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science fiction

Jeudi 6 juillet 2006 4 06 07 2006 11:27

Sun Tzu a dit qu'en affaire de guerre il faut être maître dans l'art d'utiliser les "moyens ordinaires" et les "moyens extraordinaires".

Les premiers sont ce que l'on pourrait voir comme "le gros des troupes", avec une logistique bien structurée, une chaîne de commandement assez stricte, les seconds sont plutôt des moyens légers, insaisissables, vifs et discrets, on parlerait de nos jours de "tasks forces" ou "commandos".

 L'idée n'est pas neuve et l'on pourrait dans une autre aire culturelle parler de David contre Goliath.

C'est également, si l'on y pense, l'objet du cycle Fondation de Isaac Asimov: comment une petite planète (Terminus), perdue au fin fond de la Galaxie va-t-elle servir de ferment à un nouvel empire, quand celui dans laquelle elle s'inscrit est en train de sombrer.

Mais si l'on se transporte dans le domaine des idées, la question devient: comment une idée neuve peut-elle modeler l'avenir ?

C'est la question qui m'intéresse, à laquelle j'ai consacré beaucoup de ma réflexion, et j'espère trouver grâce à ce blog d'autres personnes dans le même état d'esprit.

Hari

Par Hari
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Mardi 5 septembre 2006 2 05 09 2006 04:53

Pour explorer l'Univers, sortir de notre petite condition d'individu demandera certainement de changer radicalement notre façon de penser, de voir, de sentir notre environnement. C'est l'objet des quelques articles de ce blog d'explorer -avec vous bien sûr- les pistes possibles.

Il est clair que jusqu'à présent, pour élargir notre champ de vision à chaque fois nous (humains/observateurs) nous sommes "décentrés" par rapport à nos propres observations. Tout à commencé par l'abandon de l'héliocentrisme, à la Renaissance, puis la mécanique s'est emballée, pour aboutir à la relativité du début du siècle dernier.

Ensuite, le parcours devient plus ardu: c'est de l'Homme même qu'il faut se déprendre. Les psychanalystes, nous ont appris que l'Homme n'est pas seulement dans son discours, mais aussi dans le non-dit, les lapsus, tout un tissu inné et acquis qui forme la toile sur laquelle ressort le discours. Pour reprendre l'image de Foucault introduisant  "Les mots et les choses", c'est la table d'opération sur laquelle s'exposent le parapluie et la machine à coudre de Lautréamont (merci à qui me transmettra une image du tableau!).

L'effort même que nous faisons pour nous représenter le Monde, notre logique, a montré ses limites (sans revenir au théorème d'incomplétude de Gödel - toujours bon à placer dans une dissertation de lycéen), nous n'avons que peu progressé depuis les grecs et le paradoxe du menteur, sauf à prendre conscience que l'absurde n'est plus aux marges de la pensée et quà l'inverse,  la logique fait maintenant figure d'ilot perdu au sein d'un océan irrationnel (et je ne dis pas cela parce que je suis à Nouméa).

Bref, l'Homme s'extrait de l'Homme pour parler de lui (c'est au niveau scientifique l'équivalent du stade du miroir - stade auquel nous ramène encore Foucault, lorsqu'il commente la peinture de Velasquez "las Meninas"). Dans ce recul par rapport à nous-mêmes, l'idée de fractale vient immédiatement à mon esprit. En fait, notre discours ne résout jamais rien, mais rapporte à un niveau de discours, d'analyse ou d'observation (c'est selon) quelque chose vu à une autre échelle.

L'illustration que l'on en peut donner c'est Isaac Newton, qui se dit qu'il y a entre la Terre et la Lune le même rapport qu'entre la Terre et la pomme qui tombe. La conservation des propriétés de ce qui nous entoure, malgré les changements de perspectives de nos observations est le guide de nos découvertes. Sans revenir à la théorie de la relativité, les recherches récentes de la physique tournent autour de  respect des symétries (ce qui nous ramène au miroir). L'exemple simple est qu'une montre et son exacte réplique telle que reflétée dans un miroir, doivent toutes deux marcher, l'une dans un sens, l'autre dans l'autre, à la même vitesse. Mais le respect des symétries est moins évident à l'échelle atomique.

Bref, là aussi, il faut sortir de soi pour voir quelque chose d'intéressant, tout en sachant que nous ne pourrons rien faire d'autre que de ramener nos observations à une construction gigogne, faite des couches successives de nos discours (d'où cet aspect fractal: les motifs se répètent d'un niveau d'observation à un autre).

Lorsque je dis que pour survivre, il nous faudra échapper à notre seule et unique Terre, notre âme d'adolescent rêve encore à Star Treck ou tout autre vaisseau du Space Opera. Mais, pourtant, ne sommes nous pas déjà d'une certaine façon dans un vaisseau spatial, coincés entre la terre, la mer et le ciel qui tiennent ensemble par la gravité qu'engendre leur masse ?

Ne sommes nous pas déjà confinés dans une mince couche d'air qu'un rien peut déchirer ?

