coup sûr.
Ceux qui s’intéressent à la physique, se souviendront peut-être qu’un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint d’un plus grand nombre de façons. Si l’on considère notre mode de structuration en niveaux comme un crible permettant de trier les agrégats dont se constitue notre société, on voit alors qu’à part l’ «individu» et l’ «Etat», qui par construction entrent dans chacune des descriptions, c’est la «conurbation» qui apparaît le plus souvent (4 fois sur les 9 premières structures), suivi du «département» (2 fois) et de la «région» (1 fois).
De fait, des villes comme Paris, Lyon , Marseille ont une longue histoire, et sont plus stables que le département, la région, et même la nation dans lesquels elles s’inscrivent.
Mais alors, quid de nos 36 000 communes ?
C’est vrai qu’il s’agit d’une spécificité française, qui ne semble pas s’inscrire dans la logique d’un état de 66 millions d’individus. Il faudrait se reporter au temps de leur constitution, et prendre en compte les chiffres de l’époque.
Il y aurait en fait, autour de ces quelques idées, un champ entier à explorer, mais se serait plutôt un travail d’historien ou de démographe.
Merci pour ne serait-ce que d'un commentaire (comment taire ?), juste histoire d'avoir l'écho d'une présence, de temps en temps!

Hari
Par Hari Seldon
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Mercredi 13 février 2008 3 13 02 2008 01:16

divin-march-.jpg ou "La révolution culturelle libérale"

Par Dany-Robert Dufour


«Les vices privés font la fortune publique»


Enoncée pour la première fois par Bernard Mandeville en 1704, contemporain d’Adam Smith et précurseur de Freud.
 

En très rapide:
Après avoir prolétarisé les ouvriers, le libéralisme prolétarise les consommateurs pour accroître la demande. Pour ce faire, on mise sur l’égoïsme des individus, en survalorisant la satisfaction immédiate et sans contraintes dans l’inconscient des gens. Ce qui conduit à une société «égo – grégaire». C'est-à-dire, qu’en misant sur l’individualisme forcené, on transforme une nation en troupeau.
S’en suit toute une série de conséquences, jusque dans la constitution même de l’individu qui, privé de référence, de modèle et de guide ne peut plus se constituer.
L’auteur oppose ce libéralisme à la République ; celle des Lumières, basée sur un pacte républicain, transcendant les individus pour fonder une communauté qui les dépasse. La politique doit s’appuyer sur la raison et l’impératif catégorique présenté par Kant en 1785 dans les « fondements de la métaphysique des mœurs », à savoir, en résumé qu’il faut voir en l’ «autre» une fin en soi et non un moyen pour moi.
Bref les Lumières proposaient une sortie des ténèbres religieuses par la transcendance de la Raison, tandis qu’Adam Smith réintroduit le religieux insidieusement dans le «laisser faire» du libéralisme, puisque c’est Dieu, en définitif (la main cachée) qui régule les marchés.
 
Le tableau dressé est très inquiétant, l’on y voit même nos bons philosophes (Bourdieu et consorts) prêter la main à la décérébration des masses. Il faut lire ce livre, c’est une base de réflexion pour une gauche en mal d’être.
Pourtant, si la description des symptômes emporte l’adhésion, je trouve un peu court le raisonnement qui voudrait nous reporter deux siècles en arrière.
 
Il y a tout d’abord quelques erreurs de base dans la compréhension des mécanismes d’autorégulation.
 
1/ Si pour Adam Smith la régulation des marchés résulte de la main divine, nous pouvons passer outre cette explication, mais il n’en demeure pas moins que les marchés ont tendance à s’autoréguler et cette constatation doit être conservée.
Il ne faut pas, comme le fait l’auteur jeter le bébé avec l’eau du bain. Après tout, nous révérons Copernic pour avoir révolutionné vers 1500 notre description de l’Univers, sans qu’il ai justifié correctement son intuition.
 