Si au moins nous avions ce sentiment d'une extrême fragilité, peut-être serait-il plus facile de faire les efforts nécessaires pour coordonner la manœuvre au sein du navire Terre ?

Ceci serait à mon sens le second pas à réaliser avant de tenter l'aventure. 

Hari Seldon

PS : Le tableau des Menines me fait souvenir d'une analyse d'un tableau de Breughel, par quelqu'un s'inspirant d'Abellio pour analyser les rapports entre le spectateur et l'aveugle qui se tourne vers lui:

Il y a là aussi un jeu de miroirs. Pour ceux que cela intéresse, voir aussi l'interprétation des Menines par Picasso.

Par Hari Seldon
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 10 2006 08:55
J'ai découvert la possibilité d'enregistrer des programmes radio (podcast) pour les écouter à loisir. Et je viens d'écouter un reportage sur Van Dongen, tout en surfant sur internet pour trouver les tableaux dont parlait l'orateur, et je tombe sur ça:

Quelle fraîcheur, quelle modernité dans ce regard de l'artiste sur son modèle, dans le regard du modèle. Et pourtant l'instant figé date de près d'un siècle (1919), après les horreurs de la Grande guerre, après la révolution d'Octobre, dans le temps où Einstein établit la relativité générale.  Ou bien encore, celui-ci:

 

Quel abandon heureux et gracieux (j'ai envie de dire ;-) "quelle putain de classe!"), instant de 1930, entre deux guerres effroyables, après la grande dépression de 1929, juste avant l'ascencion d'Hitler au pouvoir.

Pendant ce temps, le cercle de Vienne révolutionne la pensée moderne, Gödel présente son théorème sur l'incomplétude des mathématiques, Freud (encore et toujours Vienne!) est déjà très avancé dans sa théorie et sa pratique, tandis que la mécanique quantique éclot à Amsterdam. L'Europe prépare l'avenir entre Vienne et Amsterdam, muse à Paris et se perd à Berlin.
Mais à présent où est l'axe du Monde, que se passe - t - il et où ?
Merci de me renseigner et vite car je m'emm... à en mourir.

Sur ce, surfez sur internet pour retrouver les toiles de ces merveilleux ouvreurs d'horizons que sont les artistes; c'est un exercice de salubrité intellectuelle.

Hari

Par Hari Seldon
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 09 2007 00:18
En repensant au fait que  l'un des 3 véhicules du Bouddhisme puisse être, finalement, la réponse à  mon envie d'explorer l'Univers, je  repassais en mémoire les différents  modes de locomotion  présentés dans les ouvrages de science fiction.
Le-monde-des-non-A.jpg
La technique qui m'avait le plus frappé, dans ma jeunesse, était celle de Gilbert Gossein dans le Monde des non A. En effet, pour se déplacer, il lui suffit de se représenter (avec une précision de 20 décimales !) l'endroit où il veut aller. Comme deux choses identiques ne peuvent exister séparément, le modèle vient se coller à l'original.
Il y a là matière à réflexion, n'est-ce pas?



"Non A " veut dire "non aristotélicien", l'essence même de la philosophie que Van Vogt développe à l'appui de cet étrange moyen de locomotion, basée sur la sémantique générale, dérivant elle - même du nominalisme.
C'est dire que nous sommes ici au coeur du domaine cher à Lacan (forcément Lacan, toujours et encore) c'est à dire le language.
C'est aussi une façon de voir très proche du Bouddhisme, pour qui voudra bien se donner la peine d'y réfléchir: tout est représentation.....
smagr3.jpg
Van Vogt pour illustrer cette philosophie répète à l'envie, "la carte n'est pas le territoire", ce qui me fait penser à ce tableau de Magritte:



Qu'il ait été traduit par Boris Vian, qui joue tant avec les mots, les images (j'ai été remué, touché, bouleversé par l'Ecume des jours) n'est pas sans signification. Et puis, il a ce cri: "je voudrais pas crever, avant d'avoir vu les singes à cul nu dévoreurs de tropiques". Voyage, quête, rébellion, recherche d'une issue....
Cherchons, cherchons, nous finirons bien par trouver quelque chose....

Hari

PS: à propos de chercher, connaissez-vous l'une des plus vieilles histoires du Monde?
De nuit, un passant  le nez au sol, examine attentivement la zone éclairée par un réverbère, un quidam lui demande ce qu'il fait là:
                - j'ai perdu mes clefs,
               
- vous les avez perdues ici ?
               
- non, un peu plus loin,
               
- alors pourquoi chercher ici ?
               
- parce que là-bas je n'y vois rien....
Par Hari Seldon
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 10 2007 00:37

Pourquoi Bouddha?

 

Les raisons exposées dans le précédant article étaient d’ordre «relativiste», mais la raison principale qui relève d’une approche quantique nous ramène directement au cœur de notre sujet :

 

Comment voyager, s’échapper de la Terre et appréhender l’Univers.

 

La mécanique quantique nous offre le modèle suivant à méditer : tant qu’une particule n’est pas observée, la densité de probabilité qu’elle se trouve «quelque part» dans l’Univers n’est pas nulle.

 

C’est un principe que l’on cherche à mettre en pratique dans les transmissions, par exemple.