2/ L’état de troupeau amorphe n’est pas la structure la plus stable d’un groupement humain. Il est faux de croire que des humains abrutis de TV et sans culture restent indéfiniment dans un état chaotique et sans structure. En fait, la structuration, l’auto-organisation est la loi universelle, non pas parce qu’il y a un grand architecte de l’univers, veillant à la régulation des marchés comme à l’harmonie de toute chose, mais simplement parce qu’en se structurant, on économise de l’énergie.
 C’est le fond même de toute «économie» ou tout système écologique, précisément, que d’éviter les déperditions d’énergie et de ce point de vue il est fort dommage que nos grands philosophes soient si mauvais physiciens. Du temps de Platon, il était écrit, au fronton du lycée «nul n’entre ici s’il n’est géomètre», les bonnes intentions se perdent…
Sans entrer dans les détails techniques, regardons autour de nous : je regardais hier une émission de TV sur la vie carcérale aux USA. Nous y avons des individus, sans culture, livrés plus que la norme à leurs pulsions, tous égaux devant le règlement pénitentiaire et vivant sous contraintes sévères. Or que voit-on : l’organisation immédiate en bandes pour survivre. Reportons-nous en arrière aux temps préhistoriques ; y voit-on des groupes hagards perdus dans la forêts, livrés aux bêtes et sans défense, non. Du plus loin que nous puissions pousser l’exploration, il y a organisation. Et ce n’est même pas une caractéristique humaine, mais une nécessité vitale du règne animal.
Par curiosité, j’ai regardé combien il y avait d’associations déclarées en France : 1 100 000 structures, les français sont des veaux, certes, mais quand même : ils savent sortir de chez eux !
 
3/ Du fait que nous construisons notre Moi, en réponse aux frustrations que nous avons connues dans notre enfance, en particulier en résolvant d’une manière ou d’une autre notre complexe d’Œdipe, l’auteur en infère qu’il est nécessaire de revenir à une conception plus forte, plus structurée du rôle du père (ce qui amène à la transcendence). Il répète à plusieurs reprises que le désir naît d’un manque à jouir (nous sommes tous construit autour d’une aporie initiale, un manque originel, le non du père etc…).
Certes, mais le retour en arrière est-il la seule issue ?
Il existe des sociétés où le rôle du père n’est pas essentiel, en Afrique par exemple. Par ailleurs, faut-il rechercher plus de frustration pour tendre à plus de désir ?
C’est une proposition culturellement définie qui n’a rien d’universelle : le bouddhiste au contraire cherchera à supprimer ses désirs, oublier son Moi pour atteindre à la vacuité.
Enfin, le principe de plaisir, qui est en nous, réglé par notre cerveau et nos hormones, est complètement ignoré dans ce discours. Nos divers cultures et sociétés existent parce que nous connaissons et recherchons le plaisir. Et une meilleure connaissance des mécanismes de notre plaisir est un facteur stabilisant de nos cultures (au passage, le plaisir pousse au regroupement d’au moins deux individus…). La connaissance du plaisir fait naitre le désir d’en avoir plus. Ils ne s’opposent pas (sauf chez les puritains) mais s’appellent l’un l’autre. Donc le désir n’est pas uniquement le résultat d’une frustration, d’un manque, mais se renforce également du souvenir d’un plaisir reconnu (principe de répétition revu et corrigé). Et entre les deux désirs, il me semble que le second soit à privilégier.
Connait-on en effet beaucoup de stars du porno violeurs ou pédophiles ?
 
4/ L’autorégulation des marchés est un fait de base, soit, mais la consommation débridée à laquelle nous pousse le libéralisme forcené qui agite nos instincts les plus primaires nous conduit à une catastrophe écologique majeure. L’auteur nous dit : il faut revenir à la Raison transcendantale, établie par les Lumières contre l’obscurantisme religieux, qui est seule à même de conduire la politique des nations.
Mais on ne peut pas anticiper efficacement: toutes les idéologies se sont cassé les dents sur cette dure réalité. Il faut donc se résoudre à attendre la survenue des effets pour en corriger la cause; toute la question est de réagir assez vite pour n'en pas souffrir.
Non, rien ne peut aller contre les flux marchands, même les islamistes les plus bornés n’arriverons pas à endiguer des mouvements de fond (de fonds) aussi importants. Il conviendrait d’être un peu plus attentif à ce que nous enseigne le taoïsme : pour bien se battre, il faut connaître le terrain, les circonstances et utiliser la force de l’adversaire.
En l’occurrence, ce qui n’est abordé par personne dans ce problème d’autorégulation, ce sont les caractéristiques dynamiques du marché observé (son facteur d'amortissement) pour comprendre l'évolution des écarts par rapport à l'équilibre. Le philosophe néglige (méprise ?) la physique...
Il y a impact de l’économique sur l’écologique parce que notre production industrielle n’intègre pas assez vite les contraintes écologiques auxquelles elle se heurte déjà. Il faut donc accélérer les ajustements (faute de pouvoir les anticiper). Autrement dit, pour s’en sortir, il faut accélérer le système d’autorégulation du marché et non pas essayer de le mettre sous tutelle. Il faut amplifier le feed-back: réinjecter l'information à tous les niveaux de la structure, améliorer les boucles de contrôle, amplifier les conséquences pour ceux polluent par exemple, mais en évitant si possible les "over shoot" (l'effet Larsen donne une idée du résultat).
C’est une fuite en avant, me direz-vous ; non, c’est prendre conscience que notre survie dépend de notre vitesse de réaction et qu’il est vital d’aller plus vite.
En principe c'est possible car les contrôles dont je parle sont par essence de l'information, donc plus rapide et demandant moins d'énergie que les systèmes à contrôler, qui forment l'offre du marché.
Ceci passe donc par plus de transparence encore. Il faut que l’information circule plus vite et que les pratiques déviantes soient sanctionnées brutalement (que l'effet du contrôle soit certain).
Par exemple : Enron a mis la Californie en coupe réglée, la sanction a été de 24 ans de prison pour son patron, c’est bien, mais il eût été préférable que les malversations soient constatées sans délai. Bush a pu mentir pendant 2 ans concernant l’existence d’armement de destruction massive en Irak, avant que l’opinion ne se retourne ; il faut que l’information soit disponible et crédible plus vite. Huit ans pour mettre ce boucher de Bush bouché au bucher, c’est trop long. Idem pour le traité de Kyoto: c’est trop long. La fonction du journaliste n'a jamais été aussi importante que maintenant!

Donc je renverse la proposition de l’auteur qui oppose la politique à la «bonne gouvernance» ; et j’en reviendrais (tout au moins dans le domaine économique) à la théorie chinoise des légistes : l’empereur est inaccessible et au – dessus des parties (et même, peu importe qui il est -pourquoi pas Sarkozy- , pour peu qu'il tienne son rang), et pour faire régner l’ordre dans l’empire, il doit appliquer la loi fermement et sans aucune concession ni faiblesse.

Il n'y a pas opposition entre "bonne gouvernance" et expression d'une politique. A mon sens, la bonne gouvernance c'est l'efficacité dans l'exécution, une "bonne" politique, c'est l'efficience d'une action, en fonction d'un objectif commun. J'ajouterais qu'il convient de différencier la gestion des biens de la direction des hommes, et ne pas mettre plus de "sens" que nécessaire dans l'activité de plus bas niveau, à savoir l'économie (ou gestion des biens). Ceci demanderait d'autres développements.
 
Autrement dit, le politique n'est pas une cautère sur une économie bancale (comme la bonne vieille politique monétaire au secours d'une production défaillante) mais une saine gestion augmentée d'un supplément d'âme pour une société qui se cherche un sens.
 