 

Bouddha-Besnardi--re.jpg Imaginons, maintenant que nous soyons nous-mêmes une émergence locale d’une entité «potentielle» ou «probable». Notre «actualisation» bloquerait «ici» et maintenant l’entité en question, l’incarnant dans notre état déterminé. Si nous arrivions à remonter vers cette source, celle-ci pourrait alors s’actualiser «ailleurs».

 

Le voyage, c’est précisément cette possibilité de passer de «ici» à «ailleurs».

 

Le voyageur ne serait pas, dans ce cas, notre «Moi» particulier, mais l’entité dont nous ne serions qu’un avatar.

 

De même que l’état de Bouddha permet d’échapper au temps (passer du domaine de la répétition, le Samsara au Dharma), de même nous permettrait-il de voyager dans l’espace.

 

Il y a, bien entendu, un lien entre temps et espace.

 

Ceci nous conduit à porter un regard neuf sur le fait pour Bouddha d’«exister ».

 

La question fondamentale n’est peut-être pas «To be or not to be» mais «To be and not to be».

 

Ce qu’illustre l’expérience du chat de Schrödinger.

 

Schr--dinger-cat.png Incidemment, nous sommes ici au cœur, me semble-t-il de la «croyance», qui nous ramène à ce que j’évoquais déjà dans l’effacement de Dieu.

 

Les considérations les plus ésotériques trouvent ici un champ d’application des plus concrets : l’exploration de l’Univers. Et je fais le pari qu’il nous faudra passer par ce type de considérations pour effectivement s’échapper du système solaire !

 

Que le voyage commence,

 

Hari

Par Hari Seldon
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 08:43

Homme quantique, homme fractal
Je n’arrête pas de rebondir d’article en article sur les réflexions inspirées par cette émission sur Bob Dylan.
Je m’étais pourtant promis d’être sage –promis juré- suspension générale du jugement pour être entièrement à l’écoute de l’enseignement bouddhiste, dispensé par Thierry dans ce petit temple si cosy, au creux de la vallée de la Tyr.
Mais cette idée qui se cristallisait sous les touches du clavier, en rédigeant mon dernier article, cette hypothèse soulevée, selon laquelle nous pourrions à la fois être et ne pas être, me renvoie à d’autres pistes entr’aperçues.
Je n’ai ni le savoir, ni l’agilité d’esprit pour faire moi-même le pont théorique entre ce que je décris comme analyse diachronique (c'est-à-dire la vision de toute organisation comme un empilement de strates superposées, caractérisées chacune par une fréquence propre) et une représentation des organisations comme des modèles fractals.
Mais l’idée est la suivante: alors que dans la réalité matérielle, le temps s’écoulerait linéairement, et aurait une dimension égale à l’unité, notre incapacité à combler de nos représentations cet univers «compact» dans lequel nous baignons, nous ferait développer des «organisations fractales» pour appréhender le temps, représentations dans lesquelles, la dimension temporelle serait inférieure à 1.
De même qu’une éponge peut-être caractérisée par une dimension inférieure à 3, pour rendre compte du fait qu’elle n’occupe pas pleinement l’espace dans lequel elle s’inscrit.
C’est un peu une remise en cause du «carpe diem» dont on nous rebat les oreilles, pour nous culpabiliser de ne pas coller à la réalité, nous laisser distraire par notre imaginaire, mais sommes nous vraiment capables d’autre chose?
Nous sommes toujours sur plusieurs plans d’existence à la fois ; lorsque je conduis ma voiture comme ce jour-là, par exemple, beaucoup de gestes sont de simples réflexes, d’autres sont commandés par mon attention aux nids poules de cette route complètement défoncée, j’ai également l’oreille attirée par la radio, ce qui ne m’empêche pas de méditer sur l’article précédent de mon blog, alors que je suis par ailleurs inquiet de mon avenir, toujours porté par des projets en devenir et des tristesses nos évacuées. Bref je suis ici, et ailleurs, pas tout à fait dans l’instant, mais éparpillé sur une certaine plage de temps.
J’occupe le temps comme on sirote un cocktail, distraitement.
C’est de cette occupation lacunaire du temps dont je parle en disant que nous sommes organisés comme un objet fractal, dont la dimension temporelle est inférieure à 1.
Puis-je encore dire que j’existe (je parle de notre «Moi» tel que construit par notre Imaginaire) réellement?
Ne sommes – nous pas tous un peu évanescents ?
Vous voyez maintenant le lien entre cet homme fractal et la vision quantique qui se développait dans l’article précédent.
D’un côté comme de l’autre, c’est la «Réalité» (dans le triptyque Réel / Imaginaire / Symbolique de Lacan) qui m’interroge.
Mais peut-être, oui, peut-être, est-ce dans cette légèreté même que nous trouverons le moyen de nous échapper de cette Terre collant à la semelle de nos chaussures, comme disait Danton qui (tout comme Socrate), refusât au contraire de
partir…
Hari

PS: comme le dit Alice:
"I don't see how he can ever finish if he doesn't begin"

 

Par Hari Seldon
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