S’il faut une transcendance à notre vie en commun, alors qu’elle soit le fruit d’un choix, j’en ai proposé un en chapeau de ce blog.

Hari
Par Hari Seldon
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Mardi 4 mars 2008 2 04 03 2008 04:43

On trouve de tout sur le net.
Je recherchais qui est
Deepak Chopra, qu'une amie m'avait recommandé de lire, lorsque je tombe sur un très beau site qui, outre en parler, s'intéresse aussi aux mystérieux maîtres du monde, dirigeant nos vies sans que l'on s'en rende compte.
Ce site -
syti-net- m'interpèle et m'agace: d'une part il traite de sujets qui me sont chers; il n'est que de voir la page de garde où l'on trouve pèle-mèle -comme ici- des sujets sur les fractals, la métaphysique, la science fiction, la sagesse etc ... tous sujets poste-soixante huitards, il faut bien le dire; d'autre part, il part à donf dans une théorie du complot, beaucoup plus inquiétante.
Je n'aime pas cette proximité des sujets, et j'aime encore moins mon attirance pour cette promiscuité.
Oui, il faut bien me l'avouer, la théorie sénaire, développée à partir d'Abellio, pourrait être vue comme un "instrument" destiné à manipuler des foules. C'est d'ailleurs la réaction qu'avait eu Tonnelat, de qui je m'étais inspiré pour la partie thermodynamique du développement. Sa réaction, en gros, était de dire que l'on ne devait pas assimiler des êtres humains à des objets comptables, parce qu'ils ont un libre arbitre. Son refus était d'ordre religieux, il me l'a écrit, et je pense que l'argument ne tient pas: on peut utiliser des statistiques pour prédire des comportements humains.
Mais le débat est latent: la science peut-elle aider à manipuler les hommes ?
Si oui, que faire pour garantir notre liberté individuelle ?

Par exemple, que penser d'une tentative de complot à l'échelle planétaire pour orienter le développement de l'humanité?
D'une part est-ce plausible?
Pourquoi pas, puisque d'aucun y ont pensé, pourquoi ne pas imaginer que d'autres s'en soient occupé ?
A ce sujet, la
carte dressée sur syti-net est expressive:

MMBlackOrganisations4.gif

 


Maintenant, une chose est de s'ériger en maître du monde (jean Marie Messier, en son temps s'y était essayé), une autre est de savoir si une telle utopie a des chances de laisser d'autres traces que celles qu'aurait naturellement et librement suivi le développement de l'Humanité.
Voyons le centre de ce conglomérat qui semble être, pour l'auteur du moins, constitué par le "
Groupe Bilderberg".
Sa composition fait sourire: pas un japonais, ni un chinois, ni un russe dans cette cours de récréation pour grands de ce monde!
Par ailleurs, quelques patrons d'une presse, certes prestigieuse (Figaro, Les Echos, le Daily telegraph etc...). Mais ça ressemble plus à une instance de veille intellectuelle / économique / politique qu'un organe de décision...
Maintenant, qu'il y ait des opérations de lobbying pour favoriser le libre échange, très certainement, que l'information soit volontairement biaisée pour laisser se faire ce grand marché mondial, il ne faut pas être naïf: très certainement.
Mais, d'une part, est-ce un mal, d'autre part est-ce inévitable ?
Nous retombons sur le débat lancé par Dany-Robert Dufour qui fait l'objet d'un précédent
article.
Je pense plutôt que tout ceci accélère un processus naturel d'homogénéïsation des marchés, où Dieu n'a pas d'action particulière, mais où sont en action des lois aussi universelles que la croissance de l'entropie ou le principe d'inertie.

Nous en reparlerons bientôt.

Hari


PS: à cet article, j'ai reçu ce commentaire intéressant de l'auteur du site en question:

"Pour répondre à la remarque de votre article, J'ai aussi voulu réunir les 2 faces de l'Initiation (à ce qui est caché au plus grand nombre), l'Incal Lumière et l'Incal Noir comme dans la BD de Moebius. D'un coté la face lumineuse avec des sujets intemporels (science, métaphysique, spiritualité), et de l'autre la face sombre, avec les turpitudes de notre monde actuel.

Les 2 faces sont complémentaires car la compréhension de la face sombre découle de l'éveil de notre conscience provoqué par l'initiation spirituelle, qui nous amène à une vision globale des interrelations, ce qui inclut l'écologie et l'organisation de notre société. 

La plupart des gens ne connaissent aucune des 2 faces de l'initiation.
Un nombre plus réduit de personnes connaissent l'une des 2 faces. Connaitre seulement la face sombre amène à être cynique et matérialiste. Connaitre uniquement la face lumière amène à être naif et complètement inconscients des stratégies de nos élites dirigeantes.
C'est pourquoi il faut connaitre les 2 faces !"

Cette référence à l'Incal me renvoie directement à cet article précédent sur l'Incal et Lacan. Et cette idée de double face des choses à une résonnance particulière avec le précédent article sur le Tao Te King.

Par Hari Seldon
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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 07 2009 11:51

Publier mon dernier article sur le blog n'a fait que remettre en marche la machine à cogiter.

Lorsque je souhaite, voir 1000 ou 100.000 collectifs comme KURTRAJME Production essaimer en France, il faut préciser mon attente. De fait, il y a des millions de regroupements en France qui quadrillent et structurent le pays : 1,1 millions d’associations, 3,3 millions d’entreprises, 36.000 communes, 25 millions de foyers etc…

Ce qui est précieux dans le collectif  KURTRAJME, c’est l’émulation entre les membres. Il y a une effervescence, une dynamique un peu comme dans une culture de cellules souches. C’est une sorte de vivier.

La plupart de nos compatriotes vont à l’école, se font des copains, mais peu finissent par faire du cinéma, ou du théâtre, ou lancent des fusées dans le ciel, ou éditent Charlie Hebdo, ou créent Médecins sans Frontières ou … tant d’autres choses.

En regardant autour de nous, il semble bien que le succès d’un projet, d’une vie ou d’une idée tienne à de telles rencontres. Question de chance, de hasard.
Or, pour favoriser le hasard, il faut multiplier les chances de contacts.
En conséquence, ces viviers seraient essentiellement un phénomène urbain (je vous épargne tout rapprochement avec une caractérisation d’une société par le calcul d’une dimension fractale, voir ici à ce sujet).
Ce qui nous conduit à une certaine «tension» nécessaire dans la société :

  • - notre survie passe par une dilution de la population vers la campagne (baisser la densité de population pour limiter les nuisances et les concentrations d’énergie ou de polluants),
  • - notre avenir passe aussi par l’innovation (tout au moins dans une conception européenne du développement), ce qui passe par l’urbanisation (sans oublier internet).

Je ne pense pas que l’on puisse dépasser cette tension grâce au seul développement d’internet. Il y manque l’imprévu, la richesse, le côté charnel des véritables rencontres qui ne se font qu’à la ville. Et c’est peut-être la grosse difficulté que rencontre le mouvement écologique: leurs propositions sont, par essence peu bandantes. Il faudra plus d’un Daniel Cohn-Bendit pour rendre celles-ci attrayantes !!!

Je me demande dans quelle mesure cette contradiction (nécessaire) ne rejoint pas le fameux et controversé concept de « France à deux vitesses » de Lionel Stoléru.

En parlant de regroupement, il me faut vous laisser: j'ai rendez-vous sur la route de Bassam, dans un petit maquis en bord de mer, pour fêter le départ d'un collègue. Au programme: kédjénou de poulet et carpe de mer, mais que ceci reste entre nous.

Et dire qu'elles croient que nous sommes là pour le plaisir..
Hari.
Par Hari Seldon
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